Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a comparé le service d’informations d’Al Jazeera basé à Doha à la propagande nazie lundi, s’insérant dans le conflit actuel qui oppose les états du Golfe et le Qatar. Il a accusé la chaîne d’apporter un soutien tacite à l’Iran.

Les responsables israéliens ont très largement gardé leurs distances face au conflit survenu entre Doha et un grand nombre de ses récents alliés arabes en raison du soutien présumé du Qatar au terrorisme, à l’Iran et à ce média d’information controversé.

Ils se sont jusqu’à présent contentés de noter que ce positionnement plus dur adopté par les états sunnites face au Qatar pourrait potentiellement créer des liens plus proches entre les nations arabes et l’état juif.

Liberman avait précédemment qualifié la dispute « d’opportunité » potentielle pour Israël.

Toutefois, durant une réunion à la Knesset consacrée aux stratégies israéliennes concernant Gaza, il a pris le parti de s’engager davantage dans le sujet, critiquant durement al-Jazeera que les états sunnites accusent de soutenir les Frères musulmans et l’Iran.

« Les intérêts de certains [pays arabes] s’entremêlent aux intérêts israéliens, notamment sur la question d’al-Jazeera », a expliqué Liberman.

« Al-Jazeera n’est pas un média, ce n’est pas du journalisme. C’est une machine à incitations. C’est de la pure propagande de la pire variété, dans le style de celle de l’Allemagne nazie ou de la Russie soviétique », a-t-il ajouté.

Dans son discours prononcé lundi, Liberman a également fait allusion au fait que le réseau d’informations semble soutenir l’Iran, le Némésis de Riyadh.

« Cela fait des années que je traque al-Jazeera », a dit Liberman. « Vous n’y verrez jamais un seul article contre l’Iran. »

En début de matinée, lundi dernier, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte ont rompu leurs liens avec le Qatar en raison de son soutien présumé au terrorisme et à la « déstabilisation » de la sécurité régionale, avait fait savoir Ryad dans un communiqué.

Les Maldives et le Yémen ont eux aussi coupé les liens avec le Qatar et la Jordanie a réduit sa coopération diplomatique avec le pays.

Doha, pour sa part, a démenti avoir financé des terroristes et rejeté l’idée de faire cesser les activités d’al-Jazeera.

En 2013, Liberman avait déclaré que le quotidien israélien Israel Hayom, largement considéré comme le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, était du même niveau que la Pravda, l’organe de presse d’état de l’Union soviétique.