Le ministre des Infrastructures nationales Yuval Steinitz a renvoyé dans ses cordes le secrétaire d’État John Kerry ce dimanche.

Le diplomate américain avait qualifié de « fantasme » une réclamation israélienne selon laquelle il aurait été possible d’avoir un meilleur accord sur le nucléaire que celui signé par les puissances mondiales et l’Iran la semaine dernière.

« Malgré notre appréciation mutuelle, je tiens à dire que ces remarques sont sans fondement, » a déclaré ce dimanche à la radio militaire Steinitz, proche collaborateur du Premier ministre.

« On peut facilement imaginer un meilleur accord selon lequel, conformément à la pratique internationale dans de tels cas, l’Iran devrait révéler tout ce qu’il a fait dans le passé et non pas simplement répondre à des questions de procédure, qui ne tiennent pas vraiment la route, » a-t-il développé.

Parlant à la télévision américaine ce vendredi, Kerry a affirmé qu’Israël serait « davantage en sécurité » après la signature de l’accord, et que le concept d’un accord sur le nucléaire plus strict était irréaliste.

Kerry a déclaré que Netanyahu, ainsi que d’autres détracteurs de l’accord, n’avaient proposé aucune alternative, et a promis de renforcer le soutien américain à Israël et à d’autres alliés américains du Moyen-Orient.

« La coopération sécuritaire et l’aide américaines ne feront que se renforcer, » a-t-il assuré. « Le président [Barack] Obama est prêt à augmenter les moyens, » a déclaré Kerry à PBS.

Selon Kerry, Obama serait prêt « à tout mettre en œuvre pour être en mesure de répondre aux préoccupations spécifiques » d’Israël sur les détails de l’accord destiné à freiner le programme nucléaire iranien en échange d’un allégement des sanctions.

« Mais nous croyons toujours qu’Israël sera plus sûr avec un délai d’un an [pour une arme nucléaire] pour les dix ans [de restrictions prévues par l’accord], plutôt que de deux mois », a déclaré Kerry. L’estimation selon laquelle l’Iran n’aurait besoin que de deux mois pour « s’imposer » avec une arme nucléaire est fondée sur de nombreuses évaluations des renseignements occidentaux.

Netanyahu, le ministre de la Défense Moshe Yaalon, le chef de l’opposition Isaac Herzog, le leader de Yesh Atid, Yair Lapid et d’autres dirigeants politiques ont également critiqué l’accord, qui laisse intacts beaucoup de programmes de missiles offensifs et les infrastructures d’enrichissement iraniennes.

Ils affirment également que l’accord repose sur la confiance accordée au régime iranien pour respecter l’accord et ce malgré un lourd passé de promesses non tenues.

Ces inquiétudes sont partagées par de nombreux législateurs américains travaillant à adopter des résolutions et projets de loi du Congrès qui pourrait contrecarrer l’accord, ou du moins restreindre la mise en œuvre des Etats-Unis de leur partie de l’accord.

« Il n’y a pas d’alternative fournie par toutes ces autres personnes, » a accusé Kerry.

John Kerry s'exprimant sur PBS le 17 juillet. (capture écran/PBS/YouTube)

John Kerry s’exprimant sur PBS le 17 juillet. (capture écran/PBS/YouTube)

« Il y a beaucoup de fantasme à ce sujet, à propos de soi-disant « meilleur accord ». Le fait est que nous avons passé quatre années à mettre sur pied un accord qui a acquis le consentement de la Russie, de la Chine, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l’Iran. Cela n’a pas été facile, et je crois que l’accord obtenu va faire ses preuves et empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire, » a poursuivi Kerry.

Le Secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, devait arriver dimanche en Israël pour discuter du sujet et de l’aide américaine dans la lutte contre les actions iraniennes dans la région. Il se rendra également en Arabie saoudite et dans d’autres États du Golfe partageant les mêmes préoccupations sur les répercussions régionales de l’accord.

Kerry va le suivre dans la région une semaine plus tard, et rencontrera des responsables israéliens ainsi que des dirigeants arabes du Golfe à Doha.