Une enseignante expérimentée du sud d’Israël, qui avait démissionné après que des parents se sont plaints qu’elle était « trop gauchiste », a déclaré jeudi qu’elle n’était pas en colère, mais plutôt « attristée qu’une telle chose puisse se produire », et a invité ceux qui l’ont critiquée à lui rendre visite, l’écouter et apprendre.

Tali Mizrachi, qui a enseigné pendant 24 ans, s’est également engagée à continuer à enseigner la tolérance, selon un reportage de la Deuxième chaîne.

Peu avant la rentrée scolaire, des parents sont tombés sur la page Facebook du Mizrachi, et ont vu une photo d’une paume de main, sur laquelle était écrit, en hébreu, en arabe et en anglais, le mot « Stop [à l’occupation israélienne des Territoires palestiniens ! », des portraits dessinés par des élèves et affichés dans les salles de classe, avec le titre « Nous faisons tous partie d’une humanité », en hébreu et en arabe, la photo d’un bouquet de fleurs emballé dans un papier comportant l’inscription « graines de paix », et une photo d’elle devant la barrière de sécurité, avec un drapeau palestinien qui sort de son sac à dos.

Les parents se sont également plaints qu’elle avait manifesté son soutien à l’organisation Breaking the Silence, qui rassemble des témoignages d’anciens soldats de l’armée israélienne sur des présumées violations des droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens, que les soldats verraient durant leur service militaire.

Ils ont contacté le directeur du conseil général, et ont menacé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Le directeur du conseil a fait part de ces plaintes à Mizrachi, qui a décidé de démissionner.

Tali Mizrachi, transportant un drapeau palestinien, devant la barrière de sécurité. (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne, le 7 septembre 2017)

Tali Mizrachi, transportant un drapeau palestinien, devant la barrière de sécurité. (Crédit : Capture d’écran Deuxième chaîne, le 7 septembre 2017)

« Des parents m’ont envoyé des messages, ils ont parlé de posters de réfugiés dans la classe, et du fait que j’ai participé à des manifestations pour la paix », a dit Mizrachi. « Ils jugent une personne avec 3 photos sur Facebook, ils ne se penchent pas véritablement sur la personne, et ils décident du sort de cette personne ? »

« Ils sont les bienvenus pour venir me rendre visite, me parler et m’écouter. Je ne suis pas en colère, je suis très attristée de voir que ces choses peuvent se produire. »

Eli Ungar, l’avocat de Mizrachi, a déclaré que sa cliente faisait l’objet d’une « chasse aux sorcières » depuis près de deux semaines.

« Ils ont pris une femme, qui est une vraie princesse, et en ont fait une sorcière antisémite qui hait Israël. »

Mizrachi, qui a déclaré qu’elle continuerait à enseigner la tolérance, a reçu des messages de soutien d’autres parents et d’anciens élèves.