Neta Elkayam redonne vie à un répertoire musical oublié depuis plus de 50 ans en Israël, pour un concert unique à Tel Aviv, le 21 août à la salle Reading 3. Celui du melhoun, et ses longues strophes en arabe dialectal s’étirant sur de longues minutes ; mais aussi celui du gharnati, du chaabi, du houzi, auxquels contribua Zohra El Fassia (1905-1994) chanteuse juive émancipée, qui attira à ses concerts dans les années 1930 un public aussi bien musulman que juif, et qui chantait à la cour du roi Mohammed V.

Aujourd’hui encore, on peut entendre son tube « Hak a Mamma » sur les ondes marocaines.

Fuyant le Maroc en 1962, El Fassia arrive en Israël en 1962. Elle s’installe à Ashkelon et tombe dans l’oubli.

La découvrant dans le dénuement, le poète Erez Bitton lui consacra un poème dans les années 1970 [à lire ici en anglais].

Extraits:

« On racontait, que lorsqu’elle chantait, les soldats tiraient leur couteau, pour se tracer un chemin dans la foule, pour pouvoir toucher sa robe, et embrasser le bout de ses doigts […]. Aujourd’hui, on peut la trouver à Ashkelon, dans le pauvre quartier Atikot C, près du bureau de l’aide sociale, l’odeur des boites de sardines restantes sur une table dont il ne reste que trois pieds. De splendides tapis royaux empilés sur un lit de l’Agence juive […] »

Dans Abadia, ses airs et ses chansons sont revisités par Amit Haï Cohen et sont interprétés en langue originale par Neta Elkayam, qui « révèle à travers sa voix la douceur et la dureté, la modernité et le mystère, le respect et la légèreté de l’histoire de la diva », explique le site Shoutout sur lequel les réservations peuvent peuvent être effectuées.