Le dirigeant historique du Front national Jean-Marie Le Pen, candidat aux élections européennes, a déclenché un tollé mercredi en France en suggérant que le virus Ebola pourrait régler le problème de l’ « explosion démographique ».

Mardi soir à Marseille, le président d’honneur du FN Jean-Marie Le Pen avait estimé, en évoquant l’ « explosion démographique » dans le monde et la question de l’immigration, que « Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois ».

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a condamné mercredi les propos « inadmissibles » de M. Le Pen, soulignant qu’ils montrent que le Front national, donné en tête des sondages en France pour les européennes de dimanche prochain, « n’a pas changé ».

Mercredi, Jean-Marie Le Pen, qui aura 86 ans en juin, est revenu sur ses propos, déclarant qu’il ne voyait « pas comment on peut polémiquer sur un tel sujet ».

« Moi, je dis que la France doit se préparer à subir le choc, le torrent migratoire, par l’extension continue de la population mondiale », a ajouté M. Le Pen, candidat aux européennes dans le Sud-Est.

Le virus Ebola est, selon lui, une « maladie terrible ». « Comme les guerres nucléaires ou internes, il est de nature à modifier cette évolution [démographique] qui en elle-même est catastrophique », a-t-il ajouté.

« Dans certains pays à forte croissance démographique comme le Nigeria, malheureusement il n’y aura pas de quoi les nourrir », a-t-il fait valoir. S’agit-il d’un dérapage? « Non », a rétorqué M. Le Pen. « Cette phrase n’a pas de portée particulière, c’est une observation. »

Mais « cette phrase fait le buzz sur le net. Je sais qu’un certain nombre de gens malveillants s’efforceront de diaboliser le FN. Ils ont tort », a ajouté M. Le Pen.

Le fondateur du Front national, remplacé par sa fille Marine à la tête du parti en 2010, a déjà été condamné à plusieurs reprises par le passé pour ses dérapages, des chambres à gaz qualifiées de « point de détail de l’histoire de la Seconde guerre mondiale » (1987) à « l’inégalité des races » (1996), en passant par l’occupation allemande « pas particulièrement inhumaine » (2005).