L’ambassadeur israélien aux Nations unies a remercié le président-élu Donald Trump pour son appel au veto sur la résolution anti-implantations proposée par l’Égypte au Conseil de Sécurité de l’ONU jeudi.

La résolution a été retirée par l’Égypte en dernière minute jeudi après-midi, après des campagnes du lobby israélien et une éventuelle pression exercée par l’équipe de transition de Trump, notamment un contact direct avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

« Israël apprécie l’appel clair et univoque du président-élu @realDonaldTrump au veto de la résolution anti-Israël à l’ONU », a tweeté l’ambassadeur Ron Dermer.

Dans un communiqué, Trump a déclaré : « Comme les États-Unis l’ont toujours cru, la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ne se fera qu’au travers de négociations entre les parties, et non pas par le fait que les Nations unies imposent des conditions ».

L’adoption d’une telle résolution, avait-il ajouté, placerait « Israël dans une mauvaise position de négociation et serait très injuste envers tous les Israéliens. »

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid a salué la décision de reporter le vote aux Nations unies concernant les implantations. Il a ajouté qu’Israël ne se laissera pas entraîner de force dans un accord de paix.

« Reporter ce scandaleux débat contre Israël aux Nations unies était la bonne décision », a déclaré Lapid selon Walla.

« Le monde doit savoir que toute tentative d’imposer une solution sur le peuple israélien échouera », dit-il.

« J’appelle l’administration Obama a apposer son veto sur toute proposition de résolution de ce genre. Dans ce genre de situation, il n’y pas d’opposition ni de coalition israélienne. »

Après le report, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a déclaré que l’Autorité palestinienne ne doit pas laisser à Netanyahu le temps de contrecarrer ses mesures contre Israël.

« L’élément de surprise est vital », a déclaré Maliki à la télévision palestinienne, selon la Dixième chaîne. « Nous ne pouvons pas laisser le temps à Netanyahu d’appeler d’autres pays pour qu’il leur demande d’opposer un veto ».

Le ministre de l'Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

Le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

Israël a contacté le président élu Donald Trump quand il a compris que les Etats-Unis n’opposeraient pas leur véto à un projet égyptien de résolution à l’ONU réclamant que l’Etat hébreu cesse ses implantations, a indiqué vendredi un responsable israélien.

Le vote sur ce projet de résolution au Conseil de sécurité a été reporté jeudi à la demande du Caire, la présidence égyptienne ayant expliqué vendredi qu’Abdel Fattah al-Sissi avait accepté ce report après une discussion téléphonique avec Donald Trump.

« Quand ils ont eu connaissance du fait que (l’administration américaine actuelle) n’apposerait pas son veto à la résolution, des responsables israéliens ont pris contact avec des membres de l’équipe de transition de M. Trump pour demander l’aide du président élu », a indiqué un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat.

Trump avait affirmé dans un tweet que les Etats-Unis devaient mettre leur veto sur ce projet égyptien.

Un projet similaire de résolution du Conseil de sécurité avait été bloqué en 2011 par les Etats-Unis, allié historique de l’Etat juif.

Le projet égyptien de résolution exhorte l’Etat hébreu à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation dans les Territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est ».

Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi parlent lors d'une réunion à l'hôtel Plaza le 19 septembre 2016 à New York. (Crédit : AFP / Dominick Reuter)

Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi parlent lors d’une réunion à l’hôtel Plaza le 19 septembre 2016 à New York. (Crédit : AFP / Dominick Reuter)

L’Egypte a accepté le report après un appel du président américain élu Donald Trump au chef de l’Etat Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé vendredi la présidence égyptienne.

Le Conseil de sécurité avait décidé la veille de reporter le vote sur ce texte après que Le Caire, à l’origine de la résolution, lui en eut fait la demande, réclamant plus de temps pour mener des consultations sur le sujet.

« L’appel téléphonique a porté sur le projet de résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations unies sur les colonies israéliennes », a souligné un communiqué du bureau de M. Sissi.

« Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur l’importance de donner à la nouvelle administration américaine (que dirigera M. Trump à partir de janvier) une chance de gérer tous les aspects de la cause palestinienne pour arriver à un accord complet » sur le dossier, a-t-il ajouté.

M. Trump, dont l’une des promesses de campagne était de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, avait appelé jeudi l’administration du président Barack Obama à opposer son véto.

La résolution place Israël « dans une très mauvaise position de négociation », avait-il affirmé dans un communiqué.