Jean Contenté de Soissons, né de parents juifs turcs, a vu son histoire resurgir au grand jour grâce au travail de fourmi d’un professeur qui de France aux Caraïbes a suivi les traces que son itinéraire a laissées sur différents documents.

En 2011, Stéphane Amelinea, professeur-documentaliste au lycée catholique Saint Remy de Soissons, décide de s’intéresser aux enfants cachés à Soissons durant la Seconde Guerre mondiale, rapporte L’Union.

Il tient un journal de bord sur Internet car il sait dit-il qu’il risquait « de recevoir des réactions pour compléter ou corriger » son livre consacré à la question à sa sortie.

Mais il fut malgré tout étonné d’apprendre que l’un des enfants auxquels il s’était intéressé fut l’un des compagnons de route d’Ernesto Che Guevara.

Ainsi, par le biais de « Pauline » que l’édition du livre pousse à se rapprocher de son auteur il apprend que Isaac/Jean Contenté de Soissons, né juif de parents turcs, âgé de 17 ans en 1942, chapitre 41 p.425-430), serait lié de très très près, après la Shoah, à l’icône révolutionnaire du XXe siècle : Che Guevara. Ce dernier le considérait comme un frère puisque Jean le forma et l’accompagna dans ses combats, » explique-t-il sur son blog.

Pauline est la petite soeur de Jean. Elle lui apprend qu’un livre a été écrit sur son frère, un livre (Jean Contenté, l’Aigle des Caraïbes, Robert Laffont) qui viendra éclairer quelques zones d’ombre que Amelineau n’était pas parvenu à éclaircir.

Jean Contenté fut un « intrépide combattant des tyrans d’après-guerre, du Maquis creusois jusque dans les Caraïbes en passant par le Moyen-Orient dans les années 1947-1948 lors des conflits de la création de l’État d’Israël », il avait pour objectif dans la vie de « lutter contre tous les tyrans du monde ».

Il commanda la Légion des Caraïbes dans les années 5O qui combattait « les dictateurs qui pullulaient dans la région (Saint-Domingue, Nicaragua, etc.) pour renverser les présidents des pays voisins démocratiques aux politiques sociales ou d’obédience communiste ».

Livre raconte également la rencontre entre Contenté et Che Guevara dans une taverne du Guatemala, où ce dernier arrive, ressemblant à un « jeune aventurier à bout de souffle sur une moto tout aussi fatiguée qui voyageait depuis l’Argentine ».

Cinq ans plus tard éclatait la révolution cubaine.