Un leader autrichien d’extrême droite soutient Israël sur la reconnaissance de Jérusalem
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Un leader autrichien d’extrême droite soutient Israël sur la reconnaissance de Jérusalem

Hans-Christian Strache a néanmoins indiqué qu'il ne romprait pas avec le consensus européen concernant le transfert de l'ambassade

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Heinz-Christian Strache, président du parti d'extrême-droite autrichien (FPÖ), participe à un débat télévisé consacré aux élections législatives autrichiennes, à Vienne, le 15 octobre 2017 (Crédit : AFP / Vladimir Simicek)
Heinz-Christian Strache, président du parti d'extrême-droite autrichien (FPÖ), participe à un débat télévisé consacré aux élections législatives autrichiennes, à Vienne, le 15 octobre 2017 (Crédit : AFP / Vladimir Simicek)

BRUXELLES – Le chef du parti d’extrême droite autrichien a exprimé lundi son soutien à Israël dans son désir de voir regroupées toutes les ambassades étrangères à Jérusalem. Néanmoins, dans le même temps, Hans-Christian Strache, le chef du Parti de la liberté, a déclaré que son pays était lié au consensus européen et ne pouvait agir seul sur de telles questions.

« Je peux comprendre le vœu d’Israël car beaucoup de politiciens [israéliens] affirment : ‘Notre capitale est Jérusalem ; c’est là que se trouve la Knesset’, a déclaré Strache au journal Kurier. Nous souhaiterions également que les ambassades y soient installées, comme c’est la pratique courante dans le monde entier [d’installer les ambassades dans la capitale]. Mais nous, Autrichiens, en tant que pays neutre, nous devons nous assurer de ne pas agir unilatéralement et de trouver un équilibre avec l’UE. »

La semaine dernière, l’Union européenne a rejeté avec véhémence la reconnaissance du président américain Donald Trump, qui a déclaré Jérusalem capitale d’Israël et affirmé son vœu d’y déplacer l’ambassade américaine.

Strache, qui devrait devenir ministre de l’Intérieur dans un futur gouvernement de coalition dirigé par le dirigeant de centre-droit Sebastian Kurz, a reconnu l’opposition de l’UE à la décision de Trump.

« Mais il est possible d’avoir une position différente, a-t-il poursuivi. Le conflit [israélo-palestinien] dure depuis des décennies, les pourparlers de paix n’ont pas été couronnés de succès jusqu’ici. Cela doit changer. »

Après une visite d’Israël en juin dernier, Strache a, dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, promis de faire tout ce qui était en son pouvoir, « législatif ou exécutif, pour déplacer l’ambassade d’Autriche de Ramat Gan, son lieu actuel, à Jérusalem ».

Il serait « totalement absurde de ne pas implanter l’ambassade d’Autriche à Jérusalem, de la même façon que nous sommes présents dans les capitales des autres pays », a-t-il déclaré.

La lettre que le leader autrichien d’extrême droite Hans-Christian Strache a envoyé au Premier ministre Netanyahu

Lundi à Bruxelles, Netanyahu a tenté de convaincre l’UE que reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël allait dans l’intérêt de la paix, exhortant les 28 Etats membres à transférer leurs ambassades dans la ville.

« Je pense que tous les pays occidentaux, ou la plupart, déplaceront leurs ambassades à Jérusalem, reconnaîtront la ville comme capitale d’Israël et s’engageront avec nous pour sa sécurité et sa prospérité et pour la paix », a-t-il déclaré lors d’une réunion avec Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.

Dans sa déclaration, Mogherini a néanmoins précisé que l’UE ne reconnaîtrait aucun changement sur le statut de la ville avant la signature d’un accord de paix final.

« Nous pensons que la seule solution réaliste dans le conflit entre Israël et la Palestine est l’instauration de deux Etats avec Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël et de l’Etat de Palestine le long de la ligne de 1967 », a-t-elle affirmé.

« C’est une position ferme et nous continuerons à respecter le consensus international sur Jérusalem jusqu’à ce que le statut final de la Ville sainte soit résolu par des négociations directes entre les différentes parties. »

Benjamin Netanyahu serre la main de Federica Mogherini à Bruxelles, le 11 décembre 2017 (Crédit : Avi Ohayon/GPO)
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