Un scientifique de Jérusalem-Est a été nommé à un poste élevé au bureau israélien de la science et de la technologie. Cet homme qui n’a pas la citoyenneté israélienne devient ainsi le plus haut ‘gradé’ palestinien.

Tarek Abou-Hamed, de Sur Baher, spécialisé dans le génie chimique, a été nommé directeur scientifique adjoint du ministère israélien de la Science, de la Technologie et de l’Espace, l’organisme chargé de définir la politique nationale pour les collaborations scientifiques, la recherche et le financement à l’échelle internationale.

Selon le site du ministère, le directeur scientifique adjoint est chargé de superviser l’infrastructure scientifique nationale, la propriété intellectuelle à l’échelle de l’État et les établissements universitaires.

Comme l’a rapporté le journal Haaretz, le scientifique en chef du bureau, Nurit Yerimiah, a salué la décision et a déclaré que la nomination a été faite pour des raisons professionnelles.

« Le docteur Abou-Hamed apporte avec lui une expérience prouvée d’avancées scientifiques, conjuguée à une expérience sur le terrain de la recherche et des publications scientifiques », a déclaré Yerimiah.

« Sa connaissance intime du ministère et des champs scientifiques en constante évolution lui permettra d’effectuer son travail de la meilleure façon », a-t-elle poursuivi.

Comme la plupart des résidents de Jérusalem-Est, Abou-Hamed ne détient pas la citoyenneté israélienne, mais a un numéro d’identification israélienne et possède le statut de résident permanent.

En 1980, le gouvernement a offert à tous ses résidents la pleine citoyenneté. Cependant, seulement une petite partie l’a acceptée.

Abou-Hamed a obtenu un diplôme en sciences du génie chimique à l’Université d’Ankara, en Turquie, et a étudié pour son post-doctorat à l’Institut des sciences Weizmann de Rehovot, en collaboration avec l’Université du Minnesota.  Sa thèse a porté sur les substituts au pétrole pour les transports publics et les sources d’énergie renouvelables.

Après ses études, il a occupé une série de postes dans des projets de recherche israéliens avant de rejoindre le ministère des Sciences en 2013.

Dans une interview avec le journaliste israélien Eliezer Yaari pour un roman à paraître sur le quartier Sur Baher, Abou-Hamed évoquait la « schizophrénie » et la double identité qui est le lot quotidien de beaucoup de résidents de Jérusalem.

« Les Arabes de Jérusalem-Est profitent d’un certain nombre d’avantages », déclarait Abou-Hamed.

« Vous parcourez le monde avec un passeport jordanien, vous pouvez visiter les Etats arabes et quitter le pays avec des documents de voyage israéliens. »

« Ces deux passeports sont le reflet de notre situation schizophrénique : nous ne voulons pas Israël, mais en fait, nous le voulons vraiment. »