Un haut général iranien a rencontré le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le mois dernier, suite à la frappe aérienne qui a tué plusieurs agents en Syrie, selon des rapports libanais.

Qassem Soleimani, commandant obscur de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution d’Iran, a également visité les tombes de combattants du Hezbollah tués dans le raid aérien 18 janvier sur le plateau du Golan, largement attribué à Israël.

Soleimani a voyagé au Liban le lendemain de la frappe, qui a tué six hommes du Hezbollah et un général de brigade du CGRI, Mohammed Ali Allahdadi, selon les rapports des médias libanais.

Les médias israéliens ont rapporté ce week-end que Soleimani a nommé deux membres de la Force Qods pour aider à orchestrer les représailles du Hezbollah, mercredi dernier, dans lesquelles deux soldats de Tsahal ont été tués et sept blessés dans des tirs de missiles transfrontaliers.

L’attaque du 18 janvier a souligné l’implication de plus en plus publique de l’Iran dans les activités du Hezbollah, à la fois dans le Sud-Liban et en Syrie, où le groupe libanais mène une guerre civile pour soutenir les forces du régime d’Assad.

Soleimani « aurait été le mentor de Jihad Mughniyeh », selon le journal libanais The Daily Star.

Citant le support médiatique As-Safir, The Daily Star a rapporté que Soleimani a organisé une réunion avec plusieurs dirigeants du Hezbollah en mi-janvier, suivie par une visite au domicile de la famille Mughniyeh pour présenter ses condoléances.

« A minuit, le haut commandant s’est rendu au cimetière de Rawdat al-Shahidayn, en banlieue sud de Beyrouth, et a déposé des couronnes sur les tombes de Jihad et Imad Mughniyeh avant de retourner à Téhéran le même soir, » a-t-il indiqué.

Dans les photos publiées dans les médias, l’on peut voir Soleimani à genoux sur la tombe de Jihad Mughniyeh et lisant le Coran.

Soleimani, commandant de la puissante et secrète Force Qods des Gardiens, a obtenu un statut légendaire pour son travail en Irak en particulier. Il aurait aidé les forces militaires irakiennes et les milices kurdes et chiites à remporter leurs premières grandes victoires contre le groupe Etat islamique.

L’Iran admet ouvertement que de hauts commandants comme Soleimani ont un rôle consultatif dans la lutte contre les militants sunnites en Irak et en Syrie. Mais le gouvernement refuse toujours la présence de troupes de combat iraniennes dans les deux pays.

Vendredi, deux jours après la mort de deux soldats israéliens dans une attaque de représailles du Hezbollah près de la frontière nord, le chef du CGRI, le général Mohammad Ali Jafari a été cité par l’agence de presse iranienne IRNA, disant que les réponses de l’Iran et du Hezbollah à toute future attaque israélienne seraient « du même acabit ».

L’attaque de mercredi, dans laquelle le Major Yochai Kalangel et le sergent Dor Chaim Nini ont été tués par des missiles antitanks tirés par une unité Hezbollah, a été largement perçue comme des représailles à l’attaque aérienne israélienne présumée la semaine précédente près de Quneitra.

L’Iran et son allié le Hezbollah ont dévoilé une nouvelle politique vendredi, d’après un rapport de la Deuxième chaîne, selon laquelle toute opération israélienne en Syrie rencontrerait une réponse puissante.

Jafari et Nasrallah ont vanté de « nouvelles règles d’engagement » vendredi dans des déclarations séparées à Beyrouth.

Selon la Deuxième chaîne, l’Iran cherchait à consolider son emprise sur le sud de la Syrie et à ouvrir un nouveau front à l’aide des membres du Hezbollah opérant sous égide iranienne.

L’AP a contribué à cet article.