Une autre commission de l’UNESCO vote une résolution niant les liens juifs au mont du Temple
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Une autre commission de l’UNESCO vote une résolution niant les liens juifs au mont du Temple

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a approuvé le texte par 10 voix pour, 2 contre et 8 abstentions ; Bennett confirma la suspension de collaboration avec l'UNESCO

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur israélien auprès de l'UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, prend une copie de la résolution tout juste votée à l'UNESCO, et la met à la poubelle de "l'histoire", le 26 octobre 2016. (Crédit : Erez Lichtfeld)
L'ambassadeur israélien auprès de l'UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, prend une copie de la résolution tout juste votée à l'UNESCO, et la met à la poubelle de "l'histoire", le 26 octobre 2016. (Crédit : Erez Lichtfeld)

Une semaine seulement après l’adoption par le Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) d’une résolution controversée qui ignore les relations des juifs et des chrétiens au mont du Temple de Jérusalem, une résolution similaire a été votée par le Comité du patrimoine mondial de l’institution mercredi.

Pendant sa réunion annuelle à Paris, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a adopté la résolution 40COM 7A.13, intitulée « Vieille Vielle de Jérusalem et ses murs », à une large majorité, avec 10 pays qui ont voté en faveur du texte, huit qui se sont abstenus et deux qui se sont opposés. Huit votes « oui » étaient suffisants pour que la résolution soit acceptée.

La Jamaïque était absente et n’a pas participé au vote.

Des négociations multipartites frénétiques sur la formulation du texte ont continué pendant la nuit et mercredi matin au siège parisien de l’UNESCO. Une version de la résolution obtenue dimanche par le Times of Israël cite une fois encore le complexe du mont du Temple uniquement par ses noms musulmans, « mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif » et ne le définit que comme « un lieu musulman saint de culte. »

L'ambassadeur libanais auprès de l'UNESCO vote une résolution du Comité du patrimoine mondial qui ignore les relations des juifs et des chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem et à ses lieux saints, à Paris, le 26 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran du site internet de l'UNESCO)
L’ambassadeur libanais auprès de l’UNESCO vote une résolution du Comité du patrimoine mondial qui ignore les relations des juifs et des chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem et à ses lieux saints, à Paris, le 26 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran du site internet de l’UNESCO)

En tant qu’emplacement des Temples bibliques, le mont est le lieu le plus saint du judaïsme. Contrairement à la résolution de la semaine dernière, celle qui a été adoptée mercredi ne mentionne pas l’importance de la Vieille Ville de Jérusalem pour « les trois religions monothéistes », et accuse Israël de plusieurs violations.

A l’ouverture de la session de mercredi, la présidente du Comité du patrimoine mondial, la diplomate turque Lale Ülker, a proposé d’adopter la résolution « par consensus », ce qui aurait donné l’impression d’une décision unanime.

Une majorité d’états-membres a soutenu cette proposition, mais la Tanzanie et la Croatie ont demandé un vote à bulletin secret. Malgré l’opposition houleuse du Liban, de la Tunisie, de Cuba et d’autres états qui ont fait pression en faveur du vote par « consensus », le conseiller juridique du Comité a finalement jugé qu’un vote à bulletin secret serait tenu sur la résolution, ouvrant ainsi la voie aux abstentions.

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO vote une résolution qui ignore les relations des juifs et des chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem et à ses lieux saints, à Paris, le 26 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran du site internet de l'UNESCO)
Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO vote une résolution qui ignore les relations des juifs et des chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem et à ses lieux saints, à Paris, le 26 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran du site internet de l’UNESCO)

Après le vote de la résolution, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen a déclaré qu’il s’agissait d’une « autre résolution absurde contre l’Etat d’Israël, le peuple juif et la vérité historique. »

Le destin de la résolution adoptée ne sera pas différent à celui de celle qui identifiait le sionisme au racisme, a-t-il poursuivi, ajoutant qu’elle avait été révoquée 16 ans après son adoption. L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies de l’époque, Chaim Herzog, avait déchiré une copie de cette résolution.

« Je n’ai pas l’intention de faire cela aujourd’hui, pas pour votre dignité, ou la dignité de cette organisation, mais parce que cela ne mérite même pas l’énergie nécessaire pour la déchirer », a-t-il déclaré.

La résolution appartient à la poubelle de l’Histoire, a ajouté l’ambassadeur israélien, qui a montré une poubelle à papier noire portant le mot « histoire » et a placé une copie du texte dedans.

Le texte de la semaine dernière citait Israël comme « la puissance occupante » des lieux saints. La nouvelle résolution ne le fait pas, ce qu’Israël considère comme une petite victoire. De plus, la nouvelle version ne place pas de guillemets autour du terme « mur Occidental », une ponctuation perçue en Israël comme un dédain supplémentaire de la résolution originale des juifs au lieu le plus saint du judaïsme.

L’ambassadeur d’Israël aux Nations-Unies Danny Danon a pour sa part condamné la dernière décision prise par l’ONU concernant le mont du Temple :

“L’absurdité continue, et l’UNESCO a encore adopté une autre résolution ridicule qui est complètement déconnectée de toute réalité », a déclaré l’ambassadeur Danon.

« L’UNESCO se met dans l’embarras en adoptant le ton des joueurs de pipeau palestiniens. Toutes les tentatives visant à nier notre patrimoine, à dénaturer l’histoire et à déconnecter le peuple Juif de notre capitale et de notre terre natale, sont condamnées à échouer », a-t-il conclu.

Le ministère des Affaires étrangères avait travaillé activement toute la nuit pour tenter de reporter le vote de la résolution, mais des responsables ont déclaré voir le résultat du vote comme une conclusion inévitable.

Le porte-parole, Emanuel Nahshon, a ensuite déclaré sur Twitter : « La résolution de l’UNESCO sur Jérusalem est une ordure, à juste titre jetée dans la poubelle par notre ambassadeur !! Vive la Jérusalem juive !!! »

« Il s’agit ici d’un déni de l’Histoire, et l’histoire rendra cette décision aussi insignifiante que les précédentes. Une chose est évidente : Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël. Par conséquent, ma décision de suspendre nos activités professionnelles avec l’UNESCO reste inchangée. Nous ne coopérerons pas avec une organisation qui remet en cause la connexion entre le peuple juif et Jérusalem, » a déclaré le ministre de l’Éducation israélien, Naftali Bennett.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré tard mardi soir que le deuxième vote de l’UNESCO sur le sujet en quelques jours montrait que l’organisation restait un « théâtre de l’absurde ». Il a ajouté que pendant que « les forces musulmanes extrémistes détruisent des mosquées et des églises, Israël est le seul pays de la région qui les protège et autorise la liberté de culte. »

l'ambassadeur d'Israël auprès de l'UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, pendant le vote par le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO d'une résolution qui ignore les relations des juifs et des chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem et à ses lieux saints, à Paris, le 26 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran du site internet de l'UNESCO)
l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, pendant le vote par le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO d’une résolution qui ignore les relations des juifs et des chrétiens à la Vieille Ville de Jérusalem et à ses lieux saints, à Paris, le 26 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran du site internet de l’UNESCO)

Selon Shama-Hacohen, Netanyahu lui aurait demandé de convaincre des pays susceptibles de s’abstenir à aller plus loin et à voter contre la résolution, affirmant qu’une abstention était comparable à un soutien. Il a décrit le texte comme un « jihad diplomatique » contre le peuple juif, le judaïsme et le christianisme.

« Israël respecte les musulmans et les autres religions, et leur présence dans nos lieux les plus saints, et il est tragique que l’autre partie n’ait pas de dirigeants qui en fassent de même, mais qui préfèrent s’engager à l’exact opposé », a déclaré mardi Shama-Hacohen pendant une réunion avec la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. « Ce n’est plus un conflit israélo-palestinien, mais un combat arabe contre tout le monde juif. Il est clair qu’Israël et le peuple juif y survivront, mais cela n’est pas certain pour l’UNESCO. »

Shama-Hacohen et les dirigeants de deux associations pro-Israël, StandWithUs et le Forum juridique international, ont remis à Bokova une pétition signée par plus de 77 000 juifs et chrétiens demandant à l’UNESCO « de reconnaître la connexion religieuse, culturelle et historique irréfutable et profonde entre le peuple juif et la terre d’Israël. »

Les pays membres du Comité cette année rendent les choses particulièrement difficiles pour Israël. L’Allemagne, la Colombie et le Japon, des pays qui ont de la sympathie pour Israël, n’en font plus partie, et sont remplacés par la Tunisie, le Koweït, le Liban et l’Indonésie, portant à neuf le nombre de pays musulmans, qui devraient tous voter en faveur de la résolution, ainsi que le Vietnam. La Pologne, la Finlande, la Croatie et le Portugal, les quatre pays européens du Comité, ont annoncé qu’ils s’abstiendraient si la résolution était portée au vote.

L’adoption de la résolution entraînerait une situation absurde où les fouilles archéologiques sur le site du mont du Temple et dans ses environs, qui ont mis au jour de nombreuses preuves des diverses connexions juives au site, pourraient à présent être désignées comme une destruction du site musulman.

Les 21 pays qui avaient le droit de vote étaient la Finlande, la Pologne, le Portugal, la Croatie, la Turquie, l’Azerbaïdjan, la Corée du Sud, l’Indonésie, les Philippines, le Vietnam, le Kazakhstan, la Tunisie, le Koweït, le Liban, le Pérou, Cuba, la Jamaïque, le Burkina Faso, le Zimbabwe, l’Angola et la Tanzanie.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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