Un membre de l’équipe de transition du président élu Donald Trump et une délégation des députés américains républicains et de députés européens ont annulé une rencontre prévue jeudi avec la ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Hotovely, au motif que cette dernière a refusé qu’un membre de l’extrême droite suédoise ne prenne part à la rencontre, selon les informations du Times of Israel.

Becky Norton Dunlop, adjointe au conseiller principal de l’équipe de transition de Trump pour la politique et le personnel est en Israël dans le cadre d’un séjour de trois jours pour le Jerusalem Leaders Summit, une rencontre entre parlementaires conservateurs américains et européens.

Parmi les rencontres importantes organisées pour le groupe, la délégation devait rencontrer Hotovely mercredi matin à la Knesset.

Mais quelques heures avant le début de la rencontre, le groupe a été informé que Kristina Winberg, membre du Parlement européen pour les démocrates suédois, n’aurait pas le droit de participer.

Le groupe entier, y compris Dunlop, a manifesté son indignation en décidant de boycotter la rencontre avec Hotovely, selon un délégué du groupe.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a expliqué que Winberg a été exclue de la rencontre à cause des positions d’extrême droite et ultra-nationalistes de son parti.

Kristina Winberg, membre du parti des Démocrates suédois. et élue au parlement européen, interviewée par Expressen News à Stockholm, le 24 mai 2014. (Crédit : CC BY-SA 3.0 Frankie Fouganthin/Wikipedia)

Kristina Winberg, membre du parti des Démocrates suédois. et élue au parlement européen, interviewée par Expressen News à Stockholm, le 24 mai 2014. (Crédit : CC BY-SA 3.0 Frankie Fouganthin/Wikipedia)

« La déléguée suédoise est membre d’un parti aux tendances néo-nazies, et par conséquent, le ministère des Affaires étrangères à décidé de ne pas l’inclure dans la rencontre avec Hotovely », a déclaré Emmanuel Nahshon.

« Malheureusement, le groupe entier a décidé d’annuler la réunion. »

Nahshon a confirmé qu’Ayelet Shaked, ministre de la Justice, a décidé d’annuler le discours qu’elle devait prononcer mardi au Jerusalem Leaders Summit, en raison de la présence de Winberg.

Un porte-parole de Hotobely a confirmé que l’adjointe au ministre a agi sur ordre du ministère des Affaires étrangères.

Mais mardi, le groupe a reçu un briefing du vice-directeur du ministère des Affaires étrangères Jeremy Issacharoff, et la présence de Winberg n’a pas posé problème.

Le parti démocrate suédois se décrit comme « social, conservateurs, sur des bases nationalistes ». Il a été critiqué en Suède pour ses positions d’extrême droite et sa politique anti-immigration, et notamment contre ce qu’il appelle le « lobby Homosex » et « l’Islamisation de la Suède ».

Ce n’est pas la première fois que des politiques de l’administration entrante de Trump sont critiqué pour le soutien qu’ils manifestent à des groupes d’extrême droite ou néo-nazi. Stephen Bannon, choisi par Trump pour le poste de chef de la stratégie a agacé de nombreuses communautés juives américaines, à cause de son adhésion à un mouvement de la droite alternative, nationaliste banc, alors qu’il dirigeait le site d’informations Breitbart.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui officie également comme ministre des Affaires étrangères, a déclaré au début du mois que la nomination de Bannon ne l’inquiétait pas et qu’il ne craignait pas de montée de l’antisémitisme sous Trump.

Netanyahu s’est cependant souvent heurté au gouvernement suédois, dirigé par le parti social démocrate de gauche au sujet de sa position sur la traitement des Palestiniens par Israël.

La semaine dernière, des responsables israéliens ont refusé de rencontrer la ministre des Affaires étrangères suédois Margot Wallstrom durant sa visite d’Israël et des territoires palestiniens.

Bien que Wallstrom a demandé à rencontrer des membre du gouvernement israéliens, ses efforts ont été rejetés, officiellement à cause de soucis d’emplois du temps, mais les politiques israéliens ont officieusement déclaré que la diplomate suédoise n’était pas la bienvenue suite à ses propos discutables sur le conflit israélo-palestinien.

La politicienne sociale démocrate de 61 ans a, à plusieurs reprises, enragé Israël, a commencer par la reconnaissance d’un État palestinien par la suède en octobre 2014, juste après qu’elle ne devienne ministre des Affaires étrangères.

Lors des attentats terroristes de Paris en novembre l’an dernier, elle avait identifié le conflit israélo-palestinien comme l’un des facteurs qui expliquerait que « tant de personnes se soient radicalisées ». Israël a qualifié ces propos « d’effroyablement impudents ».

La ministre adjointe aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely à Jérusalem, le 1er mai 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La ministre adjointe aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely à Jérusalem, le 1er mai 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Israël a été clair sur le fait que Wallstrom n’était pas la bienvenue dans le pays, et en janvier, Netanyahu a qualifié ses critiques de scandaleuses, immorales, fausses et stupides.

La décision de la Suède en octobre 2014, de reconnaître l’État palestinien avait exaspéré Israël, qui s’était empressé de rappeler son ambassadeur à Stockholm. Il est revenu un mois plus tard.