Une carte d’Israël figurant sur une vidéo produite par la Maison Blanche au sujet du prochain séjour du président américain Trump montre le pays sans la Cisjordanie (région sur laquelle Israël ne revendique aucune souveraineté) ou le plateau du Golan (où l’état juif a appliqué la loi israélienne).

Le court clip, dont l’objectif est de promouvoir le tout premier voyage de Trump à l’étranger, souligne les cinq destinations des quatre pays dans lesquels Trump devrait se rendre : l’Arabie saoudite, Israël, l’Italie (dont le Vatican) et la Belgique.

Dans la vidéo, Israël est représenté dans le cadre des frontières qui avaient précédé le cessez-le-feu du mois de juin 1967. Au cours de la guerre des Six jours – Israël est actuellement en train de célébrer le 50e anniversaire de cette guerre – l’état juif avait capturé Jérusalem-est, Gaza et le Sinaï, la Cisjordanie et le plateau du Golan.

Israël a depuis rendu le Sinaï à l’Egypte, annexé Jérusalem-est et le Golan, s’est retiré de Gaza et a construit un nombre important d’implantations en Cisjordanie sans y élargir la souveraineté israélienne.

La communauté internationale, dont toutes les administrations américaines précédentes, n’a jamais reconnu la souveraineté israélienne sur aucune de ces zones. De nombreux Israéliens pourraient toutefois être surpris de voir que l’administration américaine actuelle, qui a affirmé de manière répétée son soutien sans failles et son amitié au gouvernement de droite de l’état juif, signale ainsi son adoption de ce positionnement international, notamment en ce qui concerne le Plateau du Golan.

La reconnaissance américaine de l’extension de l’application de la loi d’Israël sur le Golan, que l’état juif a capturé à la Syrie, est considérée comme une requête essentielle que Jérusalem veut soumettre à Trump au cours de sa visite, ont indiqué les ministres israéliens.

Et pourtant, la vidéo de promotion de la Maison Blanche pourrait bien également susciter la colère des Palestiniens. Tandis qu’Israël est montré sans la Cisjordanie sur la carte, le texte qui présente l’emploi du temps de Trump dans chaque destination ne fait aucune distinction entre les deux. La rencontre programmée de Trump avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Bethléem est comprise sous l’intitulé « Israël », comme le sont ses rencontres avec les leaders israéliens dans les quartiers ouest de Jérusalem.

Une grande partie de la communauté internationale considère qu’aucun secteur de Jérusalem n’appartient à Israël, affirmant que le statut de la ville devra être déterminé par le biais de négociations entre les Israéliens et les Palestiniens. Les anciennes administrations américaines ont toujours précautionneusement évité de dire que Jérusalem faisait partie d’Israël.

En comparaison, la vidéo spécifie des visites à « Rome et la ville du Vatican » au lieu d’évoquer simplement « l’Italie ».

A l’Assemblée générale des Nations unies, le Vatican et « l’état de Palestine » ont le même statut d’état observateur non-membre.

« A Jérusalem, le président Trump rencontrera le président d’Israël, Reuven Rivlin, et déposera une gerbe à Yad Vashem. Il prononcera alors un discours au musée d’Israël pour célébrer l’histoire unique d’Israël et du peuple juif », dit un texte accompagnant la vidéo.

« En fin de journée, le président rencontrera le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu. Ils seront rejoints par la première dame Melania Trump et par madame Sara Netanyahu pour un dîner privé. Le président Trump s’entretiendra avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Bethléem et recommandera vivement aux leaders palestiniens d’entreprendre des démarches positives en faveur de la paix. Le président visitera aussi l’église du Saint-sépulcre et le mur Occidental ».