6 enfants de Robert Kennedy fustigent la libération de l’assassin Sirhan Sirhan
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6 enfants de Robert Kennedy fustigent la libération de l’assassin Sirhan Sirhan

Ils appellent à inverser la recommandation de libérer le chrétien palestinien qui a tué RFK, apparemment en raison du soutien du sénateur à Israël

Sur cette image fournie par le California Department of Corrections and Rehabilitation, Sirhan Sirhan arrive pour une audience de libération conditionnelle, le vendredi 27 août 2021, à San Diego. Sirhan Sirhan doit faire face à sa 16e audience de libération conditionnelle vendredi pour avoir tiré sur le sénateur américain Robert F. Kennedy en 1968. (Crédit : Département californien des services correctionnels et de la réinsertion via AP)
Sur cette image fournie par le California Department of Corrections and Rehabilitation, Sirhan Sirhan arrive pour une audience de libération conditionnelle, le vendredi 27 août 2021, à San Diego. Sirhan Sirhan doit faire face à sa 16e audience de libération conditionnelle vendredi pour avoir tiré sur le sénateur américain Robert F. Kennedy en 1968. (Crédit : Département californien des services correctionnels et de la réinsertion via AP)

Six des neuf enfants vivants de Robert F. Kennedy ont condamné la décision d’accorder une libération conditionnelle à Sirhan Sirhan, l’assassin qui a tué le sénateur de New York en 1968 alors qu’il était candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle.

Après quinze refus successifs, la commission des libérations conditionnelles de Californie a finalement donné vendredi son accord pour la sortie de prison de Sirhan Sirhan, condamné pour l’assassinat de Robert Kennedy, frère cadet de John Fitzgerald Kennedy, durant la campagne présidentielle de 1968.

Sirhan Sirhan, 77 ans aujourd’hui, avait été reconnu coupable le 17 avril 1969 du meurtre du sénateur de New York. Il avait été condamné à mort mais sa peine avait été commuée en réclusion à perpétuité en 1972, à la faveur d’une brève suppression de la peine capitale en Californie.

Après un délai d’examen de 90 jours, la décision de libération conditionnelle de la commission sera soumise au gouverneur de Californie, qui a le pouvoir de la refuser ou de la modifier.

S’il est libéré, Sirhan pourrait être expulsé vers la Jordanie, et certains craignent qu’il ne devienne un « symbole ou un paratonnerre pour fomenter davantage de violence. »

Dans une déclaration publiée sur Twitter tôt samedi, six des enfants de Kennedy ont déclaré être « dévastés que l’homme qui a assassiné notre père ait été recommandé pour une libération conditionnelle… Il a enlevé notre père à notre famille et il l’a enlevé à l’Amérique. Nous sommes incrédules à l’idée que cet homme soit recommandé pour une libération ».

La déclaration a été signée par Joseph P. Kennedy II, Courtney Kennedy, Kerry Kennedy, Christopher G. Kennedy, Maxwell T. Kennedy et Rory Kennedy.

« La mort de notre père a eu un impact sur notre famille d’une manière qui ne pourra jamais être précisément exprimée », ont-ils écrit, ajoutant que la décision a « infligé une énorme douleur supplémentaire. » Ils ont exhorté la commission de libération conditionnelle à inverser la recommandation.

Sur cette photo d’archive du 5 juin 1968, le sénateur Robert F. Kennedy attend les secours allongé sur le sol de l’hôtel Ambassador à Los Angeles quelques instants après avoir été abattu. (Crédit : Boris Yaro/Los Angeles Times via AP, Fichier)

Kennedy a eu 11 enfants avec sa femme Ethel, dont l’un est décédé au début des années 1980 et un autre à la fin des années 1990.

Deux de ses fils ont soutenu la décision de libération conditionnelle de Sirhan.

Douglas Kennedy, qui était un bambin lorsque son père a été abattu en 1968, a déclaré qu’il était ému aux larmes par le remords de Sirhan et que Sirhan devrait être libéré s’il n’est pas une menace pour les autres.

En 2018, Robert F. Kennedy Junior avait révélé avoir rendu visite à Sirhan Sirhan en prison. « J’y suis allé car j’étais curieux et perturbé par les preuves que j’ai vues », avait-il déclaré au Washington Post. « J’étais troublé à l’idée que la mauvaise personne puisse avoir été condamnée pour le meurtre de mon père ».

Sa sœur Kathleen Kennedy Townsend s’était jointe à son appel demandant la réouverture d’une enquête sur le crime.

Bobby Junior avait envoyé à la commission une lettre soutenant la libération conditionnelle de Sirhan et son petit frère Douglas Kennedy s’est lui aussi exprimé en sa faveur vendredi durant l’audience.

« Le simple fait de voir Sirhan face à face me bouleverse », a-t-il dit. « Je pense que j’ai vécu ma vie à la fois dans la peur de lui et de son nom d’une manière ou d’une autre. Et je suis reconnaissant aujourd’hui de le voir comme un être humain digne de compassion et d’amour. »

Robert F. Kennedy Jr. a déclaré qu’il était ému par Sirhan, « qui a pleuré, me serrant les mains, et a demandé le pardon » lorsqu’ils se sont rencontrés en prison, a rapporté le Guardian.

« Bien que personne ne puisse parler définitivement au nom de mon père, je crois fermement que, sur la base de son propre engagement en faveur de l’équité et de la justice, il encouragerait fortement cette commission à libérer Sirhan en raison de l’impressionnant dossier de réhabilitation de ce dernier », a-t-il ajouté.

RFK, sénateur de New York et frère du président John F. Kennedy, était candidat démocrate à l’élection présidentielle lorsqu’il a été abattu le 6 juin 1968 à l’hôtel Ambassador de Los Angeles, peu après avoir prononcé un discours de victoire lors de la primaire décisive de Californie.

Sur cette photo d’archives du 9 mai 1968, le sénateur Robert F. Kennedy s’adresse aux délégués de l’United Auto Workers dans une salle de congrès à Atlantic City, dans le New Jersey. En 1968, pendant sa campagne pour la présidence, il a été tué par balle à Los Angeles, quelques instants après avoir remporté la primaire démocrate de Californie. (Crédit : Photo AP, archive)

Immigré palestinien, Sirhan Sirhan avait assassiné « Bobby » Kennedy à l’hôtel Ambassador à Los Angeles, alors que le sénateur faisait campagne pour décrocher l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle. Cinq autres personnes avaient été blessées.

Le meurtrier avait à l’époque justifié son geste par le soutien apporté par Robert Kennedy à la vente d’avions militaires à Israël.

Durant sa précédente demande de libération conditionnelle en 2016, M. Sirhan avait affirmé qu’il avait trop bu le soir du crime et qu’il aurait aimé « que rien ne se soit passé ». Il avait aussi assuré que les aveux durant son procès étaient le fait d’un avocat qui l’avait mal conseillé et l’avait convaincu qu’il était coupable.

Sirhan Sirhan avait été arrêté dans les cuisines de l’Ambassador, un
calibre .22 à la main. Durant son procès, des carnets avaient été produits sur lesquels il avait écrit « RFK doit mourir ».

Mais certains, dont l’un des fils de Bobby Kennedy, ne sont pas convaincus que Sirhan soit bien le meurtrier ou qu’il ait agi seul.

Parmi les détails troublants figure le fait que l’ex-ministre de la Justice et ancien sénateur de New York ait été touché par une balle tirée à bout portant derrière l’oreille droite, alors que Sirhan était censé lui faire face. Et selon un expert en acoustique, 13 coups de feu ont été tirés le soir du drame, mais l’arme de Sirhan n’avait une capacité que de huit cartouches.

Ami de la famille Kennedy touché par balle à la tête, Paul Schrade a lui aussi milité de longue date pour la libération de Sirhan. « C’est une bonne décision », a-t-il dit vendredi à l’AFP. « Je suis vraiment reconnaissant à la commission d’avoir donné une chance à Sirhan de rentrer chez lui », a ajouté cet homme de 96 ans.

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