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Agriculture: Les indemnisations versées suite à la sécheresse en hausse de 13% en 2023

La compagnie d'assurance, qui versera plus de 100 millions de dollars pour les dégâts essuyés par les cultures et le bétail, note des événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus puissants

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Une courgette endommagée par une tempête de grêle au moshav Hatzav, dans le centre d'Israël, au mois d'avril 2023. (Crédit :  Yuval Ezra)
Une courgette endommagée par une tempête de grêle au moshav Hatzav, dans le centre d'Israël, au mois d'avril 2023. (Crédit : Yuval Ezra)

Les indemnisations versées aux agriculteurs, l’année dernière, pour les dégâts causés par une sécheresse extrême ont été de 13% plus élevées que l’année précédente, selon un rapport qui a été rendu public pour l’année 2023 par la compagnie Kanat, qui assure les exploitations agricoles pour les pertes entraînées suite à des phénomènes naturels.

Les professionnels du secteur seront éligibles à une indemnisation prélevée sur une enveloppe totale d’environ 390 millions de shekels au total, a indiqué l’entreprise. Au cours des 15 dernières années, seule l’année 2015 avait été pire avec des réclamations qui avaient totalisé environ 521 millions de shekels.

Dans le monde entier, l’année 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, a fait savoir le service en charge du contrôle du climat au sein de l’Union européenne, mardi.

Le rapport émis par Kanat a fait remarquer que les dégâts causés aux récoltes par le climat – sécheresse ou intempéries – étaient un phénomène mondial qui ne faisait que s’accroître sur tout le globe mais que ce phénomène était particulièrement net en Israël, où le réchauffement climatique représente deux fois celui de la moyenne mondiale.

L’année dernière, Kanat a reçu plus de 12 200 doléances concernant des dégâts essuyés par les récoltes contre environ 11 000 en 2022.

Ces demandes d’indemnisation ont fait suite à une chaleur extrême, des tempêtes de grêle et de fortes pluies, ainsi que le développement de maladies qui sont liées au climat.

« Il y a eu, l’année dernière, plus d’événements météorologiques extrêmes qui ont entraîné, dans une courte période, de gros dommages dans les récoltes », note le rapport.

« La compagnie fait remarquer qu’en résultat du changement climatique, ce phénomène ne fait qu’empirer au fil des années avec des événements météorologiques qui étaient autrefois considérés comme extrêmes qui deviennent à la fois plus fréquents et plus puissants ».

Ce sont les cultivateurs de fruits qui ont subi les plus lourdes pertes et particulièrement les cultivateurs de nectarines, de pommes et de pêches. Ils auront droit à une indemnisation d’environ 130 millions de shekels, a dit Kanat.

Des grappes de raisin endommagées par la chaleur, au mois d’août 2023. (Crédit : Yuval Ezra)

Les cultivateurs de tomates, de concombres ou de pastèques obtiendront 79 millions de shekels. Les indemnisations versées au secteur des avocats seront de 21,5 millions ; elles seront de 16 millions pour les dégâts essuyés par la culture des arachides ; elles seront de 14,5 millions pour les cultivateurs de citron ; elles seront de 12 millions pour les viticulteurs et elles seront de 11 millions pour les cultivateurs de coton.

Les éleveurs de volailles, de bétail, de moutons et les pisciculteurs toucheront 70 millions de shekels pour les dégâts entraînés par les parasites et par les maladies qui, selon Kanat, sont causées par le réchauffement climatique.

Des vents forts, de la grêle, des inondations et un temps particulièrement froid avaient caractérisé la fin du mois de janvier et le début du mois de février, l’année dernière.

Pendant les vacances de Pessah, au mois d’avril dernier, une tempête de grêle inhabituelle avait sévèrement endommagé les fruits précoces dans la saison et, parmi eux, les cerises, les pêches, les abricots, les pommes, les prunes et les nectarines. Les vignobles avaient aussi pâti.

Le mois de juillet avait été le plus chaud jamais enregistré par les services de météorologie et une extrême chaleur s’était abattue sur l’État juif au mois d’août.

Les températures particulièrement élevées avaient entraîné la mort de centaines de milliers de volailles en particulier dans les coopératives du nord du pays et les arbres fruitiers avaient été endommagés, notamment les pommiers et les manguiers, dont les fruits étaient alors sur le point d’être récoltés.

Les pastèques, les melons, les piments, le maïs ou les tomates, dont la récolte se profilait à l’horizon à ce moment-là, ont également été touchés.

Les pluies précoces, au mois de septembre, avaient endommagé les champs de coton dans tout le pays. Des intempéries particulièrement fortes dans le sud d’Israël, au sol qui était relativement sec, avaient détruit les cultures d’arachides, et le secteur de la zone frontalière de Gaza avait été spécialement touché à cet occasion.

Le gouvernement a établi la compagnie d’assurance Kanat en 1967, en coopération avec 14 organisations agricoles. Sa mission est d’assurer les dégâts entraînés par les phénomènes météorologiques, et uniquement ces derniers.

Shmuel Turgeman, le directeur-général de Kanat, a estimé que la crise globale du climat – ainsi que la guerre actuelle contre le Hamas à Gaza, une guerre déclenchée par l’attaque meurtrière commise par le groupe terroriste sur le sol israélien, le 7 octobre- était une nouvelle preuve de l’importance de l’agriculture locale et de la nécessité de ne pas compter seulement sur les importations.

Avec ses nombreuses zones climatiques – désert, zones côtières ou montagneuses – Israël est en mesure de cultiver des produits dont la diversité est étonnante au vu de la modeste la taille du pays.

Un citron endommagé par une vague de chaleur, au mois d’août 2023. (Crédit : Yuval Ezra)

Malgré cela, la politique du gouvernement, ces dernières années, a été d’ouvrir le marché aux importations, espérant faire ainsi baisser le coût de la vie.

Turjeman a fait remarquer que certains pays limitaient leurs exportations en raison des dégâts essuyés par leurs propres cultures suite au dérèglement climatique. D’autres pays comme la Turquie – qui exporte beaucoup de produits en Israël et notamment des tomates – sont devenus hostiles à l’égard de l’État juif dans un contexte de guerre à Gaza.

En contraste, les cultivateurs de légumes et de céréales et les éleveurs de vaches laitières, le long de la frontière avec Gaza, sont rapidement retournés au travail après le massacre commis par le Hamas, le 7 octobre, au sein de leurs communautés – les hommes armés du groupe terroriste avaient tué environ 1200 personnes, des civils en majorité, et ils avaient enlevé 240 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

Les éleveurs de volailles du nord du pays – où l’armée fait face à des attaques quotidiennes du groupe terroriste libanais du Hezbollah, au Liban – continuent à fournir des œufs frais sous les tirs de mortier et sous les missiles de défense anti-aérienne, a continué Turjeman, et les cultivateurs de fruits continuent leur travail en l’absence des milliers d’ouvriers agricoles étrangers qui sont retournés dans leurs différents pays d’origine suite à l’assaut du 7 octobre.

Le ministère de l’Agriculture a fait parvenir son plan d’adaptation au changement climatique au ministère de la Protection environnementale, qui a demandé à tous les ministères de soumettre de tels plans avant la fin de l’année 2023. Il n’a pas encore été publié.

Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture pour la période allant du 7 octobre 2023 au 8 janvier 2024, ce sont 9 948 ouvriers étrangers – ils étaient 29 000 dans l’avant-guerre – qui ont quitté le pays. 4 773 nouveaux ouvriers sont arrivés sur le sol israélien et 2 500 soldats et autres bénévoles se sont portés volontaires pour effectuer du travail agricole dans les exploitations.

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