Après 96 ans, la dernière volonté d’une femme remet en fonction un cimetière juif hollandais
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Après 96 ans, la dernière volonté d’une femme remet en fonction un cimetière juif hollandais

Les funérailles de Juliana Slaat-Luycx, survivante de l’Holocauste, sont les premières depuis 1920 à Den Ham

Une tombe d'un cimetière juif de Szczebrzeszyn, en Pologne. Illustration. (Crédit : Fondation pour la préservation du patrimoine juif en Pologne)
Une tombe d'un cimetière juif de Szczebrzeszyn, en Pologne. Illustration. (Crédit : Fondation pour la préservation du patrimoine juif en Pologne)

Pour honorer les dernières volontés d’une femme, la communauté juive des Pays-Bas a enterré son corps dans un cimetière qui n’avait plus été utilisé depuis presque un siècle.

Les funérailles de Juliana Slaat-Luycx, qui est née en 1941, étaient les premières depuis 1920 dans le cimetière juif de Den Ham, à 130 kilomètres à l’est d’Amsterdam, a annoncé la communauté juive des Pays-Bas dans un article publié mardi à propos de l’évènement inhabituel.

Comme le cimetière n’avait pas été utilisé depuis 96 ans, la communauté juive et le bureau du grand rabbin des Pays-Bas, Binyomin Jacobs, ont dû obtenir diverses permissions des autorités locales pour l’y enterrer, a écrit la communauté.

Juliana Beatrix Irene Slaat-Luycx, dont les parents ont choisi des prénoms de la famille royale hollandaise dans un geste de méfiance envers l’occupation nazie entre 1940 et 1945, avait demandé comme dernière volonté d’être enterrée à Den Ham, où elle avait longtemps habité. Elle avait spécifiquement demandé à ne pas être enterrée en Allemagne, où elle vivait ces dernières années.

Binyomin Jacobs, grand rabbin des Pays-Bas (Crédit : Meshulam/Wikipedia)
Binyomin Jacobs, grand rabbin des Pays-Bas (Crédit : Meshulam/Wikipedia)

« Il a fallu des efforts de la part de nombreuses personnes mais c’est une chose merveilleuse qu’elle puisse être enterrée ici et j’espère qu’elle trouvera la paix », a déclaré la fille de Slaat-Luycx.

Les trois quarts des 140 000 juifs de la communauté des Pays-Bas ont été assassinés pendant l’Holocauste, le taux le plus haut de l’Europe occidentale occupée par l’Allemagne nazie. En conséquence, beaucoup de communautés éloignées ont disparu, laissant leurs cimetières et autres propriétés communautaires inutilisées.

Den Ham comptait déjà une population juive en 1750, selon la communauté des Pays-Bas. Le cimetière où Slaat-Luycx a été enterrée a été fondé en 1854. La dernière personne enterrée avant elle dans le cimetière était Heyman Wolf, qui est mort à 26 ans de maladie, probablement de tuberculose.

Son père, Jacob Wolff, était un boucher et le gardien du cimetière.

Jacob Wolff s’était gardé une place pour lui, pour deux des oncles de Heyman Wolff, une tante et deux cousins, mais leurs tombes sont restées vides après leur déportation en 1942 vers le camp d’extermination nazi de Sobibor, en Pologne, où ils ont été assassinés.

D’autre part, la communauté juive des Pays-Bas a annoncé la réussite d’un effort de trois ans pour restaurer les milliers de pierres tombales dans le cimetière juif autrefois négligé d’Oisterwijk, à 95 kilomètres au sud d’Amsterdam, grâce aux 300 000 dollars de donations et subventions. Jacobs, le grand rabbin du pays, devrait inaugurer le cimetière rénové le 11 septembre, la Journée du patrimoine des Pays-Bas.

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