Israël en guerre - Jour 138

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Après les USA, la GB sanctionne des résidents d’implantations pour violences « flagrantes »

Ben Gvir et Smotrich ont fustigé les sanctions imposées par le Royaume-Uni et demandent pourquoi elles ne sont pas imposées aux auteurs des attaques du 7 octobre

Des soldats israéliens retenant des résidents d'une implantation après leur entrée musclée dans le village palestinien de Dayr Sharaf suite à un attentat terroriste qui a tué un conducteur israélien au volant de sa voiture, en Cisjordanie, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Des soldats israéliens retenant des résidents d'une implantation après leur entrée musclée dans le village palestinien de Dayr Sharaf suite à un attentat terroriste qui a tué un conducteur israélien au volant de sa voiture, en Cisjordanie, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Lundi, le Royaume-Uni a imposé des sanctions à quatre ressortissants israéliens pour avoir attaqué avec violence des Palestiniens en Cisjordanie, emboîtant ainsi le pas aux États-Unis, qui ont imposé il y a peu des restrictions financières et de voyage sans précédent aux Israéliens impliqués dans des actes de violence en Cisjordanie.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, a déclaré que les quatre résidents d’implantations israéliennes visés, dont l’un faisait également partie des personnes sanctionnées par les États-Unis, étaient impliqués dans des « violations flagrantes des droits de l’homme ».

« Les résidents d’implantations israéliennes extrémistes menacent les Palestiniens, souvent à la pointe du fusil, et les forcent à quitter des terres qui leur appartiennent de droit », a-t-il ajouté. « Ce comportement est illégal et inacceptable. »

Yinon Levi, Moshe Sharvit, Zvi Bar Yosef et Ely Federman ont été identifiés par le gouvernement britannique comme des « résidents d’implantations israéliennes qui ont violemment agressé des Palestiniens en Cisjordanie occupée ».

Parmi les quatre, seul Levi faisait partie de la liste de ceux qui ont été sanctionnés par les États-Unis.

Dans un communiqué, le Royaume-Uni a indiqué que Levi et Sharvit « ont, au cours des derniers mois, eu recours à la violence physique, menacé des familles avec des armes à feu et détruit des biens dans le cadre d’un effort ciblé et calculé visant à déplacer des communautés palestiniennes ».

Le 17 octobre, le quotidien Haaretz a rapporté un incident au cours duquel plusieurs dizaines de Palestiniens avaient fui leur village natal d’Ein Shabli, dans la vallée du Jourdain, après avoir été attaqués par des résidents d’implantations israéliennes qui avaient vandalisé leurs maisons. Sharvit a été désigné dans l’article du Haaretz comme étant l’un des principaux instigateurs de l’attaque.

Levi a lui aussi été impliqué dans des incidents similaires, selon un communiqué du département d’État américain publié au début du mois. Fondateur de la ferme Meitarim, dans le sud de la Cisjordanie, il a été accusé d’avoir agressé des civils palestiniens et bédouins, de les avoir menacés d’autres violences s’ils ne quittaient pas leurs maisons, d’avoir brûlé leurs champs et détruit leurs biens, ce qui a conduit à l’abandon d’un village de Cisjordanie par ses quelque 250 habitants.

Des soldats israéliens se confrontant à des résidents de l’implantation d’Einav qui tentent d’attaquer la ville de Deir Sharaf, dans le gouvernorat de Naplouse, suite à un attentat terroriste qui a tué un conducteur israélien au volant de sa voiture, le 2 novembre 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Federman, qui vit également dans l’avant-poste de Meitarim, a été accusé d’avoir participé « à de multiples incidents contre des bergers palestiniens » au sud d’Hébron.

Il est le fils de Noam Federman, un éminent militant d’extrême droite de Hebron, qui a indiqué au Times of Israel que son fils participait actuellement à des opérations militaires à Khan Younès et qu’il ignorait donc qu’il avait été sanctionné par le Royaume-Uni. Il y a plusieurs semaines, Ely a été blessé lorsqu’un RPG a touché le bulldozer D9 qu’il conduisait, mais il est retourné au front après dix jours de convalescence à l’hôpital Sheba.

Federman a nié toute implication de son fils dans des attaques contre des Palestiniens, affirmant qu’il était à l’armée depuis trois ans.

« Ces allégations ne sont que des absurdités. Dites-moi quand il aurait eu le temps de faire de telles choses. Tout ceci est le résultat d’une campagne menée par des anarchistes d’extrême gauche qui harcèlent Tsahal dans la vallée du Jourdain, en Samarie et dans le sud des collines de Hebron, et qui se sont tournés vers les États-Unis et la Grande-Bretagne dans le cadre de cette campagne », a affirmé Federman lundi.

Bar Yosef a été accusé par le Royaume-Uni d’avoir menacé des familles en train de pique-niquer sous la menace d’une arme à deux reprises, dont l’une a été documentée par l’organisation de surveillance de la Cisjordanie Kerem Navot en 2021.

Selon le site Hakol Hayehudi, Federman aurait été blessé lors de combats à Gaza, et serait depuis retourné au combat à Khan Younès.

Faisant écho aux États-Unis, David Cameron a appelé Israël à « prendre des mesures plus fermes et à mettre un terme aux violences des habitants d’implantations ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron au Palais du gouvernement, à Beyrouth, le 1er février 2024. (Crédit : Joseph Eid/AFP/Dossier)

« Trop souvent, des engagements sont pris et des promesses sont faites, sans toutefois être suivis d’effet », a-t-il dit au sujet des promesses d’Israël de mettre fin à la violence des implantations dans toute la Cisjordanie.

« Nous devons être clairs sur ce qui se passe ici. Des résidents d’implantations israéliennes extrémistes menacent des Palestiniens, souvent sous la menace d’une arme, et les obligent à quitter des terres qui leur appartiennent de droit », a souligné Cameron, qui s’est rendu en Israël au début du mois.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a déploré des niveaux de violence sans précédent de la part des résidents des implantations en Cisjordanie au cours de l’année écoulée.

Selon le groupe de défense des droits de l’homme Yesh Din, au moins dix Palestiniens auraient été tués et des dizaines de maisons incendiées lors d’attaques menées par des habitants des implantations en Cisjordanie au cours de l’année 2023.

Des voitures incendiées par des résidents d’implantations lors d’émeutes à Hawara, en Cisjordanie, près de Naplouse, le 27 février 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Après le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, au cours duquel près de 1 200 personnes ont été massacrées et 253 prises en otage, les violences se sont intensifiées, mais elles étaient déjà en hausse, selon les observateurs.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a indiqué le 1er janvier qu’il y avait eu une moyenne quotidienne de trois incidents liés à des habitants des implantations au cours des huit premiers mois de 2023, contre deux par jour en 2022, soit le taux le plus élevé depuis le début de la tenue des registres en 2006.

On ne sait pas si l’un des quatre extrémistes visés possède des actifs au Royaume-Uni, mais les sanctions pourraient néanmoins avoir un impact significatif.

À la suite des sanctions américaines, les comptes bancaires israéliens de Levi ont été gelés, tout comme ceux de David Chai Chasdai, un résident d’implantation sanctionné, afin de satisfaire aux exigences financières auxquelles les banques israéliennes sont légalement tenues de se conformer.

David Chaï Chasdaï comparaîssant lors d’une audience au tribunal de Rishon Lezion, le 2 juillet 2013. (Crédit : Yossi Zeliger/FLASH90)

Le mouvement pacifiste israélien Combatants for Peace a remercié le gouvernement britannique d’avoir soutenu « une position claire et sans équivoque contre la violence des implantations ».

« Alors que leurs représentants siègent au gouvernement, les jeunes des collines [terme courant pour désigner les militants extrémistes des implantations] n’ont plus aucune retenue », a déclaré Combatants for Peace. « C’est une obligation morale d’intervenir. Heureusement, une décision attendue depuis longtemps a été prise à cet égard. »

Les ministres d’extrême-droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, à la Knesset, le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministres de la Sécurité nationale et des Finances d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont fustigé le Royaume-Uni pour leur décision d’imposer des sanctions aux quatre résidents d’implantations israéliennes.

« Le décret en question révèle une grave confusion morale », a affirmé Ben Gvir dans un communiqué.

« Aucun édit n’a été prononcé par les Britanniques contre les milliers de Gazaouis qui ont participé aux massacres, aux viols et aux pillages de Juifs, alors que ces mêmes Britanniques cherchent en revanche à délégitimer l’entreprise d’implantation et les héroïques résidents des implantations, qui sacrifient leur vie depuis le début de la guerre dans la lutte contre un ennemi qui s’est levé pour massacrer des hommes, des femmes et des enfants – simplement parce qu’ils sont Juifs », a-t-il ajouté.

Une telle politique équivaut à une « collaboration » avec le mouvement BDS contre Israël « qui embrasse les terroristes et blâme les victimes », a encore affirmé Ben Gvir, jurant que « nous n’hésiterons pas à soutenir les résidents dévoués des implantations dont le seul péché est leur refus de se soumettre au terrorisme ».

Smotrich, quant à lui, a déclaré aux journalistes lors d’une réunion de son parti HaTzionout HaDatit à la Knesset que les sanctions britanniques faisaient partie d’une soi-disant « approche conjointe américaine, européenne et arabe » visant à mettre fin à la guerre et à établir un État palestinien.

Ben Gvir et Smotrich soutiennent tous deux l’émigration « volontaire » des habitants de Gaza et la réinstallation d’implantations israéliennes dans la bande de Gaza.

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