Après sa démission, le chef du ministère des Affaires étrangères dément toute querelle avec le Premier ministre
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Interview

Après sa démission, le chef du ministère des Affaires étrangères dément toute querelle avec le Premier ministre

Retournant à son Think-Tank, à Jérusalem Dore Gold declare qu’il “reviendra en première ligne de l’activité politique dans un avenir très proche”

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Dore Gold, ALORS directeur général du ministère des Affaires étrangères,pendant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 21 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Dore Gold, ALORS directeur général du ministère des Affaires étrangères,pendant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 21 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le directeur-général sortant du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold, a démenti vendredi les allégations selon lesquelles il aurait démissionné de ses fonctions en raison d’un conflit avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La décision de quitter son prestigieux poste après seulement 16 mois d’exercice a été prise pour des raisons familiales, a confié Gold vendredi au Times of Israel, ajoutant toutefois qu’il reviendrait bientôt aux activités diplomatiques.

Jeudi, Gold — confident de longue date de Netanyahu — a annoncé de manière surprenante qu’il abandonnait son portefeuille pour des “raisons personnelles”. Tandis que Gold a affirmé qu’il restait disponible pour toute mission future que Netanyahu pourrait lui assigner, des rapports ont rapidement émergé, citant de haut-responsables diplomatiques.

Ces derniers indiquaient que Gold quittait ses fonctions parce qu’il avait perdu confiance en son chef et qu’il avait été frustré d’avoir été laissé en dehors d’un grand nombre de dossiers de politique étrangère essentiels pour Israël.

Mais Gold, vendredi, a résolument rejeté ces allégations. “Cela a été un choix complètement personnel. Mais cela a mené beaucoup de gens à considérer toutes sortes de facteurs qui sont totalement faux », a-t-il dit. « La raison pour laquelle j’ai décidé de démissionné a tout à voir avec ce qu’il se passe dans mon esprit. Et les hauts responsables, avec tout le respect que je leur dois, n’ont aucune idée de ce que je pense au fond de moi ».

Le moment étrange choisi pour cette annonce – vingt-quatre heures après Yom Kippour et quelques heures avant le vote d’une résolution ignorant le lien du peuple juif avec le mont du Temple par l’agence de l’Education des Nations-Unies (UNESCO) – a été purement fortuit, a suggéré Gold. Il avait commencé à évoquer le départ de son poste en concertation avec Netanyahu dès le mois de juin, attendant simplement qu’un remplaçant approprié soit trouvé.

Quelques heures après l’annonce de son départ, le cabinet de Netanyahu a émis un communiqué annonçant la nomination au poste de directeur-général du ministère des Affaires étrangères du diplomate à la retraite Yuval Rotem.

Plusieurs officiels avaient ainsi déclaré que Gold avait été particulièrement touché par son éviction de certains des dossiers de politique étrangère majeurs pour Israël, comme celui du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, celui des relations bilatérales avec les Etats-Unis ou de la réconciliation avec la Turquie.

Diplomate chevronné, Gold aurait ressenti de la frustration en étant relégué à la direction des affaires quotidiennes de son ministère et à la simple gestion des avancées du rapprochement d’Israël avec plusieurs nations africaines.

Benjamin Netanyahu à gauche, avec Dore Gold, lors d'une session du State Control Comittee à la Knesset le 25 juillet 2016. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90)
Benjamin Netanyahu à gauche, avec Dore Gold, lors d’une session du State Control Comittee à la Knesset le 25 juillet 2016. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais Gold rejette fermement l’idée selon laquelle il aurait été exclu de certains domaines essentiels de politique étrangère. « J’ai été invité à toutes les réunions sécuritaires du cabinet. Et là-bas, j’ai participé aux réunions sur les sujets les plus sensibles qui étaient organisées par le Premier ministre, et c’est lui qui m’y a invité personnellement. Cela n’a aucun sens de dire que j’ai été mis de côté”.

La détente avec Ankara avait été menée par Joseph Ciechanover, avant que lui-même n’arrive au ministère des Affaires étrangères en juin 2015, explique Gold . Et quand, en tant que directeur-général, Gold s’était rendu à Istanbul dans le sillage de l’attentat-terroriste commis le 19 mars qui avait causé la mort de trois Israéliens, il y avait alors rencontré son homologue turc qui dirigeait les négociations de conciliation avec la Turquie, raconte-t-il. « Je n’ai pas été écarté de Turquie, c’est le contraire ».

De la même manière, le Premier ministre avait confié, il y a de nombreuses années, la direction du processus de paix à son envoyé personnel Yitzhak Molcho, tandis que les discussions avec l’administration américaine concernant l’aide militaire ont toujours été traditionnellement assumées par le ministère de la Défense et le Conseil de Sécurité National, indique Gold.

“Certains pensent que l’Afrique est un mauvais prix de consolation”, ajoute-t-il. « C’est complètement faux. Je pense que l’Afrique est l’une des frontières les plus excitantes vers lesquelles Israël est en train de se retourner ».

Mais s’il était professionnellement comblé – en effet, il a qualifié jeudi le poste de directeur-général des Affaires étrangères « d’apogée » de sa vie personnelle et professionnelle – pourquoi quitte-t-il ses fonctions après seulement un peu plus d’un an ?

“J’ai une famille dont je dois m’occuper”, répond Gold, qui a deux petits-enfants âgés de moins d’un an. “Ma famille a besoin de moi maintenant. Elle a besoin que je lui consacre plus de temps et je vais le lui accorder. La vie a des aléas, des périodes où vous accordez plus d’attention à une chose et moins d’attention à d’autres. Mais dans un avenir qui n’est pas trop éloigné, je serai à nouveau sur le devant de la scène, défendant Israël et créant de nouveaux contacts internationaux ».

Gold va redevenir le président à plein temps du Centre de Jérusalem pour les Affaires publiques, un think-tank qu’il dirige depuis les années 2000.

“Je serai de retour en première ligne de l’activité diplomatique dans un avenir très proche”, annonce-t-il. « Et si le Premier ministre a besoin de moi, je serai disponible sur 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.”

Refusant de donner davantage de détails sur le type d’activités qu’il prévoit d’entamer, Gold a simplement indiqué que les think tanks sont aujourd’hui “d’importantes rampes de lancement pour les interactions diplomatiques” et que son ouvrage aura rapidement « des implications au niveau de la diplomatie israélienne ».

Il ajoute : “J’ai eu des contacts très importants au cours ces dernières années avec les leaders de pays variés, sur plusieurs continents, qui m’ont tous dit qu’ils souhaiteraient que nous conservions eux et moi le contact”.

En juin 2015, quelques jours avant de prendre le portefeuille du ministère des Affaires étrangères, Gold avait partagé la scène avec l’ancien général saoudien , lors d’une rencontre publique rare qui avait été perçue par beaucoup comme un présage de détente entre Israël et l’Arabie saoudite

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