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Belgique : Le nombre de délits antisémites a doublé en un an

Alors que 14 délits avaient été enregistrés en 2019, 27 l’ont été en 2020, selon le ministre de la Justice ; les plaintes auprès d'Unia ont également augmenté

Le Palais de la Nation, à Bruxelles, en Belgique. (Crédit : Senate of Belgium / CC BY-SA 4.0)
Le Palais de la Nation, à Bruxelles, en Belgique. (Crédit : Senate of Belgium / CC BY-SA 4.0)

Le nombre de délits antisémites a doublé en un an en Belgique, selon le ministère de la Justice, a rapporté le journal La Libre.

Alors que 14 délits avaient été enregistrés en 2019, 27 l’ont été en 2020. Ces statistiques avaient été demandées par le sénateur Tom Ongena (Open Vld) au ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne.

Outre cette augmentation d’infractions antisémites enregistrées officiellement, le nombre de plaintes déposées auprès d’Unia, institution publique indépendante qui lutte contre la discrimination et défend l’égalité des chances en Belgique, a lui aussi augmenté en 2020.

« Le nombre élevé de plaintes pour antisémitisme et de délits réels enregistrés nous oblige à revoir notre approche », a déclaré le sénateur, qui se dit satisfait des mesures supplémentaires que le ministère doit prendre.

Un meilleur système d’enregistrement des crimes de haine est notamment prévu, ainsi que la réactivation de la cellule de vigilance antisémitisme, qui lie la police, les pouvoirs publics, les instances judiciaires et les représentants de la communauté juive.

La cellule a notamment prévu de mettre l’accent sur l’éducation lors d’une prochaine réunion. « L’éducation est et restera un allié essentiel dans la lutte contre l’antisémitisme et l’anti-discrimination en général. La sensibilisation à cette question est essentielle », a déclaré Tom Ongena.

Le mois dernier, deux députés belges avaient dénoncé l’antisémitisme sur les réseaux sociaux après en avoir été victimes.

Le député Marc Loewenstein (DéFI) avait alors rappelé les conclusions d’une étude européenne publiées lors des récentes Assises contre le racisme organisées par le Parlement bruxellois. Selon ces statistiques, « 26 % des Belges âgés de 18 à 75 ans sont modérément antisémites et 4 % le sont fortement ».

Plusieurs autres récentes études ont révélé une importante hausse de l’antisémitisme en Belgique ces dernières années.

Le Premier ministre belge Charles Michel pendant une visite du musée mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem, à Jérusalem, le 7 février 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

« Après les Juifs de France, ce sont les Juifs de Belgique qui, en Europe, ressentent le plus d’hostilité envers eux », avait déclaré en 2019 Charles Michel, Premier ministre belge, alors que le Congrès juif mondial s’inquiétait de la hausse de l’antisémitisme en Belgique.

« Ces insultes, cet harcèlement et cette violence peuvent entraîner la mort, comme lors de l’attaque antisémite au Musée juif de Bruxelles en 2014 », expliquait-il.

Le responsable ajoutait également que « certains de nos concitoyens ont fait le choix de l’expatriation, ne se sentant plus en sécurité dans leur propre pays ». Selon l’homme, « notre pays ne peut pas s’habituer à la haine ou à l’antisémitisme ».

« Le gouvernement fédéral a considérablement renforcé la sécurité de tous les lieux de la communauté juive, en particulier les écoles et les synagogues. Il a également combattu le négationnisme de l’Holocauste en durcissant ses peines », ajoutait-il.

« En tant qu’homme politique libéral et démocrate, je suis inquiet du nombre de Juifs qui préfèrent quitter l’Europe pour les États-Unis ou Israël parce qu’ils s’y sentent plus en sécurité et craignent de pratiquer leur religion ou de porter une kippa dans la rue », témoignait Charles Michel.

Joël Rubinfeld, directeur de la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA). (Crédit : capture d’écran Fox News)

Selon une étude du centre Kantor, 42 % des Juifs belges auraient songé à émigrer durant ces cinq dernières années. Selon la même étude, 39 % d’entre eux auraient été victimes d’actes à caractère antisémite en 2018.

« Avant 2000, on pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre d’incidents antisémites en Belgique », avait déclaré en février 2019 Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, au journal L’Echo.

« Avant l’an 2000, on dénombrait entre 5 et 80 départs [de Juifs belges] par an, a-t-il ajouté. Depuis lors, nous sommes à 250 à 350 départs chaque année », s’est-il inquiété. « Sans compter les départs pour d’autres pays, comme les États-Unis. C’est un exode silencieux. Et je crains fort que nous ne soyons la dernière génération en Europe occidentale avec une communauté juive significative. »

L’étude de l’Agence des droits fondamentaux a également révélé qu’en Belgique 50 % des personnes interrogées (sur 1 079 personnes) estimaient que l’hostilité envers les Juifs était un problème. 49 % déclaraient ne pas y voir un problème.

Environ 35 000 Juifs vivent dans le pays.

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