Plusieurs études révèlent une importante hausse de l’antisémitisme en Belgique
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Plusieurs études révèlent une importante hausse de l’antisémitisme en Belgique

"Après les Juifs de France, ce sont les Juifs de Belgique qui, en Europe, ressentent le plus d'hostilité envers eux", a déclaré Charles Michel, Premier ministre belge

Le Premier ministre belge Charles Michel pendant une visite du musée mémorial de l'Holocauste de Yad Vashem, à Jérusalem, le 7 février 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)
Le Premier ministre belge Charles Michel pendant une visite du musée mémorial de l'Holocauste de Yad Vashem, à Jérusalem, le 7 février 2017. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Dans un post Instagram, le Congrès juif mondial s’est inquiété de la hausse de l’antisémitisme en Belgique.

L’organisation reprenait là les chiffres résultant notamment d’une vaste enquête menée par l’Agence des droits fondamentaux auprès de 16 000 personnes juives en Europe, publiée en décembre dernier.

Au début du mois, le Premier ministre belge Charles Michel, interviewé par le magazine European Jewish Press, a réagi à ces chiffres.

Le responsable a ainsi regretté que les actes antisémites aient doublé en Belgique depuis l’année dernière, passant de 56 actes antisémites en 2017 à 101 en 2018.

« Après les Juifs de France, ce sont les Juifs de Belgique qui, en Europe, ressentent le plus d’hostilité envers eux, a déclaré Charles Michel. 81 % des répondants ont déclaré que l’espace public était l’endroit où ils ont reçu le plus d’hostilité au cours des cinq dernières années. »

« Ces insultes, cet harcèlement et cette violence peuvent entraîner la mort, comme lors de l’attaque antisémite au Musée juif de Bruxelles en 2014 », a-t-il déclaré.

Le responsable explique également que « certains de nos concitoyens ont fait le choix de l’expatriation, ne se sentant plus en sécurité dans leur propre pays ». Selon l’homme, « notre pays ne peut pas s’habituer à la haine ou à l’antisémitisme ».

« Le gouvernement fédéral a considérablement renforcé la sécurité de tous les lieux de la communauté juive, en particulier les écoles et les synagogues. Il a également combattu le négationnisme de l’Holocauste en durcissant ses peines », a-t-il ajouté.

« En tant qu’homme politique libéral et démocrate, je suis inquiet du nombre de Juifs qui préfèrent quitter l’Europe pour les États-Unis ou Israël parce qu’ils s’y sentent plus en sécurité et craignent de pratiquer leur religion ou de porter une kippa dans la rue », a déclaré Charles Michel.

Selon une autre étude du centre Kantor, 42 % des Juifs belges auraient songé à émigrer durant ces cinq dernières années. Selon la même étude,
39 % d’entre eux auraient été victimes d’actes à caractère antisémite l’année dernière.

« Avant 2000, on pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre d’incidents antisémites en Belgique », avait déclaré en février dernier Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, au journal L’Echo.

« Avant l’an 2000, on dénombrait entre 5 et 80 départs [de Juifs belges] par an, a-t-il ajouté. Depuis lors, nous sommes à 250 à 350 départs chaque année », s’est-il inquiété. « Sans compter les départs pour d’autres pays, comme les Etats-Unis. C’est un exode silencieux. Et je crains fort que nous ne soyons la dernière génération en Europe occidentale avec une communauté juive significative. »

L’étude de l’Agence des droits fondamentaux a également révélé qu’en Belgique 50 % des personnes interrogées (sur 1079 personnes) estimaient que l’hostilité envers les Juifs était un problème. 49 % déclaraient ne pas y voir un problème.

Environ 35 000 Juifs vivent dans le pays.

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