Conscription des Haredim : Raam n’offrira pas de « planche de salut » au gouvernement
Oppositions et pressions au sein de la coalition ; Yahadout HaTorah raille un rapport du Trésor
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Le député Raam Walid Taha a fait savoir mardi sur les ondes de Radio Al-Shams que son parti islamiste ne soutiendrait pas le projet de loi du gouvernement visant à réglementer l’enrôlement des ultra-orthodoxes, affirmant qu’il n’y aura « aucun scénario dans lequel Raam soutiendra, s’absentera, s’abstiendra ou agira d’une manière pouvant être interprétée comme une planche de salut pour le gouvernement », a rapporté le quotidien Haaretz.
Ce week-end, le parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a démenti ce week-end avoir pris contact avec le parti Raam de Mansour Abbas dans le but de convaincre le parti islamiste de voter en faveur de son projet de loi controversé.
« L’information diffusée par la chaîne N12 selon laquelle il y aurait eu des contacts ou des « tentatives » entre le Likud ou toute autre personne agissant en notre nom et le parti Raam au sujet de la loi sur la conscription est totalement erronée », a indiqué Guy Levy, porte-parole du Likud.
Ayman Odeh, chef de l’alliance radicale Hadash-Taal, un autre parti arabe, a pour sa part précisé que la position de son parti était « claire : nous voulons compliquer la tâche du gouvernement, nous voulons raccourcir son mandat. Tout ce qui peut contribuer à faire tomber le gouvernement, le Hadash-Taal le soutiendra ».
Par ailleurs, certains députés de la coalition qui ont publiquement fait part de leur opposition au projet de loi du gouvernement sur la conscription des ultra-orthodoxes ont été contactés par des membres de l’entourage de Netanyahu. Ceux-ci leur ont laissé entendre que, s’ils continuaient à s’opposer au projet de loi, ils s’exposaient à des conséquences, a rapporté le site d’information Walla.
Plusieurs députés de la coalition, notamment au sein du Likud au pouvoir, se sont en effet prononcés contre le projet de loi, semant ainsi le doute sur son adoption.
S’adressant au Times of Israel la semaine dernière, le député du Likud Yuli Edelstein, récemment limogé de son poste de président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset chargée d’élaborer le projet de loi, a mis en garde contre le fait que la coalition de Netanyahu était prête à exercer une pression importante sur les députés de la coalition qui s’opposent « fermement » à cette proposition controversée.
Interrogé pour savoir si lui-même ou l’un de ses collègues avait été menacé de cette façon, le député du Likud Dan Illouz, critique de la loi, a répondu au Times of Israel : « Je n’ai rien vu de tel. »
« Je n’ai pas été approché, et je n’ai pas entendu parler d’autres personnes qui l’auraient été. J’imagine qu’il y aura, appelez cela comme vous le préférez, des pressions, des menaces ou des choses de ce genre », a ajouté Illouz.
« Je suis convaincu qu’en politique, il est sain que les gens essaient de se convaincre mutuellement. Des gens ayant des opinions différentes essaieront de se convaincre mutuellement. Et oui, lorsque c’est le Premier ministre qui essaie de vous convaincre, il y a une certaine pression – je ne sais pas si je peux appeler cela ainsi, mais son statut donne un certain poids à ses positions -. Et donc, oui, il faut avoir les épaules solides pour pouvoir rester sur ses positions si l’on n’est pas convaincu. »
Un autre député a dit au Times of Israel n’avoir subi aucune pression. Toutefois, une source directement informée de la question a confirmé que certains opposants au projet de loi ont effectivement reçu des appels menaçants.
Par ailleurs, s’adressant à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député Yaakov Asher, du parti Yahadout HaTorah, a critiqué un récent rapport du ministère des Finances qui affirmait que le projet de loi n’entraînerait pas d’augmentation du nombre d’enrôlements, mais au contraire pourrait faire baisser le nombre de haredim rejoignant l’armée.
Selon Asher, qui représente la faction Degel HaTorah du parti haredi, si certains des arguments présents dans ce rapport sont fondés sur le domaine d’expertise du Trésor, à savoir l’économie, toutefois, « les conclusions qu’il tire sur les aspects sociaux et sécuritaires ne sont pas vraiment professionnelles ».
« Lorsque le Trésor détermine que les sanctions n’encourageront pas les jeunes haredim à s’enrôler, ou que la loi ne résoudra pas la pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans l’armée israélienne, il fait essentiellement une prévision psychosociale qui outrepasse son domaine d’expertise. Les évaluations du comportement communautaire, de la pression sociale ou des choix personnels des jeunes ne sont pas des formules budgétaires qui peuvent être calculées ; elles sont donc moins fiables », a-t-il fait remarquer, critiquant les députés de l’opposition pour qui cette analyse du ministère est à prendre pour argent comptant.
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