Covid: la plupart des morts avaient moins d’un an à vivre – chef de Shaare Zedek
Rechercher

Covid: la plupart des morts avaient moins d’un an à vivre – chef de Shaare Zedek

"Le coronavirus a été fatal" aux patients qui seraient décédés d'autres causes dans l'année, a estimé Ofer Merlin, dressant le bilan de la gestion de la pandémie dans son hôpital

Un petit groupe formé de membres de la famille et d'amis lors des funérailles du rabbin Ben-Zion Cooperstock, décédé des suites des complications d'une infection au coronavirus, à la maison funéraire Shamgar de Jérusalem, le 5 avril 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un petit groupe formé de membres de la famille et d'amis lors des funérailles du rabbin Ben-Zion Cooperstock, décédé des suites des complications d'une infection au coronavirus, à la maison funéraire Shamgar de Jérusalem, le 5 avril 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef d’un hôpital a déclaré que la plupart des patients ayant succombé à la Covid-19 dans son établissement avaient une espérance de vie d’environ un an.

« C’est le coronavirus qui leur a été fatal, mais pour être honnête, pour la plupart des patients décédés ici à Shaare Zedek, leur espérance de vie était d’un an, pas tellement plus », a déclaré Ofer Merin.

Près d’un Israélien sur dix décédé du coronavirus est mort au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, où Ofer Merin occupe le poste de directeur général. La quasi-totalité des victimes, dans l’hôpital, étaient âgées et présentaient d’autres pathologies, a-t-il dit au Times of Israël.

« La plupart des patients qui sont morts seraient peut-être vivants aujourd’hui, mais le coronavirus ne les a pas affectés différemment de la grippe », a-t-il affirmé, dressant un parallèle entre la Covid-19 et la grippe, qui frappent tous deux des personnes âgées présentant des pathologies antérieures.

« Nous n’avons pas perdu un seul patient qui soit une personne jeune et en bonne santé », a-t-il commenté.

Ofer Merin, directeur général de l’hôpital Shaare Zedek Medical à Jérusalem. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Actuellement, le bilan en Israël s’élève à 279 morts, et le ministère de la Santé a communiqué l’âge des 237 premières victimes. On y dénombre deux trentenaires, deux quarantenaires, sept cinquantenaires et 23 personnes sexagénaires. Les autres victimes étaient âgées d’au moins 70 ans, et l’âge moyen de ce groupe était de 81,3 ans. Ces données n’incluent pas l’existence d’antécédents médicaux.

Au centre médical Sheba de Ramat Gan, le médecin en chef Eyal Zimlichman a également fait état d’une incidence élevée d’autres maladies chez les patients décédés des suites de la Covid-19.

« L’écrasante majorité [des victimes] avaient des pathologies antérieures, plus de 95 % », a-t-il précisé au Times of Israël, ajoutant que l’âge moyen des victimes mortelles dans son hôpital oscillait entre 75 et 80 ans. Eyal Zimlichman a déclaré qu’il n’était pas en mesure d’estimer l’espérance de vie des patients qui sont décédés.

Les commentaires de ces médecins surviennent en plein débat sur la question de savoir si Israël a bien géré la crise du coronavirus, ou s’il a réagi de manière excessive.

En introduisant les restrictions sanitaires en mars, le Premier ministre israélien avait annoncé qu’il le faisait pour « sauver des dizaines de milliers de vies ». Pour certains, et notamment pour Moshe Bar Siman-Tov, qui a récemment démissionné du poste de directeur général du ministère de la Santé, le fait que le bilan en Israël soit si bas reflète la réussite de la stratégie. D’autres, comme Yaakov Litzman, qui était ministre de la Santé jusqu’à dimanche, affirment le contraire. Ce dernier a parlé dimanche dans une interview d’une « panique » « disproportionnée ».

Avec ses 279 victimes, Israël compte 32 décès par million de citoyens. La Suède, avec 3 743 morts, recense 371 décès par million de citoyens et le Royaume-Uni, avec 35 341 morts, en dénombre 521.

Un scénario digne d’un « film d’horreur » pour le personnel médical

Ofer Merin a également abordé durant son interview avec le Times of Israël la gestion de la pandémie par la direction générale de son hôpital.

« Si vous vouliez écrire le scénario d’un film d’horreur pour le personnel, c’est ce genre de film que vous écririez », a-t-il décrit, racontant la difficulté pour ses équipes de traiter une maladie qu’ils ne connaissent pas et ne savent pas soigner, et qui est hautement contagieuse pour eux.

Des soignants travaillant dans la nouvelle unité du COVID-19 à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 31 mars 2020. (Nati Shohat/FLASH90)

Le directeur, qui a fermé la plupart de ses unités Covid par manque de patients, pousse désormais un soupir de soulagement. Il a fermé la semaine dernière l’aile des urgences désignée pour les personnes contaminées et commence à recevoir les résultats des tests sérologiques, qui montrent que seuls 3 % des 4 500 membres du personnel ont contracté le virus.

« Ce chiffre constitue une réussite, parce que c’est une maladie contagieuse », s’est-il réjoui. « Les membres du personnel devaient travailler avec des patients atteints de la Covid-19, et avec ce risque, nous nous attendions à un niveau de contamination bien plus élevé ».

Un professionnel de santé reçoit un patient du coronavirus à l’hôpital Shaaré Zedek à Jérusalem, le 16 avril 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La statistique des 3 % a été calculée après des tests sanguins menés sur un employé sur neuf. Les tests montrent si le virus a été contracté quel que moment que ce soit en vérifiant la présence d’anticorps.

Avec près de 10 % du personnel mis en quarantaine à un moment donné, soit plus du triple de la proportion du personnel ayant contracté le virus, Ofer Merin en conclut que les règles d’isolement ont bien fonctionné pour freiner la contagion dans l’hôpital.

Il a déclaré que son établissement se préparait à affronter une éventuelle deuxième vague, peut-être en hiver. Il a ajouté que si la courbe n’est pas trop prononcée, son hôpital s’en sortira, bien qu’un nouveau pic pourrait présenter des difficultés, car « la capacité des hôpitaux est pleine, surtout en hiver ».

Parlant de manière générale des hôpitaux israéliens, Ofer Merin a commenté : « Nous n’avons pas beaucoup d’espace, c’est la vérité. Si nous regardons des pays comme le Japon, la capacité est meilleure ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...