De la gauche à la droite, les Israéliens se méfient de Trump, ‘l’opportuniste’
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De la gauche à la droite, les Israéliens se méfient de Trump, ‘l’opportuniste’

Certains Israéliens apprécient la franchise du républicain mais d'autres pensent qu'il est indigne de confiance

Donald Trump servant en tant que grand maréchal du Salute Israel Parade à New York, le 23 mai 2004 (Crédit : Ron Antonelli / NY Daily News Archive via Getty Images via JTA)
Donald Trump servant en tant que grand maréchal du Salute Israel Parade à New York, le 23 mai 2004 (Crédit : Ron Antonelli / NY Daily News Archive via Getty Images via JTA)

JTA – Il est franc. Il est grossier. Il est faux. Ce n’est pas un homme de paix.

De la gauche à la droite, des religieux aux laïcs, des Arabes aux Juifs, les Israéliens n’utilisent pas vraiment des qualificatifs aimables pour décrire Donald Trump, le candidat à l’investiture républicaine en vue des élections présidentielles américaines.

Dans des interviews publiées cette semaine, plusieurs éminents Israéliens ont décrit Trump comme un opportuniste et un démagogue dont les convictions politiques sont difficiles à cerner.

« En tant qu’Israéliens, nous le regardons et rions un peu », a déclaré Ronen Shoval, le fondateur de l’organisation de droite Im Tirtzu. « Il a l’air faux. Les hommes en Israël ne se teignent pas leurs cheveux comme ça. Il semble qu’il ait fait de la chirurgie plastique ».

Trump, qui a présenté lundi soir un discours à la conférence annuelle du Comité American Israel Public Affairs (AIPAC) à Washington a exaspéré beaucoup de personnes de la communauté pro-Israël avec sa promesse d’être « neutre » sur le conflit israélo-palestinien et ses doutes quant à l’engagement d’Israël pour la paix.

Trump a souligné son rôle, lorsqu’il occupait le poste de grand maréchal du Salute to Israel Parade de New York en 2004 et qu’il a une fille juive orthodoxe et des petits-enfants pour prouver son engagement pro-Israël.

Dans son discours à l’AIPAC, il semblait essayer d’apaiser les craintes en affirmant aux 18 000 délégués de la conférence pro-israélienne que « les Palestiniens doivent venir à la table [des négociations] en sachant que le lien entre les Etats-Unis et Israël est incassable ».

Ronen Shoval, le leader de droite groupe Im Tirtzu, le 20 novembre 2013 (Crédit : Flash90)
Ronen Shoval, le leader de droite groupe Im Tirtzu, le 20 novembre 2013 (Crédit : Flash90)

Selon un sondage mené en février par l’Institut de la démocratie d’Israël, les trois cinquièmes des Juifs israéliens ont déclaré qu’une administration Trump serait favorable à Israël.

Une autre enquête menée par le site Walla a constaté que les Israéliens préféraient la candidate à l’investiture démocrate Hillary Clinton par rapport à Trump avec 38 % pour Clinton contre 23 % pour Trump. L’opposant de Clinton, Bernie Sanders, qui est juif, a reçu 7 % de soutien, tandis que les républicains Ted Cruz et Marco Rubio ont reçu 5 % et 4 %, respectivement. Quelque 23 % des Israéliens sondés n’ont pas choisi un candidat.

Comme beaucoup d’Américains inquiets par ce qui s’apparente à une exhortation à la violence de Trump lors de ses rassemblements et son soutien parmi les suprémacistes blancs, les Israéliens qui ont parlé au JTA se sont davantage concentrés sur le caractère du candidat plutôt que d’évoquer spécifiquement ses politiques.

Certains Israéliens ont salué la volonté de Trump de parler franchement, peu importe les conséquences. Shoval a expliqué que Trump lui rappelait que l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, un autre politicien connu pour son franc parler qui a été accusé de racisme pour avoir déclaré que les Arabes israéliens devraient vivre dans un Etat palestinien lorsqu’un futur accord de paix serait signé.

Mais d’autres craignent que les convictions, qui semblent improvisées, de Trump puissent changer une fois qu’il sera élu.

« Il donne le sentiment que finalement, il y en a assez du politiquement correct, il y en assez de l’establishment », a déclaré l’éminent religieux-sioniste, le rabbin Yuval Cherlow, au JTA.

« Le problème est qu’il ne donne pas le sentiment que vous pouvez lui faire confiance », a déclaré Cherlow. « Vous ne pouvez pas savoir s’il va faire ce qu’il dit. Rien ne l’y oblige ».

Le député Oren Hazan assiste à une réunion de la commission des Finances de la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit photo: Miriam Alster / FLASH90)
Le député Oren Hazan assiste à une réunion de la commission des Finances de la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit photo: Miriam Alster / FLASH90)

A gauche, les Israéliens sont tout aussi méfiants – et moins épris par sa franchise. Le journaliste, Nahum Barnea, a écrit que Trump est une menace pour les valeurs démocratiques de l’Amérique et il l’a comparé à Oren Hazan, un député du Likud au cœur d’un scandale pour ses actions quand il dirigeait un casino en Bulgarie, où il amenait des clients aux prostituées et ainsi que de la drogue.

Parlant au JTA, Barnea a déclaré que Trump pourrait être dangereux pour la relation américano-israélienne parce qu’il est moins connu que Clinton et a des liens plus faibles avec la communauté pro-Israël d’Amérique.

« Je pense que Trump est imprévisible et non engagé », a affirmé Barnea au JTA. « Hillary Clinton est prévisible et obligée [par ses déclarations]. Le Premier ministre d’Israël se sentira plus à l’aise avec un président dont il peut prévoir les actions ».

Selon Shoval, les Israéliens regardent la cohérence idéologique des candidats et a suggéré que les électeurs du Likud préféreraient Ted Cruz, le sénateur conservateur du Texas et le concurrent le plus proche de Trump pour l’investiture républicaine.

« La société israélienne est très idéologique et Trump est considéré en Israël comme un opportuniste et non un idéologue », a déclaré Shoval.

Les Arabes israéliens semblent être encore moins séduits par le phénomène de Trump que leurs voisins juifs. Près de la moitié ont déclaré à l’Institut de la démocratie d’Israël qu’ils « ne savaient pas » si Trump serait favorable à Israël. Parmi les quelque 100 Arabes israéliens qui ont été interrogés par Walla en mars, seulement 7 % soutenaient Trump.

« Du point de vue des citoyens palestiniens qui vivent en Israël, il va tout simplement rendre la situation encore plus extrême », a déclaré le journaliste Ghada Zoabi, qui dirige le site Web d’actualités israélo-arabe Bokra. « Il ne prendra pas un rôle positif pour conduire à la paix. Ce n’est pas un homme de paix. Il veut célébrer le conflit existant ».

Yisrael Friedman, le rédacteur en chef de Yated Neeman, une importante publication orthodoxe haredi, a déclaré que les Israéliens orthodoxes ont pour la plupart ignoré la campagne Trump car ils ont la conviction que Dieu – et non pas le président – contrôle les affaires de l’Etat.

« L’Amérique semble être devenu fou », a déclaré Friedman, ajoutant que la popularité de Trump mériterait un examen psychiatrique. Mais il a dit que seul Dieu sait quel candidat serait le mieux pour les Juifs.

« Dieu va jouer avec lui comme avec une marionnette s’il est élu », a déclaré Friedman. « A ce stade, je prie simplement pour ce qui sera le mieux pour le peuple juif. Qu’est-ce qui est juste et bon, je ne le sais pas ».

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