Des manifestants anti-Netanyahu agressent une équipe d’une chaîne TV de droite
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Des manifestants anti-Netanyahu agressent une équipe d’une chaîne TV de droite

L'Union des journalistes a dénoncé l'incident survenu lors d'un rassemblement à Tel Aviv ; les Drapeaux noirs remettent en cause le contexte de l'attaque, réclamant une enquête

Des manifestants anti-Netanyahu perturbent la diffusion d'un programme de la Vingtième chaîne sur la place Habima de Tel Aviv, le 29 septembre 2020 (Capture d'écran : Twitter)
Des manifestants anti-Netanyahu perturbent la diffusion d'un programme de la Vingtième chaîne sur la place Habima de Tel Aviv, le 29 septembre 2020 (Capture d'écran : Twitter)

Une équipe de télévision a été agressée, mardi soir, par des manifestants antigouvernementaux à Tel Aviv. Une protection policière s’est avérée nécessaire pour assurer la poursuite de la diffusion du programme.

La Vingtième chaîne, une petite chaîne de droite présentée comme une alternative aux médias « gauchistes » dominants, a fait savoir que sa diffusion d’un programme consacré aux manifestations contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, place Habima, avait été perturbée.

Cette rixe – au cours de laquelle un journaliste de la chaîne aurait donné des coups de tête à un manifestant – a été condamnée par l’Union des journalistes et par les politiciens de droite au sein de l’Etat juif. Le groupe organisateur du rassemblement, les Drapeaux noirs, a pour sa part attiré l’attention sur les coups de tête écopés par un protestataire, recommandant vivement à la police d’ouvrir une enquête.

Les images partagées par la Vingtième chaîne sur les réseaux sociaux montrent les manifestants entourant les intervenants et les journalistes de ce programme, criant et refusant de les laisser continuer à diffuser ce dernier. Elles sont émaillées de scènes de violences occasionnelles.

Après que les policiers ont repoussé les participants, ces derniers continuent à crier et à se rapprocher, soufflant dans des cornes de brume pour perturber le travail de l’équipe.

D’autres images montrent Boaz Golan, journaliste de la chaîne, aux prises avec un manifestant, lui donnant des coups de tête avant de s’éloigner. Il est difficile de dire à quel moment est survenu cet incident.

« La Vingtième chaîne exprime son choc face à l’attaque violente commise à l’encontre de l’équipe de la chaîne pendant la diffusion d’un programme réalisé sur la place Habima de la part de manifestants des Drapeaux noirs », a fait savoir la chaîne dans un communiqué. « La chaîne demande à ce que la police traduise les agresseurs en justice ».

L’Union des journalistes, pour sa part, a déclaré « condamner les violences perpétrées aujourd’hui contre la Vingtième chaîne sur la place Habima. Les journalistes et les médias mènent une mission importante en cette période complexe et ils doivent pouvoir la réaliser sans craintes ».

Plusieurs députés du parti du Likud de Netanyahu ont, eux aussi, condamné les manifestants.

Le mouvement des Drapeaux noirs, pour sa part, a indiqué que « la vidéo montrant Boaz Golan en train de donner des coups de tête à un citoyen venu pour protester contre sa culture du mensonge, à l’aide de coups de tête qui ont rappelé celui qui avait été donné par [Zinedine] Zidane à [Marco] Materazzi, déshonore le monde du journalisme. Nous appelons la police à ouvrir une enquête et à traduire M. Golan devant les tribunaux ».

Ce commentaire faisait référence à un incident devenu célèbre, survenu au cours de la finale de la Coupe du monde, en 2006, lors duquel la star Française Zidane avait donné un coup de tête à l’un des membres de l’équipe adverse, un défenseur italien.

Des Israéliens manifestent contre le gouvernement aux abords du siège de la police israélienne dans le district de Tel Aviv, le 29 septembre 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La Knesset a adopté une mesure controversée qui prévoit de restreindre les manifestations publiques dans le cadre des directives prises dans un contexte de crise due au coronavirus aux premières heures de la journée de mercredi, après une session parlementaire qui a duré toute la nuit et lors de laquelle l’opposition a fustigé le gouvernement qui a été accusé de nuire à la démocratie.

Cette mesure vient amender une législation existante en donnant au gouvernement le pouvoir d’interdire aux Israéliens les déplacements de plus d’un kilomètre au-delà de leurs habitations pour se rendre à une manifestation. Elle prévoit également la limitation des rassemblements en plein air à un maximum de 20 personnes, étouffant de facto les importants mouvements de protestation hebdomadaires organisés aux abords de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Mardi, le parti du Likud de Netanyahu avait abandonné les réserves qu’il avait émises sur la loi, autorisant ainsi son avancée. La formation au pouvoir avait réclamé que l’interdiction des rassemblements de masse – et notamment les regroupements anti-Netanyahu qui ont eu régulièrement lieu dans tout le pays – reste en vigueur après la levée du confinement national qui est actuellement mis en place.

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