Des semaines après avoir fustigé le Sénégal et le Venezuela pour la résolution 2334, Israël tente de rétablir les liens
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Des semaines après avoir fustigé le Sénégal et le Venezuela pour la résolution 2334, Israël tente de rétablir les liens

Le ministère des Affaires étrangères publie sa feuille de route officielle pour 2017-18. Curieusement, elle n’évoque que brièvement les nouvelles alliances régionales dont Netanyahu fait tant l'éloge

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec une délégation de jeunes dirigeants d'Allemagne au ministère des Affaires étrangères, le 3 décembre 2015. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec une délégation de jeunes dirigeants d'Allemagne au ministère des Affaires étrangères, le 3 décembre 2015. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Renforcer le partenariat avec les États-Unis, élargir les liens économiques avec l’Eurasie, relancer les relations diplomatiques avec Cuba et le Venezuela, surveiller l’implication de la Russie au Moyen-Orient et empêcher l’Union européenne de lier l’approfondissement des relations bilatérales au progrès du processus de paix : voici quelques-uns des objectifs listés dans le programme du ministère des Affaires étrangères pour les deux prochaines années, tandis que l’establishment de la politique étrangère d’Israël se prépare pour ce qu’il prédit comme étant une période « difficile » pour l’État juif.

Le gouvernement a publié cette semaine un vaste plan de travail de 760 pages qui énonce les objectifs des différents ministères et organismes gouvernementaux pour 2017-18, parfois de manière très détaillés. Chose frappante, seulement 8 des 760 pages sont consacrées au ministère des Affaires étrangères.

Ils contiennent quelques objectifs étonnants et éclairent les sujets sur lesquels le ministère envisage d’accorder une importance particulière, pendant, d’après ce que son directeur estime, une année importante pour Israël, car le pays célébrera d’importantes dates historiques et sera témoin de changements majeurs à l’échelle mondiale.

Bizarrement, l’un des pays avec lequel on compte sur une amélioration des liens est le Sénégal. Israël avait annulé son programme d’aide et avait rappelé son ambassadeur, après que le Sénégal a co-présenté la résolution anti-implantation en décembre au conseil de Sécurité de l’ONU.

Suite au vote de cette résolution, Israël a par la suite décidé de ne pas renvoyer un envoyé permanent au Sénégal. De façon tout aussi bizarre, un autre des quatre pays qui ont présenté la résolution et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a si violemment fustigé en décembre, le Venezuela, est également cité comme un pays avec lequel on veut rétablir les relations diplomatiques.

Curieusement, le plan de travail mentionne à peine la pièce maîtresse de l’objectif diplomatique de Netanyahu : que les Etats sunnites, qui partagent les préoccupations d’Israël sur l’Iran, sont de nouveaux partenaires potentiels pour Israël et pourraient aider à faire progresser les choses sur le front israélo-palestinien.

« 2017 sera une année charnière pour l’environnement de travail mondial dans lequel le ministère des Affaires étrangères fonctionne », a écrit le directeur général Yuval Rotem dans l’introduction de sa section. (La plupart des chapitres du livre sont préfacés par les ministres et les directeurs généraux respectifs, mais comme le ministère des Affaires étrangères n’a pas de ministre à plein temps – avec Netanyahu qui occupe le poste – seul le texte introductif de Rotem apparaît).

« Des changements importants se produisent dans la carte du leadership mondial », qui exige d’Israël d’être bien préparé, a écrit Rotem, se référant principalement à la nouvelle administration et au nouveau Congrès aux États-Unis, mais aussi en référence aux prochaines élections dans d’autres pays clés. Cette année, des élections auront lieu en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et chez d’autres alliés israéliens importants.

« Ce sera aussi une année stimulante, car elle marque le cinquantième anniversaire d’événements historiques de l’Histoire du pays », poursuit Rotem. « Nous célébrerons la gloire et le progrès technologique d’Israël et nous ferons face à ses critiques dans des contextes historiques, géopolitiques et juridiques ».

En 2017, le monde marquera non seulement le demi-centenaire de la guerre des Six Jours, mais aussi les 120 ans du Premier Congrès Sioniste, les 100 ans de la Déclaration de Balfour, les 70 ans du Plan de partition des Nations unies et les cinq ans de l’acceptation de l’Assemblée de l’ONU de la Palestine comme un État observateur non membre.

Le ministère des Affaires étrangères n’est pas seulement confronté à des défis diplomatiques, mais aussi internes, car son syndicat menace d’appeler à une grève générale en raison d’un conflit avec le Trésor sur les salaires des diplomates et leurs conditions de travail.

Après des mois de négociations infructueuses, les diplomates frustrés ont gelé la participation du ministère au projet du gouvernement d’amener des travailleurs en bâtiment chinois et portugais en Israël. Le syndicat a meancé d’entrer maintenant en grève total sans préavis et de geler les activités à Jérusalem et de toutes les missions à l’étranger si ses exigences n’étaient pas satisfaites.

Des employés du ministère des Affaires étrangères manifestant à Jérusalem le 24 mars 2014. Le panneau dit : "En grève ici" (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Des employés du ministère des Affaires étrangères manifestant à Jérusalem le 24 mars 2014. Le panneau dit : « En grève ici » (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le plan de travail du gouvernement [en hébreu] pour 2017/18 a été dévoilé lors de la réunion du cabinet de dimanche. Il a été décrit par les responsables gouvernementaux comme un modèle pour une bureaucratie plus efficace.

« Il faut comprendre que nous gérons le gouvernement et l’économie ici d’une manière relativement innovatrice, qui se distingue avec certitude des autres pays du monde », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous fixons des objectifs quantitatifs pour les ministères et il est beaucoup plus facile d’atteindre un certain but quand vous savez où vous allez », a-t-il souligné. « C’est ainsi que vous dirigez une entreprise. C’est aussi la façon dont vous gérez un pays ».

Eli Groner, le directeur général du cabinet du Premier ministre, était chargé de la rédaction du document. « C’est un ensemble de buts les plus axés sur les résultats pour tous les organismes gouvernementaux de tout l’histoire de l’Etat d’Israël », a-t-il déclaré au Times of Israel cette semaine. « Le fait que nous ayons un budget de deux ans permet également à divers organismes de déterminer stratégiquement où ils veulent être à la fin de l’année 2018 ».

Eli Groner, directeur général du bureau du Premier ministre, le 26 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Eli Groner, directeur général du bureau du Premier ministre, le 26 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Ce que Groner dit sonne vrai pour certains ministères, qui ont fourni une quantité impressionnante de données et qui ont élaboré un compte-rendu détaillé des objectifs qu’ils cherchent à atteindre dans les années à venir. Le chapitre du ministère de l’Éducation, par exemple, fait 30 pages. Celui du ministère de la Sécurité intérieure fait 34 pages. Même les ministères de la Coopération régionale et de Jérusalem et du Patrimoine ont des entrées plus détaillées que le ministère des Affaires étrangères.

Les huit pages du ministère des Affaires étrangères qui détaillent les objectifs pour 2017/18 est divisée en 12 catégories, qui ont chacune plusieurs sous-catégories. Le premier chapitre est consacré à la « préservation de la coopération stratégique avec les États-Unis et au renforcement de cette coopération comme un ancrage central dans la politique étrangère d’Israël et la sécurité nationale, tout en créant un programme commun avec la nouvelle administration et le Congrès ».

La formulation d’un « programme commun » avec Washington et le maintien du soutien bipartisan à Israël sont énumérés comme les principaux objectifs politiques. Y est également mentionné la consolidation du lien des Juifs américains avec l’État juif. Le ministère cherche également à « continuer à développer un dialogue avec diverses populations », comme les libéraux, les laïcs et les jeunes Américains, ainsi que les minorités.

Un programme commun, le développement durable et les énergies renouvelables

Le deuxième point de la liste parle, de façon quelque peu mystérieuse, de la « réalisation du potentiel des relations d’Israël avec des partenaires et des acteurs clés, anciens et nouveaux » pour promouvoir l’intégration israélienne dans les tendances et les processus mondiaux. Ces points qui décrivent ce chapitre abordent la création « de programmes communs sur une base mutuelle, de développement durable, d’énergies renouvelables, et l’augmentation de l’aide au développement israélien pour s’aligner sur les normes internationales.

La troisième priorité politique du ministère est de « faire progresser les différents aspects de la sécurité nationale ». Cela comprend de veiller à ce que l’Iran ne viole pas l’accord nucléaire qu’elle a signé avec les six puissances mondiales en 2015 et d’empêcher le régime de financer la terreur à travers le monde.

Près de 80 % des problèmes de sécurité d’Israël émanent de l’Iran, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères Netanyahu, lors d’une de ses rares visites au ministère des Affaires étrangères.

Selon le plan de travail, les diplomates israéliens promettent de mettre en place des « pressions politiques » sur le Hezbollah et le Hamas et de sauvegarder les lignes rouges d’Israël concernant la guerre syrienne (bien qu’il ne soit pas précisé comment cela se ferait).

Célébrez la force et le succès de l’État d’Israël

Le point suivant de l’ordre du jour est consacré à la réputation d’Israël. Par exemple, le ministère envisage de promouvoir le « récit sioniste » et de « célébrer la force et le succès de l’État d’Israël », en particulier grâce aux divers anniversaires qui seront célébrés cette année.

Pour protéger la bonne réputation d’Israël à une époque où le mot « occupation » est susceptible d’être lancé à tout va, les diplomates se préparent à « créer des canaux de communication et des partenariats avec la société civile et divers pays, en particulier avec la jeune génération ». Les valeurs fondamentales de l’Etat juif doivent être soulignées dans le but de créer une image positive.

De plus, le ministère s’engage à faire sa part d’effort dans la lutte nationale contre la délégitimation, les boycotts, l’antisémitisme et l’incitation à la haine en ligne. Il s’engage à élaborer une feuille de route pour lutter contre la haine juive en Europe et en Amérique latine et pour aider les communautés locales à faire face aux menaces.

Les diplomates s’engagent également à nouer le contact auprès de jeunes juifs de la diaspora et avec les divers courants religieux juifs et à approfondir le dialogue interreligieux.

Mahmoud Abbas à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre 2014 (Crédit photo: Timothy A. Clary/ AFP)
Mahmoud Abbas à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2014 (Crédit photo: Timothy A. Clary/ AFP)

Le cinquième point du programme du ministère des Affaires étrangères porte sur l’amélioration du statut d’Israël à l’ONU. Cela inclut non seulement le blocage des efforts pour imposer des solutions au conflit israélo-palestinien, mais aussi de demander à l’organisation de nommer plus d’Israéliens à des postes de direction et de reconnaître l’importance de Jérusalem et de ses sites saints juifs pour les Israéliens. En outre, Israël veut accroître la lutte contre l’antisémitisme et pour la mémoire de l’Holocauste dans les forums mondiaux.

Les six points suivants sont consacrés aux régions géographiques : l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Océanie, l’Eurasie, l’Amérique latine et les Caraïbes et le Moyen-Orient.

Naturellement, chaque région a son propre ensemble de défis et de priorités, même si la feuille de route ne fournit pas une analyse approfondie de ce qui doit être fait.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu montre sa carte des relations d'Israël avec le monde, lors d'une session avec la Commission de contrôle d'Etat de la Knesset, le 25 juillet 2016. A son côté, la présidente de la commission Karin Elharar de Yesh Atid (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu montre sa carte des relations d’Israël avec le monde, lors d’une session avec la Commission de contrôle d’Etat de la Knesset, le 25 juillet 2016. A son côté, la présidente de la commission Karin Elharar de Yesh Atid (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En Europe, par exemple, le ministère vise à contrecarrer les mouvements palestiniens au Parlement européen et à lutter contre les positions anti-israéliennes en renforçant les liens avec les pays amis, en particulier les plus grands : l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne.

Dans le même temps, Jérusalem cherche à empêcher l’UE et certains pays européens à « relier le rythme des progrès au processus de paix à l’évolution des liens directs avec Israël ».

Ce point « l’objectif 6.2 » est un aveu révélateur de la crainte du ministère que les désaccords sur la question palestinienne puissent nuire aux relations bilatérales d’Israël. Cela semble contredire de manière frontale l’affirmation souvent faite par Netanyahu que les nations du monde sont si désireuses de coopérer avec Israël qu’elles sont disposées à oublier les Palestiniens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les dirigeants d'Afrique de l'Est, à Entebbe, en Ouganda, le 4 juillet 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les dirigeants d’Afrique de l’Est, à Entebbe, en Ouganda, le 4 juillet 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

L’Afrique est depuis longtemps l’un des objectifs de la politique étrangère de Netanyahu et la feuille de route pour les années à venir prévoit neuf pays cibles : l’Éthiopie, le Sénégal, le Rwanda, la Tanzanie, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)
Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)

Il est quelque peu surprenant de voir le Sénégal dans cette liste puisque Netanyahu a décidé de geler les liens avec ce pays de majorité musulmane en ne renvoyant pas d’ambassadeur permanent d’Israël là-bas. L’ambassadeur d’Israël au Sénégal avait été rappelé pour protester contre le soutien de Dakar à la résolution 2334 du Conseil de sécurité en décembre.

Parmi les autres buts pour le continent figurent le (ré)-établissement de relations diplomatiques avec les pays et l’obtention du statut d’observateur auprès de l’Union africaine.

Développer les liens d’Israël avec l’Inde et la Chine

La section sur l’Asie et l’Océanie désigne la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, l’Australie, le Japon et le Vietnam comme les « pays prioritaires ». Israël entend négocier la création de zones de libre échange avec Pékin, Séoul, New Delhi et Hanoi et de signer des accords pour faire venir des travailleurs dans le bâtiment de Chine et des aides-soignantes pour les personnes âgées des Philippines.

« Les plus grands marchés sont en Asie. Je veux que cela se traduise par l’expansion des liens d’Israël avec l’Inde et la Chine », a déclaré Netanyahu lundi, ajoutant qu’il avait chargé le ministère des Affaires étrangères de créer deux nouveaux bureaux : un bureau chinois et un bureau indien.

« Cela montre l’importance que nous accordons à ces deux grandes puissances. Il y a beaucoup de travail à faire et il y a les murs de la bureaucratie qui doivent être brisés et c’est très, très important ».

Netanyahu devrait se rendre en Chine la semaine prochaine. Son ami Narendra Modi devrait devenir le premier Premier ministre indien à se rendre en Israël en juillet.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le Premier ministre indien Narendra Modi lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, COP21, au Bourget, le 30 novembre 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le Premier ministre indien Narendra Modi lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, COP21, au Bourget, le 30 novembre 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

En 2017, Jérusalem célèbre les 25 ans de ses relations diplomatiques avec la Chine et l’Inde, les 55 ans de ses relations diplomatiques avec la Corée du Sud et les 65 ans de relations diplomatiques avec le Japon, et les 100 ans où les Australiens ont combattu pendant la bataille de Beer Sheva.

Les événements marquant ces dates seront utilisés pour améliorer la réputation d’Israël, « en mettant l’accent sur le ‘pouvoir doux’ d’Israël – une puissance technologique dans l’innovation, la créativité, le recherche et le développement, le milieu universitaire et la recherche ».

En Eurasie, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que la Russie, le Kazakhstan, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Serbie sont des « pays clés » avec lesquels il cherche à développer les liens économiques. Israël veut également négocier un accord de libre-échange avec le Conseil économique eurasien qui, outre Moscou et Astana, comprend également la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan.

Diplomatiquement, l’accent est mis sur la Russie, qui joue « un rôle central dans l’environnement politique et stratégique d’Israël », dans la région. La feuille de route ne mentionne pas explicitement les alliances de Moscou avec la Syrie et l’Iran, et déclare simplement qu’Israël continuera à surveiller « tout ce qui est lié avec la politique de la Russie au Moyen-Orient ».

Le président iranien Hassan Rouhani, à droite, avec son homologue russe Vladimir Poutine à Téhéran, le 23 novembre 2015. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani, à droite, avec son homologue russe Vladimir Poutine à Téhéran, le 23 novembre 2015. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Netanyahu a rencontré le président russe Vladimir Poutine jeudi à Moscou. « La Syrie et l’effort pour formuler un accord seront au centre de notre conversation », avait-il déclaré dimanche à son cabinet.

« Dans le contexte de cet accord, ou sans cela, l’Iran tente de s’établir en permanence en Syrie, avec une présence militaire sur le terrain et en mer et met aussi en place une tentative progressive d’ouvrir un front contre nous dans le plateau du Golan », a-t-il ajouté. Il a expliqué qu’il s’opposera fermement à cette possibilité lors de sa rencontre au Kremlin.

En Amérique latine, Jérusalem vise à se concentrer sur le renforcement des liens économiques, ce qui inclut la négociation d’accords commerciaux avec le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Panama et d’autres. Il est intéressant de noter que le ministère des Affaires Etrangères veut aussi « faire des efforts pour renouveler les relations diplomatiques avec les quatre pays qui les ont séparés » : Cuba, le Nicaragua, le Venezuela et la Bolivie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) en Jordanie avec le roi Abdallah II (Crédit : Kobi Gideon/GPO/FLASH90)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) en Jordanie avec le roi Abdallah II (Crédit : Kobi Gideon/GPO/FLASH90)

Ironiquement, étant donné que Netanyahu souligne sans relâche le potentiel ostensible d’un réchauffement spectaculaire des liens régionaux, la section de la feuille de route sur les objectifs d’Israël dans sa propre région est la plus petite, avec seulement quatre points. Ces points incluent « le maintien et le renforcement des partenariats avec l’Egypte et la Jordanie », l’approfondissement de la coopération régionale et l’amélioration du profil régional d’Israël.

En outre, le ministère des Affaires étrangères s’engage à poursuivre « le développement et le positionnement de la contribution d’Israël en tant que facteur régional de stabilisation à l’égard de ses voisins, et les implications de cette implication régionale concernant la position d’Israël dans la communauté internationale ».

Israël s’emploiera en outre à garantir l’engagement continu envers les forces internationales de maintien de la paix au Moyen-Orient.

Le douzième et dernier point de l’ordre du jour porte sur les défis intra-ministériels. Les diplomates s’engagent à améliorer leur préparation en cas d’urgence ici et à l’étranger, à améliorer les services consulaires pour les citoyens israéliens. Ils promettent de rationaliser les processus bureaucratiques internes.

Dans l’intérêt des relations internationales et de la sécurité nationale d’Israël, il faut espérer que le ministère des Affaires étrangères parvienne à mettre en œuvre au moins une partie de cette feuille de route ambitieuse, bien que non spécifique. S’il n’y a pas de grève, bien entendu.

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