Des vues imprenables de la ville de Goliath montrent son importance stratégique
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Des vues imprenables de la ville de Goliath montrent son importance stratégique

L'ascension rocailleuse de Tel Tzafit, qui serait la ville biblique de Gath, est parsemée de feuillages multicolores et mène à un point de vue panoramique sur toute la Terre sainte

  • La montée rocailleuse vers Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    La montée rocailleuse vers Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Le panorama depuis le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Le panorama depuis le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Le site de fouilles de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Le site de fouilles de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Les falaises blanches sous le site de la Blanche Garde à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Les falaises blanches sous le site de la Blanche Garde à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Des moutons paissent tandis que des aigrettes sont sur leur dos dans les pâturages en contrebas de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Des moutons paissent tandis que des aigrettes sont sur leur dos dans les pâturages en contrebas de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Les falaises blanches sous le site de la Blanche Garde à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Les falaises blanches sous le site de la Blanche Garde à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Un Chardon-Marie rencontré le long du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Un Chardon-Marie rencontré le long du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Le début du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Le début du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Le jujube d'épine du Christ au début du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Le jujube d'épine du Christ au début du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Les falaises blanches sous le site de la Blanche Garde à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Les falaises blanches sous le site de la Blanche Garde à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Fouilles en cours à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Fouilles en cours à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Fleurs parsemant le chemin vers le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    Fleurs parsemant le chemin vers le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • L'arum de Palestine peut être trouvé près de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
    L'arum de Palestine peut être trouvé près de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)
  • Un panneau au sommet de Tel Tzafit indique toutes les anciennes villes d'importance stratégique : Gaza, Ashkelon, Ashdod, et Ekron. (Shmuel Bar-Am)
    Un panneau au sommet de Tel Tzafit indique toutes les anciennes villes d'importance stratégique : Gaza, Ashkelon, Ashdod, et Ekron. (Shmuel Bar-Am)

Dans un article de 2008, le New York Times faisait état d’une découverte archéologique inhabituellement intéressante : l’enterrement de 10 ânes dans un complexe funéraire vieux de 3 000 ans au sud du Caire.

« Quand on sait que les ânes étaient vénérés dans le monde antique, ce n’est pas vraiment surprenant », note le Dr. Aren Maeir, directeur des fouilles à Tel Tzafit, que beaucoup considèrent comme la ville philistine de Gath dans la Bible.

En fait, ajoute Maeir, des restes d’ânes amenés d’Égypte en terre d’Israël ont également été trouvés dans les fouilles de Tel Tzafit. Les bêtes de somme peuvent être aussi adorables que les chiens, et les ossements d’ânes de Tel Tzafit ont été découverts enterrés avec respect sous des maisons datant de plusieurs milliers d’années.

Les Philistins ont vraisemblablement navigué vers la terre d’Israël au 13e siècle avant notre ère et se sont mêlés aux autochtones. Outre leur type de poterie spécifique, les Philistins avaient des habitudes alimentaires qui différaient de celles des habitants avec lesquels ils partageaient leurs colonies. Par exemple, les Philistins appréciaient apparemment le jambon et le porc, car ils importaient des porcs en terre d’Israël. Ils cuisinaient également avec des plantes dont les mérites nutritionnels n’avaient pas encore été découverts par les autres habitants de ces terres.

Le panorama depuis le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Cinq villes habitées principalement par des Philistins sont mentionnées dans la Bible : Ashkelon, Gaza et Ashdod sur la côte, Ekron et Gath dans l’arrière-pays. Gath est la plus célèbre d’entre elles, car c’est là que vivait Goliath, le géant abattu par la fronde du jeune David dans la vallée d’Elah. Et aussi, bien sûr, parce que David s’est installé à Gath pour fuir la colère du roi Saül.

Un panneau au sommet de Tel Tzafit indique toutes les anciennes villes d’importance stratégique : Gaza, Ashkelon, Ashdod, et Ekron. (Shmuel Bar-Am)

Cependant, alors que le nom de Gath apparaît dans des dizaines de passages bibliques, il disparaît soudainement des pages du livre. C’est parce que Gath a été anéantie par le roi Hazaël de Damas au 8e siècle avant notre ère (2 Rois 12:17).

À son apogée, cependant, Gath était la plus grande ville de la terre d’Israël. C’est aussi l’un des plus grands sites archéologiques du pays. Les fouilles dirigées par Maeir à Tel Tzafit étaient en cours depuis près de 25 ans lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé et qu’elles ont dû être interrompues.

Le site de fouilles de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Aujourd’hui, Tel Tzafit, entre Ashkelon et Beer Sheva, est un parc national, avec un sentier circulaire bordé de végétation naturelle et d’une variété de fleurs sauvages, d’animaux et d’oiseaux.

Bien que la montée et la descente soient rocailleuses et puissent être difficiles, même avec des bâtons de randonnée, l’effort en vaut la peine si vous pouvez faire la promenade. Le sommet de la colline donne une vue rare et imprenable sur Israël, de Ramallah au nord à Gaza au sud, à l’est jusqu’aux collines centrales, en passant par Hébron au sud-est, et jusqu’à Tel Aviv et la mer Méditerranée à l’ouest.

La montée rocailleuse vers Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Cette vue stupéfiante explique l’importance stratégique que chacune des villes susmentionnées avait pour cet endroit, puisque ses occupants commandaient des parties importantes de la plaine côtière, des contreforts de la Judée et des carrefours importants du nord au sud et d’est en ouest.

De plus, la terre y est riche et fertile, avec de l’eau en abondance, en partie fournie par le fleuve Elah. La vie à Gath était agréable, car la ville natale de Goliath était une grande ville prospère, un centre commercial important qui produisait de l’huile et du vin ainsi que des textiles tissés.

Repos après la montée après avoir atteint le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Bien que des gens aient vécu ici pendant la période chalcolithique [Âge du cuivre], il y a environ 6 000 ans, Gath a été mentionnée pour la première fois dans des sources écrites à la fin de l’âge du bronze (au 14e siècle avant notre ère). À cette époque, les villes-États étaient dirigées par le pharaon égyptien, qui recevait des lettres de plainte chaque fois qu’il y avait une querelle ou un différend entre elles. Parmi celles-ci figuraient des missives de Gath.

Après la chute de la ville philistine de Gath, les Judéens s’y sont installés et y sont restés jusqu’à ce que la ville soit prise par Hazaël à la fin du 8e siècle avant notre ère et par les Babyloniens en 604 avant notre ère. Bien que des Romains et des Byzantins se soient installés sur la colline, Gath n’a retrouvé un peu de sa gloire d’antan qu’après la conquête de la terre d’Israël par les Croisés en 1099. Les forces chrétiennes ont construit une forteresse sur le sommet, au-dessus de pentes parsemées de falaises d’un blanc éclatant, et l’ont nommée « Blanche Garde » (ou « Citadelle blanche »). Après la conquête de la terre d’Israël par Saladin, un village arabe s’est développé autour de la forteresse détruite. Le village a été nommé Tel es-Safi – « Colline pure ».

Avec la perte de son ancien nom, déterminer l’emplacement exact de la Gath biblique est devenu une tâche difficile pour les archéologues israéliens. Qiryat Gat, près d’Ashkelon, a été fondée près d’un site supposé être l’ancienne Gath, mais aujourd’hui, dit Maeir, il n’y a plus aucune contestation quant à son emplacement à Tel Tzafit.

L’archéologue Aren Maeir (à gauche) supervise une couche de destruction datant de 830 avant notre ère au projet archéologique de Tel Tzafit/Gath, en juillet 2018. (Amanda Borschel-Dan/Times of Israël)

Hazaël assiégea la ville lorsqu’il décida de prendre Gath. Et pour s’assurer qu’aucun de ses habitants ne s’échapperait, il construisit une tranchée gigantesque, la plus ancienne de ce type au monde. Tel Tzafit étant isolée au nord par la rivière, la tranchée du siège fut construite sur ses trois autres côtés. Pour qu’il soit encore plus difficile de fuir et pour protéger ses troupes, il utilisa plus de 14 millions de litres de terre et de calcaire extraits par ses soldats pour construire les berges extérieures. Il a ajouté des tours le long du fossé. Le destin de Gath était scellé.

Parmi la végétation qui borde les sentiers, on trouve des orties (appelées sirpad en hébreu). Si leur toxine est utile dans la préparation d’onguents apaisants pour l’arthrite et d’autres maladies, leur contact peut provoquer des démangeaisons, des rougeurs et des gonflements de la peau.

Des orties parsemant le chemin vers le sommet de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

D’autres plantes, et les nombreuses fleurs des talus, sont plus sympathiques. La plus inhabituelle est l’arum de la terre d’Israël (également appelé arum de Palestine), avec une grande fleur violette veloutée.

Le chardon-Marie est d’un violet éclatant, tandis que l’Adonis goutte-de-sang est rouge vif et ressemble beaucoup à un bouton d’or.

L’arum de la terre d’Israël peut être trouvé près de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Un arbre solitaire à proximité du début du sentier est le jujube d’épine du Christ – shezaf matzui en hébreu. Dans la tradition arabe, le jujubier a des pouvoirs magiques et abrite des fantômes ; selon la tradition chrétienne, la couronne d’épines que les soldats romains ont placée de force sur la tête de Jésus était faite des branches épineuses du jujubier. Les nutritionnistes ont également leur mot à dire sur le jujube : il s’avère que le délicieux fruit de l’arbre (appelé domim en hébreu) contient 20 fois plus de vitamine C qu’une orange.

Le jujube d’épine du Christ au début du sentier menant à Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Souvent, un troupeau de moutons paît en contrebas de la colline, entouré d’aigrettes blanches qui se reposent sur le dos des animaux.

Le troupeau appartient probablement à la famille el-Azi, les seuls habitants restés dans la région de Tel es-Safi après que les autres villageois ont fui devant l’armée israélienne pendant la guerre d’indépendance en 1948. Le grand-père de la famille avait été d’une aide précieuse pour les pionniers du kibboutz Menachem, situé à proximité, lors de la création de leur communauté en 1939. Après la guerre, la famille a obtenu des terres et des droits de pâturage dans la région.

Des moutons paissent tandis que des aigrettes sont sur leur dos dans les pâturages en contrebas de Tel Tzafit. (Shmuel Bar-Am)

Nous tenons à remercier le professeur Aren Maeir, directeur de l’Institut d’archéologie de l’université Bar-Ilan, pour ses conseils et son aide dans la rédaction de cet article. Ceux qui souhaitent participer aux fouilles cet été, du 4 au 30 juillet, peuvent le contacter à l’adresse arenmaeir@gmail.com.

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en langue anglaise sur Israël.

Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes.

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