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Deux civils auraient été tués par des frappes aériennes attribuées à Israël en Syrie

Un média d'État a précisé que la majorité des missiles avaient été abattus par les systèmes antiaériens mais que des dégâts ont aussi été causés aux sites visés

Un missile antiaérien syrien tiré près de Damas pendant une frappe israélienne présumée, le 7 mars 2022. (Crédit :  SANA)
Un missile antiaérien syrien tiré près de Damas pendant une frappe israélienne présumée, le 7 mars 2022. (Crédit : SANA)

Israël a frappé plusieurs sites près de Damas dans la matinée de lundi, tuant deux civils et entraînant des dégâts matériels, a fait savoir la chaîne de télévision publique syrienne.

Cette attaque qui a eu lieu à 5 heures du matin est la première depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et elle est survenue vingt-quatre heures après un déplacement surprise du Premier ministre Naftali Bennett à Moscou.

Ce dernier a déclaré que cette visite-éclair avait visé à tenter de négocier un cessez-le-feu.

La Russie est une alliée du régime syrien et elle permet à l’État juif de mener des opérations contre des cibles dans le pays. Les tentatives d’Israël de rester neutre dans le conflit ukrainien ont été décrites comme nécessaires pour que l’État juif conserve un accès relativement libre à l’espace aérien syrien.

Les « systèmes de défense ont intercepté la plupart des missiles » mais « deux civils ont été tués et des dégâts matériels infligés » lors de ces frappes menées avant l’aube contre des positions au sud de Damas, a rapporté sans plus de détails l’agence syrienne, citant une source militaire, une affirmation souvent formulée par les autorités syriennes mais qui ne peut guère être vérifiée de manière indépendante.

SANA a ajouté que deux civils avaient été tués et que des dégâts matériels avaient été enregistrés sur les sites visés, qui se trouvent aux abords de la capitale. La manière dont ces civils sont morts n’a pas été précisée et aucun autre détail n’a filtré.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie mais dont le financement reste flou, les frappes ont visé « un dépôt d’armes et de munitions exploité par des milices soutenues par l’Iran près de l’aéroport international de Damas ».

L’armée israélienne n’a pas pour habitude de commenter les attaques spécifiques en Syrie, mais elle reconnaît avoir mené des centaines d’opérations aériennes contre les groupes soutenus par l’Iran qui tentent de s’ancrer dans le pays.

La dernière frappe israélienne en Syrie avait eu lieu le 24 février, quelques heures avant que Moscou ne lance son assaut contre l’Ukraine. Trois soldats syriens avaient trouvé la mort lors de ces bombardements, avait fait savoir Damas.

Bennett s’est abstenu de contrarier la Russie en refusant de condamner explicitement Moscou et en refusant aussi de livrer des armes et des équipements militaire à l’Ukraine, malgré ses demandes répétées. Bennett a dit que cette stratégie était nécessaire pour permettre à Israël d’occuper un rôle de négociateur neutre tout en affichant sa sympathie à l’égard de l’Ukraine et en envoyant des aides humanitaires. D’autres responsables ont fait remarquer que la sécurité nationale israélienne dépendait de la capacité à continuer à frapper les forces soutenues par l’Iran en Syrie.

Israël a reconnu attaquer les bases des forces iraniennes et des groupes terroristes alliés en Iran, particulièrement le long de la frontière avec le Golan, comme le Hezbollah au Liban, dont les combattants sont déployés dans le sud de la Syrie. Le pays admet aussi frapper les convois d’armement à destination de ces groupes.

Le mois dernier, l’État juif aurait lancé des missiles sol-sol en direction d’un poste d’observation et d’un « bâtiment financier » situés à proximité de la ville frontalière de Quneitra, sur le plateau syrien du Golan.

L’AFP et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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