Des ex-généraux israéliens mettent en garde contre une loi américaine qui réduirait les fonds de l’AP
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Des ex-généraux israéliens mettent en garde contre une loi américaine qui réduirait les fonds de l’AP

Les commandants de la sécurité israélienne affirment que le Taylor Force Act peut affaiblir le leadership palestinien et permettre aux extrémistes de prendre la Cisjordanie

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux côtés de prisonniers relâchés accueille les foules à Ramallah en octobre 2013 (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux côtés de prisonniers relâchés accueille les foules à Ramallah en octobre 2013 (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Des centaines d’anciens généraux et de hauts responsables de la sécurité ont prévenu que la législation américaine visant à réduire le financement de l’Autorité palestinienne, à moins qu’elle n’arrête les versements des salaires aux terroristes, pourrait nuire à la sécurité d’Israël.

Les commandants pour la sécurité d’Israël ont publié une déclaration affirmant que le Taylor Force Act, nommé d’après l’Américain tué l’année dernière lors d’une attaque au couteau à Tel Aviv, pourrait entraîner la fin de la coopération en matière de sécurité entre Israël et l’AP.

Le projet de loi réduirait tous les fonds américains versés à l’Autorité palestinienne, à l’exception de ceux prévus pour la police palestinienne, qui s’élève à environ 60 millions de dollars en 2013, une fraction des quelque 500 millions de dollars que les Palestiniens reçoivent annuellement des États-Unis.

Bien que les commandants de la sécurité d’Israël soutiennent le principe de base de la législation proposée, le groupe a déclaré que retirer des fonds de l’AP pourrait affaiblir son autorité et permettre aux factions extrémistes de prendre le relais.

Le groupe a déclaré qu’une AP forte est nécessaire pour la sécurité israélienne et que la proposition de loi américaine devrait être modifiée pour s’assurer que le contrôle de l’AP ne soit pas ébranlé.

La déclaration, publiée mercredi, s’achève en demandant au gouvernement israélien de demander à Washington de modifier sa législation.

« Leur intention est pure. Leur amitié ne fait aucun doute. Mais si elle est adoptée, cette mesure législative pourrait entraver la stabilité de l’AP, élargir le cercle de frustration et d’hostilité, éroder la coordination sécuritaire et donc nuire à la sécurité israélienne », a expliqué la version anglaise de la déclaration publiée dans Haaretz.

« Exiger que l’Autorité palestinienne mette fin à l’incitation à la violence, continue de combattre la terreur et mette en valeur la coordination sécuritaire avec nos forces – certainement ! », a déclaré le communiqué. « Altérer la capacité de l’AP à faire tout cela – absolument pas ! ».

Les responsables israéliens, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont dénoncé publiquement les versements de salaire de l’AP aux familles des terroristes emprisonnés ou tués.

Un certain nombre de groupes pro-israéliens ont également soutenu la loi, y compris l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA), l’Union orthodoxe, la Coalition républicaine juive et les Chrétiens Unis pour Israël.

Cependant, le Comité américain pour les affaires publiques israélo-américaines (AIPAC), le groupe le plus important parmi les groupes pro-israéliens, ne l’a pas encore pleinement accepté, bien que l’AIPAC semble également s’approcher d’une déclaration de soutien.

Le Taylor Force Act a été introduit pour la première fois en 2016 par le sénateur républicain de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, avec l’ancien sénateur républicain de l’Indiana, Dan Coats, et le sénateur républicain du Missouri Roy Blunt. Il a été renvoyé à la commission des relations extérieures du Sénat à l’époque, mais n’a jamais été voté.

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