Directeur de l’Agence Juive en France : partir en Israël est un choix difficile
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Directeur de l’Agence Juive en France : partir en Israël est un choix difficile

20 % des personnes faisant leur alyah finissent par revenir en France ; "Certains découvrent aussi que le pays des vacances n’est pas celui du quotidien," déclare Daniel Benhaïm

Le Salon de l'alyah à Paris (Crédit : Alain Azria)
Le Salon de l'alyah à Paris (Crédit : Alain Azria)

Daniel Benhaïm, directeur de l’Agence Juive pour Israël, a été interviewé par 20 minutes au lendemain de l’agression antisémite de Marseille.

A l’occasion de cette interview, le directeur explique que les attaques comme celles de Marseille peuvent « constituer une raison en plus » de quitter l’hexagone pour Israël. Néanmoins, ces attaques ne provoquent pas d’effet immédiat contrairement aux attaques de l’ampleur de l’Hyper Cacher.

Ainsi Daniel Benhaïm explique que la participation aux réunions de renseignement concernant l’alyah avait triplé au premier semestre de l’année 2015 passant de deux réunions par semaine à deux par jour.

Le nombre d’appels avait alors atteint les 700 par jour pendant la même période. Les attentats de l’Hyper Cacher sont définis comme un « catalyseur dans la prise de décision d’émigrer en Israël, » explique le directeur de l’Agence juive.

Le nombres de personnes ayant immigrées en Israël vient corroborer ces propos.

Si entre 2000 et 2012, environ 1 600 Français partaient en Israël, depuis 2014, le nombre dépasse les 7 000 et a atteint son record en 2015 avec 7 900 dont 3 500 sont des familles.

Selon l’analyse de Daniel Benhaïm, les attaques de Toulouse et de l’Hyper cacher sont déterminantes dans l’augmentation des départs pour Israël surtout au niveau des familles. Avant ces événements, ce sont les jeunes et les retraités qui avaient tendance à se rendre en Israël.

Si le directeur de l’Agence Juive explique que cette tendance va perdurer pendant encore quelques années, il doute qu’il y ait un exode massif des juifs de France.

Enfin, il conclut en rapportant que 20 % des personnes faisant leur alyah finissent par revenir en France. « Généralement pour des raisons économiques, » explique-t-il soulignant le problème de l’équivalent des diplômes français et la difficulté de trouver un emploi.

« Certains découvrent aussi que le pays des vacances n’est pas celui du quotidien. Israël n’est pas un eldorado, » rapporte t-il. Pour Daniel Benhaïm, partir en Israël est un « choix difficile ».

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