L’enseignant juif attaqué à Marseille dit que son agresseur voulait le « décapiter »
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Il s'agit de la troisième agression antisémite, en trois mois, à Marseille

L’enseignant juif attaqué à Marseille dit que son agresseur voulait le « décapiter »

« C'est grâce à la grosse Torah qu'il a brandie qu'il a pu détourner la machette !, » confie Michèle Teboul, la présidente du Crif de Marseille

Benjamin Amsellem (d), un autre enseignant juif poignardé il y a un an, par un jeune de 15 ans avec une machette, parle à la presse, le 12 janvier 2016. (Crédit : AFP / BORIS HORVAT)
Benjamin Amsellem (d), un autre enseignant juif poignardé il y a un an, par un jeune de 15 ans avec une machette, parle à la presse, le 12 janvier 2016. (Crédit : AFP / BORIS HORVAT)

L’enseignant juif attaqué lundi à Marseille, dans le sud-est de la France, ne pensait pas « sortir vivant » de cette agression antisémite et estime que le lycéen turc de 15 ans d’origine kurde qui l’a blessé à coups de machette voulait le « décapiter ».

La garde à vue de l’adolescent, qui a revendiqué devant les policiers avoir agi « au nom d’Allah » et du groupe Etat islamique, a été prolongée de 24 heures mardi.

« Je lui disais d’arrêter de me frapper mais il continuait et je ne pensais pas m’en sortir vivant », a déclaré sa victime, prénommée Benjamin Amsalem, professeur dans une école juive du sud de Marseille, au quotidien régional La Provence.

« Honnêtement, je ne sais pas comment je vais me relever de cette terrible agression », a-t-il expliqué, estimant « devoir réfléchir » à l’éventualité de ne plus porter la kippa.

« C’est une situation très difficile (…) c’est très dur à vivre », a-t-il ensuite déclaré à la presse à la sortie d’une audition destinée à reconnaître son agresseur.

« On a voulu le tuer parce qu’il est juif, c’est dur, ça fait peur », a commenté son épouse, Mazal.

L’avocat de cet enseignant de 35 ans, Me Fabrice Labi, a pour sa part rapporté à l’AFP que son client lui avait dit : « J’ai eu le sentiment qu’il voulait me décapiter, mais la machette était souple, il n’y avait pas de prise et j’étais protégé par le blouson que je portais ».

Le procureur de Marseille, Brice Robin, avait précisé lundi que la lame de la machette était émoussée, ce qui a pu limiter la gravité des blessures.

Selon le témoignage du professeur, son agresseur visait spécifiquement sa tête avec sa machette, a poursuivi Me Labi. L’enseignant a décrit à son conseil la « déferlante de coups » et le « passage à tabac » qu’il a subis. Il s’est notamment protégé avec la Torah qu’il portait sur lui, a ajouté son avocat.

L’agresseur, un lycéen turc d’origine kurde qui aura 16 ans dans les prochains jours, était inconnu des services de renseignement français et se serait radicalisé récemment « via internet », selon le procureur Robin.

Le parquet anti-terroriste de Paris s’est saisi de l’enquête sur cette agression antisémite, survenue deux jours après l’anniversaire de l’attaque contre un supermarché casher de Paris, dans laquelle quatre juifs avaient été tués le 9 janvier 2015.

La communauté juive de Marseille, forte de quelque 70 000 membres sur 855 000 habitants, ce qui en fait la deuxième plus importante en France après Paris et sa région, a été la cible ces derniers mois de deux autres agressions antisémites.

Le 24 octobre, 4 personnes dont 3 juifs avaient été agressées près d’une synagogue par un homme armé d’un couteau, qui a été condamné depuis à 4 ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Le 18 novembre, un autre enseignant juif avait été agressé au couteau.

Mardi, la rentrée des classes dans l’école du professeur agressé la veille s’est effectuée sous la surveillance de militaires, a constaté un journaliste de l’AFP.

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