Marseille : Un ado de 15 ans blesse un Juif avec une machette au nom d’Allah et de l’EI
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Marseille : Un ado de 15 ans blesse un Juif avec une machette au nom d’Allah et de l’EI

L'agression antisémite s'est déroulée devant la mairie du 9e et du 10e arrondissement ; Cazeneuve a condamné l'agression "révoltante"

Le président du Consistoire de Marseille Zvi Ammar (au centre) s'exprime devant les journalistes devant l'école juive 'La Source' de Marseille, le 11 janvier 2016, après l'attaque d'un enseignant juif par un adolescent armé d'une machette. (Crédit : AFP/Bertrand Langlois)
Le président du Consistoire de Marseille Zvi Ammar (au centre) s'exprime devant les journalistes devant l'école juive 'La Source' de Marseille, le 11 janvier 2016, après l'attaque d'un enseignant juif par un adolescent armé d'une machette. (Crédit : AFP/Bertrand Langlois)

Un jeune mineur a blessé légèrement avec une machette un homme qui portait une kippa lundi matin à Marseille, dans le sud-est de la France, avant d’être interpellé, a-t-on appris de source policière.

Le jeune homme, né en 2000, qui aura 16 ans la semaine prochaine, a porté des coups à la victime en pleine rue, devant des témoins, et a laissé l’arme sur place, a précisé cette source, non loin du Boulevard Paul Claudel près des mairies du 9e et 10e arrondissement de la ville.

Selon le procureur, l’auteur de l’agression, de nationalité turque et sans antécédent judiciaire, a revendiqué agir « au nom d’Allah » et du groupe État islamique.

La victime, Binyamin Amsalem, a été légèrement blessée au dos et à la main. D’après le Service de Protection de la Communauté Juive (SPJC), il s’agit d’un enseignant d’une trentaine d’années, qui a été poursuivi sur une cinquantaine de mètres alors qu’il se rendait à son travail.

Parti en courant, l’auteur a été interpellé dix minutes plus tard par la brigade anti-criminalité (BAC) à qui il a tenu des propos incohérents.

Une enquête pour « tentative d’assassinat à raison de la religion » et « apologie du terrorisme » a été ouverte par le parquet de Marseille, a-t-on appris de source judiciaire.

La section antiterroriste du Parquet de Paris a été saisie de l’affaire, qui survient dans une France traumatisée par une série d’attaques jihadistes.

« L’individu ne semble pas jouir de toutes ses facultés. Il s’agit d’un individu très excité, mais qui revendique clairement son acte, qu’on peut qualifier d’antisémite », a précisé une source proche du dossier. « L’affaire est prise très au sérieux par les enquêteurs », a expliqué la source policière.

Son profil « semble être celui d’une personne radicalisée via internet », a indiqué le procureur de Marseille, Brice Robin.

https://twitter.com/Le_CRIF/status/686490762184404993

« De tels actes sont innommables et injustifiables », a dénoncé le président François Hollande, assurant de la détermination de l’Etat à « agir avec la plus grande fermeté contre l’antisémitisme et le racisme ».

Le ministre de l’Intérieur a condamné l’agression, qu’il a qualifiée de « révoltante » sur son compte Twitter. « Cet acte témoigne du risque pour certains individus isolés, pas du tout connus des services de police et de renseignement, de passer à l’acte sous l’influence de la propagande, diffusée notamment sur les réseaux internet, par Daech (ndlr, acronyme arabe de l’EI) », a souligné Bernard Cazeneuve.

« L’agresseur a clairement revendiqué son acte au nom de l’islam et de sa haine des Juifs », a souligné de son côté la présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Marseille, Michèle Teboul.

« L’enseignant a été frappé à coups de machette. Il s’est défendu et a poursuivi son assaillant sur 50 mètres, mettant en fuite son agresseur », a-t-elle expliqué dans un communiqué.

« C’est un acte clairement antisémite, un acte grave commis a quelques dizaines de mètres de cette école » juive, a expliqué le préfet de police du département des Bouches-du-Rhône Laurent Nunez.

L’adolescent « a été interrogé longuement par les services de police. Il a toutes ses facultés mentales, il n’est pas fou », a réagi Zvi Ammar, le président du consistoire israélite de Marseille.

Selon Ammar, « un second couteau de 18 cm » a été trouvé sur lui. « Quand il a commencé à agresser, il a prononcé le mot Allah akbar (Dieu est grand, en arabe, ndlr) (…) et pendant l’enquête ce monsieur dit haut et fort qu’il a fait ça au nom de l’islam », a-t-il poursuivi.

Selon Ammar, le cartable du jeune agresseur, ramassé par un garde de l’école, contenait des copies avec de très bonnes notes. « Comment un bon élève peut un beau matin se laisser embarquer dans une affaire comme ça », s’est-il interrogé.

Le maire de ce quartier, où habite une importante communauté juive, Lionel Royer-Perreaut, a réclamé « une présence policière et/ou militaire beaucoup plus importante pour rassurer la population » dans une ville qui compte une communauté juive de quelque 70 000 personnes, selon le Crif.

Le préfet qui s’est rendu dans l’établissement, a tenu à marquer toute la « solidarité » de l’État et sa « détermination à assurer la protection des sites » notamment les écoles juives qui bénéficient déjà de gardes statiques à l’entrée et à la sortie des élèves.

Le grand rabbin de France s’est entretenu avec la victime dans la journée de lundi et a condamné l’acte antisémite sur sa page Facebook.

Révolté par l'abjecte et innommable agression antisémite dont a été victime ce matin un enseignant à Marseille.Apres m'…

Posted by Haïm Korsia on Monday, 11 January 2016

Cette agression intervient moins de deux mois après celle d’un autre enseignant juif, à l’aide d’un couteau, dans le nord de Marseille. Le 24 octobre dernier, Farid Haddouche, 32 ans, avait attaqué un rabbin, son fils et un autre Juif qui revenaient de la synagogue. Il a été condamné à 4 ans de prison en décembre dernier par le tribunal correctionnel de Marseille.

Depuis les attentats djihadistes de janvier 2015, contre des journalistes, des juifs et des policiers, plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires sont protégés par l’armée ou la police.

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