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Enquête du Parlement européen après l’apparent salut nazi d’un élu bulgare, qui nie

"Un simple salut, c'est tout ce que c'était", a écrit l'eurodéputé nationaliste Angel Dzhambazki, s'excusant "si son salut a insulté quelqu'un" et s'estimant cible de "diffamation"

Intérieur du Parlement européen. (Crédit : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons)
Intérieur du Parlement européen. (Crédit : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons)

Le Parlement européen a lancé une procédure d’enquête interne en vue d’éventuelles sanctions à l’encontre de l’eurodéputé nationaliste bulgare Angel Dzhambazki, soupçonné d’avoir fait mercredi un salut nazi dans l’hémicycle, ce qu’il nie.

« La procédure a été officiellement lancée », a indiqué jeudi le porte-parole de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, précisant qu’il y avait différentes étapes à suivre avant qu’une décision soit prise.

Le règlement intérieur du Parlement européen envisage, en cas d’attitude offensante, de possibles sanctions, dont une suspension des activités parlementaires ou des indemnités des eurodéputés.

Les images vidéos disponibles sur le site internet du Parlement européen montrent Angel Dzhambazki monter les marches vers la sortie de l’hémicycle après avoir pris la parole lors d’un débat, se retourner et tendre le bras droit devant lui la main à plat quelques secondes avant de repartir.

L’eurodéputé bulgare Angel Dzhambazki fait un salut nazi dans l’hémicycle du Parlement européen, à Strasbourg, le 16 février 2022. (Capture d’écran)

« Un simple salut, c’est tout ce que c’était », a écrit l’élu dans un message envoyé aux eurodéputés que l’AFP a consulté.

« Alors que je quittais l’hémicycle, je voulais m’excuser pour ce qu’il s’était passé en faisant humblement signe à la présidente », a-t-il affirmé, s’excusant « si son salut innocent (…) a insulté quelqu’un » et s’estimant cible de « diffamation ».

Juste avant, Angel Dzhambazki avait terminé son intervention dans un débat sur l’Etat de droit en Pologne et en Hongrie, en clamant « Vive la Bulgarie, la Hongrie, Orban, Fidesz et l’Europe des Etats nations », ce qui avait déclenché des réactions dans l’hémicycle.

« Nous n’admettons d’aucune façon des gestes et des symboles fascistes. Si cela a été fait, c’est extrêmement grave et des sanctions seront prises », avait prévenu peu après la vice-présidente du Parlement européen, Pina Picierno, qui dirigeait le débat.

« Un salut fasciste dans le Parlement européen est inacceptable (…) Ce geste est un rappel des temps les plus sombres de notre Histoire et doit y rester », a tweeté mercredi soir la présidente de cette institution, Roberta Metsola. Son message a été lu dans l’hémicycle à la reprise des débats jeudi matin.

De nombreux eurodéputés ont condamné ce geste, à l’image du président du principal groupe politique du Parlement, l’Allemand Manfred Weber (PPE), qui a appelé « à des sanctions immédiates ».

Le groupe politique ECR (eurosceptiques) auquel appartient M. Dzhambazki, a indiqué jeudi dans un communiqué prendre « très au sérieux les accusations » portées contre lui.

« Nous menons une enquête interne et attendons la décision du Parlement européen à ce sujet », ajoute le groupe, qui « condamne fermement (…) la glorification du nazisme et du communisme, ainsi que l’affichage de tels symboles et gestes ».

L’élu bulgare avait déjà fait polémique en 2019, accusé d’avoir tenu des propos xénophobes à l’égard de deux autres eurodéputés, la Française Karima Delli et l’Allemand Ismail Ertug, ce qu’il avait contesté.

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