Erdogan veut contrôler les réseaux sociaux après des insultes contre sa famille
Rechercher

Erdogan veut contrôler les réseaux sociaux après des insultes contre sa famille

Le président turc a évoqué une mesure les obligeant à avoir une représentation légale en Turquie, ce qui les exposerait à des sanctions et les obligerait à suivre la loi

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant les responsables de son parti au pouvoir à Ankara en Turquie, le 10 octobre 2019. (Crédit : Service de presse de la présidence turque via AP, Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime devant les responsables de son parti au pouvoir à Ankara en Turquie, le 10 octobre 2019. (Crédit : Service de presse de la présidence turque via AP, Pool)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi que les autorités allaient bientôt renforcer leur contrôle des réseaux sociaux après la publication d’insultes contre sa famille, des propos qui suscitent l’inquiétude des internautes.

« YouTube, Netflix, Twitter. Vous comprenez désormais pourquoi je m’oppose aux réseaux sociaux de ce genre ? C’est pour mettre fin à cette immoralité », a déclaré M. Erdogan lors d’une visioconférence depuis Ankara.

« Il est impératif de mettre de l’ordre dans ces canaux (…) C’est pour cette raison que nous allons soumettre cela au Parlement rapidement, car nous voulons que ces canaux soient fermés, contrôlés », a-t-il ajouté.

M. Erdogan a notamment évoqué une mesure obligeant les géants du Web à avoir une représentation légale en Turquie, ce qui les exposerait à des sanctions financières et les obligerait à obéir aux décisions des tribunaux turcs.

Ces déclarations interviennent au lendemain d’injures postées sur les réseaux sociaux à l’encontre d’une fille de M. Erdogan et de l’époux de celle-ci qui avait annoncé sur Twitter la naissance de leur quatrième enfant.

Onze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, a annoncé mercredi la police.

Cette photo du 22 mars 2018 montre les logos des applications Facebook, Instagram, Whatsapp et autres réseaux sociaux sur un smartphone. (Arun Sankar/AFP)

Les propos de M. Erdogan ont suscité l’inquiétude des internautes turcs. Le hashtag « Touche pas à mes réseaux sociaux » était l’un des plus utilisés sur Twitter mercredi après-midi.

Le chef de l’Etat turc s’en prend régulièrement aux réseaux sociaux, l’un des rares espaces où les voix critiques osent encore se faire entendre en Turquie, la plupart du temps de façon anonyme.

Lors d’une discussion en ligne retransmise sur YouTube avec des jeunes la semaine dernière, M. Erdogan a été confronté à une avalanche de commentaires de personnes indiquant qu’elles ne voteraient pas pour lui. La présidence a promptement fermé l’espace dédié aux commentaires.

Les réseaux sont étroitement surveillés par les autorités turques et de nombreux procès pour « insulte au chef de l’Etat » ou « propagande terroriste » s’appuient uniquement sur des tweets.

L’hostilité de M. Erdogan pour les réseaux sociaux remonte à plusieurs années : Twitter et Facebook avaient été largement utilisés pour organiser des rassemblements lors d’un vaste mouvement de contestation antigouvernemental en 2013.

Les ONG s’inquiètent régulièrement de l’érosion de la liberté d’expression en Turquie et un contrôle accru des réseaux sociaux pourrait aussi limiter l’accès des Turcs à des informations indépendantes ou critiques, dans un paysage dominé par les médias pro-gouvernementaux.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...