F. Potier : « l’antisémitisme progresse de partout en France et en Europe »
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F. Potier : « l’antisémitisme progresse de partout en France et en Europe »

Pour le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, "le combat contre l'antisémitisme est celui de toute une génération"

Frédéric Potier est un jeune préfet de 37 ans (Crédit : DILCRAH).
Frédéric Potier est un jeune préfet de 37 ans (Crédit : DILCRAH).

Le combat contre l’antisémitisme est « sans nul doute un combat de toute une génération et de toute la nation. Moi je ne me résigne pas et je ne baisserai pas les bras ».

Amer est le constat de Frédéric Poter, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, à l’occasion de l’ouverture du premier musée Alfred Dreyfus en France dans un entretien accordé au Crif.

« Je constate moi aussi que l’antisémitisme progresse partout, en France comme en Europe. Mais il n’y a pas de baguette magique ou de recette miracle contre l’antisémitisme. Ce sont nos efforts conjugués – Etat et associations – qui pourront faire reculer ce fléau. C’est l’engagement de tous les ministères, à commencer par celui de l’Education nationale », explique-t-il.

En France, « l’antisémitisme n’est pas neuf, il est ancien. avait déclaré le Premier ministre Edouard Philippe en décembre, lors d’une convention nationale du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Il n’est pas superficiel, il est comme enraciné. Mais il est bel et bien vivant et il se dissimule toujours derrière de nouveaux masques ».

Le préfet Frédéric Potier (d.) de la DILCRAH en octobre 2017 (Crédit: Dilcrah)

Aujourd’hui en France de nombreuses voix dénoncent, aux côtés d’une haine antisémite résiduelle à l’extrême droite, un antisémitisme des quartiers populaires sous l’effet d’un islam identitaire, ainsi qu’un anti-sionisme ambigu à l’extrême-gauche, sur fond d’ « importation » du conflit israélo-palestinien depuis le début des années 2000.

Niveau chiffre, en 2017, la tendance était « orientée à la baisse », avait indiqué en janvier à l’AFP Frédéric Potier.

Mais si le nombre des actes antisémites a globalement baissé en 2017, les actes violents parmi eux ont augmenté.

« Je pense qu’il faut sortir de l’aspect purement quantitatif : on sait que l’affaire Sarah Halimi (du nom de la femme juive assassinée par défenestration en avril dernier à Paris par un voisin musulman, NDLR) a traumatisé des familles entières, alors que dans les chiffres, ça ne fait qu’un acte », expliquait alors Frédéric Potier.

Depuis, le meurtre de Mireille Knoll le 23 mars dernier par un de ses voisins soupçonné d’antisémitisme a traumatisé de nombreux esprits et débouché sur une marche blanche contre l’antisémitisme, une première depuis la profanation du cimetière de Carpentras en 1990.

De nombreux actes, comme le récent tag antisémite d’une porte rue Ordener à Paris, apparaissent proches de ce qui a été théorisé comme « le nouvel antisémitisme quotidien » et qui alimente ce sentiment qui inquiète aujourd’hui au-delà même de la communauté juive.

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