Des milliers de participants à la marche blanche à Paris contre l’antisémitisme
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"Nous sommes tous des détails de l'histoire"

Des milliers de participants à la marche blanche à Paris contre l’antisémitisme

Hués, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont quitté le cortège en l'honneur de Mireille Knoll

Des politiciens et d'autres personnes se tiennent derrière des bannières alors qu'ils se préparent à participer à une marche blanche à Paris le 28 mars 2018, à la mémoire de Mireille Knoll, une femme juive de 85 ans assassinée chez elle.
(Crédit : AFP / ALAIN JOCARD)
Des politiciens et d'autres personnes se tiennent derrière des bannières alors qu'ils se préparent à participer à une marche blanche à Paris le 28 mars 2018, à la mémoire de Mireille Knoll, une femme juive de 85 ans assassinée chez elle. (Crédit : AFP / ALAIN JOCARD)

Plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux ministres, politiques et représentants de la société civile, ont commencé à défiler mercredi peu avant 19H00 à Paris en mémoire de Mireille Knoll, octogénaire juive dont le meurtre a ravivé les inquiétudes sur l’antisémitisme en France.

Le cortège de cette « marche blanche », guidé par des représentants de la société civile, roses blanches en main, suivi d’élus ceints de leurs écharpes tricolores, devait parcourir quelques centaines de mètres pour rallier l’immeuble de la victime, là où elle a été tuée vendredi dernier, dans le XIe arrondissement.

Dans le carré de tête de la marche, organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), plusieurs ministres et secrétaires d’Etat avaient pris place, notamment Gérard Collomb (Intérieur), Françoise Nyssen (Culture) et Jean-Michel Blanquer (Education).

Des représentants de tous les partis, dont le délégué général de LREM Christophe Castaner, le président des Républicains Laurent Wauquiez, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo et le secrétaire général du PCF Pierre Laurent étaient également sur place.

Le vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, les chanteurs Enrico Macias et Patrick Bruel et l’écrivain Marek Halter étaient également présents.

L’arrivée dans le cortège du chef de file de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon et de la présidente du Front national Marine Le Pen, dont la venue n’était pas souhaitée par le Crif au nom du rejet des « extrêmes », a créé des bousculades et une certaine confusion.

« Je suis là pour me battre contre l’antisémitisme et lutter contre toutes ces violences gratuites, notamment contre les femmes âgées », a déclaré à l’AFP une manifestante, Joséphine, professeure à la retraite.

Le Pen et Mélenchon contraints de quitter rapidement la marche blanche

Des représentants de LFI et du FN se sont fait abondamment siffler par plusieurs dizaines de jeunes, que d’autres manifestants ont dit désapprouver. « Nous sommes à notre place », a réagi Mme Le Pen, alors que M. Mélenchon a qualifié d' »épiphénomène » la réaction de « 40 énergumènes ».

Plusieurs dizaines de jeunes avaient crié « Insoumis, dehors! » à la venue de M. Mélenchon, tandis que des « nazis, fachos » ont été lancés à l’adresse de Mme Le Pen.

Mélenchon et les élus de la France insoumise (LFI) qui l’accompagnaient -notamment Alexis Corbière, Eric Coquerel, Clémentine Autain, Adrien Quatennens– ont été contraints de gagner une rue adjacente du parcours emprunté par les manifestants après avoir été invectivés, notamment aux cris de « Insoumis, dehors », par des personnes présentes dans le cortège.

« Le sujet de la manifestation, c’est pas moi. C’est cette femme assassinée par des violents et des barbares et la nécessité de montrer que toute la communauté nationale serre des rangs ». « Le reste, c’est vraiment un épiphénomène », a déclaré M. Mélenchon à la presse.

« Que chaque juif sache qu’il est sous la protection de la communauté nationale, voilà ce qui est important », a insisté M. Mélenchon.

Arrivée peu après, Marine Le Pen a également été contrainte de quitter le cortège sous les invectives. La présidente et les élus du Front national ont ensuite rejoint la manifestation, mais à bonne distance du cortège, entourés par des forces de l’ordre et par leurs propres services.

« Ça fait des années que nous dénonçons et luttons contre l’antisémitisme islamiste. Nous avons donc particulièrement notre place ici ». « Le Crif ne représente que lui-même », avait déclaré Mme Le Pen à la presse lors de son arrivée. En apercevant Le Pen, un manifestant lui a dit : « Nous sommes tous des détails de l’histoire », a rapporté L’Express, Jean-Marie Le Pen a été définitivement condamné ce mardi pour avoir dit que les chambres à gaz n’étaient que des « détails de l’Histoire ».

L’ancienne garde des Sceaux Rachida Dati (LR) s’était quant à elle dite « choquée » sur BFMTV-RMC par la position du Crif, estimant que cette marche « ne (lui) appartenait pas ».

« La rue appartient à tout le monde ». Mais « j’espère qu’ils prendront conscience de la nécessité de faire le ménage chez eux », a déclaré Francis Kalifat depuis le cortège.

Le Consistoire devait organiser après la marche une cérémonie de recueillement à la synagogue des Tournelles en mémoire de Mireille Knoll.

Deux hommes, dont un voisin familier de Mme Knoll, ont été mis en examen et écroués mardi pour « homicide volontaire » à caractère antisémite après la découverte du corps de Mme Knoll, lardé de onze coups de couteau et en partie carbonisé dans son modeste appartement.

D’autres rassemblements, réunissant plusieurs centaines de personnes à chaque fois, ont eu lieu dans de grandes villes de France (Marseille, Strasbourg, Lyon, Nantes et Bordeaux), selon des correspondants de l’AFP et la police.

En outre, sur la place de Paris à Jérusalem, des dizaines de membres de la communauté francophone d’Israël ont allumé mercredi des bougies à la mémoire de Mme Knoll, et entonné les hymnes israélien et français. Environ 80 personnes, dont nombre des juifs d’origine française ayant fait le choix de vivre en Israël, ont exprimé leur émotion devant la trajectoire d’une femme ayant survécu à la Shoah pour mourir assassinée 75 ans après à Paris « parce qu’elle était juive ».

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