À l’aéroport Ben Gurion, les ravitailleurs américains menacent les vacances de millions de voyageurs, dit Regev
La ministre des Transports demande à Benjamin Netanyahu de faire déplacer 30 avions américains sur les 72 qui encombrent le tarmac de l'aéroport international de Tel Aviv
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Dimanche, la ministre des Transports, Miri Regev, a fait savoir que si une grande partie des avions américains stationnés à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv n’étaient pas déplacés dans les plus brefs délais, près de 2,4 millions de billets d’avion émis pour cet été et pour les fêtes qui suivront devront sans doute être annulés.
Dans une lettre urgente qui était adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, Regev a mis en garde contre les « milliards de shekels de pertes économiques que risquent les compagnies aériennes, l’industrie du tourisme et l’économie dans son ensemble ».
La situation actuelle va « gravement nuire à la crédibilité d’Israël en tant que destination aérienne et pourrait même avoir un effet dissuasif sur les compagnies aériennes qui reprennent tout juste leur desserte d’Israël suite au cessez-le-feu d’avril dernier [avec l’Iran] », a-t-elle écrit dans sa lettre.
« Des annulations massives de vols pour les vacances d’été et les fêtes, au moment où la population israélienne a plus que jamais besoin de calme et de normalité, porteront atteinte au moral du pays et à la résilience civique », a estimé Regev. « Les annulations de vols seront un nouveau coup dur pour la population, et la responsabilité en sera imputée à juste titre à l’incapacité du gouvernement à régler un problème pourtant soluble. »
Selon Regev, près de 72 ravitailleurs et avions-cargos américains sont stationnés à l’aéroport Ben Gurion, auxquels s’ajoutent 26 appareils américains stationnés à l’aéroport de Ramon, dans le sud d’Israël.
L’importante présence d’avions militaires américains, qui prennent de la place sur le tarmac de Ben Gurion, retarde le retour à la normale des vols commerciaux au principal point d’entrée international d’Israël, suite à la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
L’encombrement à Ben Gurion rend les opérations plus coûteuses pour les compagnies aériennes locales, contraintes de stationner leurs appareils sur des bases en dehors d’Israël, et limite le nombre de vols opérables par les compagnies israéliennes.
Regev a fait en sorte d’adresser cette lettre avant le 16 juin, date où l’Autorité aéroportuaire israélienne devra informer les compagnies aériennes des annulations à prévoir vis-à-vis des vols programmés au plus haut de la saison estivale, à compter du 1er juillet prochain, et peut-être même pour les grandes fêtes de septembre et octobre prochains.
Pour l’heure, plus de 65 000 passagers transitent chaque jour par l’aéroport Ben Gurion, à l’arrivée comme au départ. Avec le début des vacances d’été, le 1er juillet prochain, le trafic quotidien devrait atteindre les 70 000 à 100 000 passagers en août, ce que l’aéroport ne sera pas en mesure de gérer faute d’espaces de stationnement disponibles.
Le PDG de l’Autorité aéroportuaire d’Israël, Sharon Kedmi, a déclaré la semaine dernière au média Ynet que, faute de solution à cette pénurie de stationnement, « un passager sur quatre verra son vol annulé ».
Avant le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février dernier, qui entraîné la fermeture de l’espace aérien israélien, les compagnies israéliennes avaient mis leur flotte à l’abri en dehors du pays afin d’éviter qu’elles ne soient prises pour cibles par la République islamique. Entre-temps, des avions ravitailleurs américains sont arrivés à Ben Gurion dans le cadre de l’important déploiement de forces militaires américaines au Moyen-Orient.
Depuis l’annonce d’un fragile cessez-le-feu, début avril, et la réouverture au trafic aérien civil de Ben Gurion, les compagnies israéliennes – El Al, Arkia et Israir – n’ont pas été en mesure de rapatrier la totalité de leur flotte en raison de la présence sur le tarmac de nombreux ravitailleurs américains.
« Nous comprenons l’importance de la coopération en matière de sécurité avec les États-Unis, et nous n’avons aucunement l’intention de lui nuire », écrit Regev dans sa lettre. « La solution consiste à repositionner une trentaine d’avions américains dans des aéroports situés en dehors d’Israël, ou de les envoyer vers des bases locales de l’armée de l’air. »
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