Un ingénieur d’origine iranienne libéré sous caution avant son procès aux États-Unis pour exportation de technologies
La juge fédérale Indira Talwani avait refusé de libérer Mahdi Sadeghi, binational américano-iranien, invoquant un risque de fuite de celui-ci dans le but d'échapper à son procès
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Jeudi, une juge américaine a décidé de remettre en liberté sous caution un ingénieur d’origine iranienne, à quelques jours du procès de ce dernier pour complot en vue d’exporter illégalement vers l’Iran une technologie applicable aux drones militaires.
La juge fédérale Indira Talwani, à Boston, avait auparavant refusé de libérer Mahdi Sadeghi, binational américano-iranien, invoquant un risque de fuite de celui-ci dans le but d’échapper à son procès.
Talwani a toutefois estimé que la situation avait changé depuis l’arrestation de Sadeghi, ancien employé d’Analog Devices, en décembre 2024, du fait notamment de la guerre en Iran, qui a débuté en février avec les frappes américaines et israéliennes.
Ce conflit, a-t-elle affirmé, a rendu « moins attrayante » la perspective d’un retour en Iran pour Sadeghi et sa famille ; il lui serait d’ailleurs difficile de réaliser ce voyage.
« Le monde politique a tout simplement changé », a-t-elle ajouté.
Elle a souligné que l’épouse de Sadeghi avait clairement fait savoir qu’elle souhaitait que toute la famille reste aux États-Unis, où ils résident à Natick, dans le Massachusetts. Une vie que Sadeghi risquerait de perdre s’il choisissait de fuir plutôt que de contester les accusations.
La juge a ordonné la libération de Sadeghi vendredi, moyennant le versement d’une caution de 500 000 dollars et son assignation à résidence stricte avec un bracelet électronique GPS. L’avocat de Sadeghi n’a pas répondu aux demandes de commentaires.
Sadeghi a plaidé non coupable d’avoir participé à un complot visant à enfreindre les lois américaines sur le contrôle des exportations et les sanctions en se procurant illégalement des technologies pour l’homme d’affaires iranien Mohammad Abedini.
Selon les procureurs, Abedini aurait fondé une entreprise qui compte parmi ses clients le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et il aurait mis au point un système de navigation utilisé dans les drones Shahed iraniens.
Les procureurs soutiennent que ce système de navigation a été utilisé dans le drone qui a frappé la base militaire américaine Tower 22, en Jordanie, à proximité de la frontière syrienne, lors d’une attaque menée en janvier 2024 par des militants soutenus par l’Iran, qui a coûté la vie à trois soldats de la réserve de l’armée et qui en a blessé 47 autres.
Les avocats de Sadeghi affirment qu’il n’existe aucune preuve que la technologie qu’il est accusé d’avoir exportée ait pu être retrouvée dans un drone. En février, la juge a interdit aux procureurs de présenter des preuves liées à l’attaque du drone en Jordanie lors de son prochain procès, prévu le 22 juin, afin d’éviter tout « préjudice injustifié ».
Sadeghi devrait être jugé seul après que les autorités italiennes ont libéré l’année dernière Abedini, qui attendait son extradition vers les États-Unis, suite à la détention par l’Iran d’un journaliste italien également remis en liberté par ce dernier.
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