Des dizaines de personnes ont manifesté samedi devant un bureau du ministère des Affaires étrangères dans la ville de Mashhad, au nord-est de l’Iran, scandant des slogans contre le haut diplomate Abbas Araghchi, dans le sillage d’une interview télévisée au cours de laquelle ce dernier a évoqué la signature d’un accord avec les États-Unis, accord qui permettrait de mettre un terme à la guerre.
Dans une vidéo qui a été diffusée par l’agence de presse Fars, des femmes vêtues de tchadors noirs scandent « Mort à l’infâme Araghchi, l’infiltré » devant le bâtiment, tout en agitant des drapeaux rouges et noirs.
Un habitant de Mashhad a confié à Reuters, à Dubaï, que certains manifestants scandaient : « Mort au compromis », une référence apparente à Araghchi. « Compromis, démission, démission ».
Ce mouvement de protestation a eu lieu alors que l’accord vanté par le président américain Donald Trump et par le médiateur pakistanais se heurte à l’opposition de personnalités iraniennes intransigeantes.
Ces dernières affirment qu’il ne sert pas les intérêts de l’Iran et qu’il priverait Téhéran de son influence sur le détroit d’Ormuz. Elles accusent également les négociateurs iraniens d’avoir fait trop de concessions pour conclure cet accord.
Dans une interview qui a été accordée vendredi à la télévision d’État, Araghchi a expliqué que l’accord qui est actuellement sur la table prévoyait la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens, imposé en réponse au blocus mis en place par l’Iran dans le détroit d’Ormuz.
« La gestion du détroit d’Ormuz ne sera plus la même qu’auparavant », a-t-il ajouté, disant que cette voie maritime était l’un des « principaux instruments de dissuasion » de l’Iran.
D’autres vidéos qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux, que l’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante, montrent des personnes devant le bâtiment du ministère des Affaires étrangères à Téhéran qui scandent : « Araghchi, démission » et « Ghalibaf, démission », en référence au président du Parlement et négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf.
Trump et le Pakistan ont fait savoir que l’accord qui vise à mettre un terme à la guerre pourrait être signé dès dimanche, même si Téhéran s’est montré plus prudent quant au calendrier.