Gaza: Reprise des violences entre les groupes terroristes palestiniens et Israël
Rechercher

Gaza: Reprise des violences entre les groupes terroristes palestiniens et Israël

Au moins 400 projectiles tirés par le Hamas depuis lundi après-midi ; Ashkélon: Un Palestinien mort dans les décombres après un tir de roquette

L'armée israélienne lance un missile du système du Dôme de fer pour intercepter une roquette de Gaza depuis une position dans la ville du sud israélien d'Ashkelon, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)
L'armée israélienne lance un missile du système du Dôme de fer pour intercepter une roquette de Gaza depuis une position dans la ville du sud israélien d'Ashkelon, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)

Un homme a été retiré mort cette nuit des décombres d’un bâtiment du sud d’Israël directement atteint par l’une des dizaines de roquettes tirées de la bande de Gaza depuis lundi après-midi, ont indiqué les secours israéliens. Il s’agit du premier mort causé par le barrage de roquettes palestiniennes.

L’homme tué en Israël est un Palestinien qui serait âgé d’une quarantaine d’années selon les médias et dont la police israélienne a dit vérifier les raisons de sa présence à Ashkélon. De nombreux Palestiniens travaillent en Israël.

Une femme de 60 ans a aussi été extraite dans un état critique selon la police. Elle a été retrouvée inconsciente dans l’un des appartements de l’immeuble et présentait d’importantes lésions causées par des éclats d’obus, ont indiqué les ambulanciers.

La roquette aurait touché les étages supérieurs de l’immeuble de quatre niveaux et laissé un trou béant dans l’un des murs. Selon Haaretz, ils ont été repérés par un photographe qui était venu prendre des photos des dégâts, près d’une heure après que la police et les secouristes ont quitté les lieux.

Le photographe a alors indiqué qu’ils étaient sous les décombres d’un mur qui s’est effondré. La police a déclaré au quotidien que tous les appartements avaient été inspectés quatre ou cinq fois, mais que cette unité de logement avait été lourdement endommagée et que « tout avait été détruit ».

Des dizaines d’Israéliens ont été légèrement blessés, essentiellement par des éclats, selon les secours.

Une femme israélienne blessée, évacuée de son appartement incendié après avoir été touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, est escortée à l’hôpital sur une civière dans la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Les alarmes à la roquette ont résonné dans tout le sud d’Israël mardi à l’aube et dans la matinée, mettant un terme à une brève accalmie survenue pendant la nuit et alors que des combats intenses entre l’Etat juif et Gaza entrent dans leur deuxième jour.

Des impacts de roquettes ont été rapportés à Ashkelon et dans des villes plus proches de la frontière avec Gaza, notamment à Sdérot. Deux habitations de la région d’Eshkol ont été touchées par ces projectiles. Il n’y aurait pas eu de blessés.

Ces nouveaux tirs de barrage surviennent après plusieurs heures de calme relatif en Israël, suite à des bombardements sans précédent et meurtriers sur des villes israéliennes situées à proximité de la frontière avec Gaza qui ont obligé la majorité des Israéliens de la région à passer la nuit dans des abris antiaériens et qui amènent aujourd’hui les parties sur le seuil de la guerre ouverte.

L’armée israélienne avait fait savoir, avant les nouveaux tirs de barrage de mardi, qu’environ 370 roquettes et obus de mortier avaient été lancés vers le territoire israélien depuis lundi, dont 70 roquettes envoyées vers des villes israéliennes depuis minuit, dans ce qui est considéré comme le plus important tir de barrage jamais réalisé vers le sud d’Israël. Les tirs de mardi matin élèvent dorénavant ce chiffre à plus de 400.

L’armée israélienne a indiqué que des douzaines de missiles avaient été abattus par le système de défense du Dôme de fer, et « qu’environ une centaine » ont été interceptés depuis lundi après-midi.

Alors que la majorité des roquettes qui n’ont as été interceptées par le Dôme de fer sont retombées dans des champs ouverts, plusieurs ont toutefois touché des habitations et autres bâtiments.

Les tirs ont semblé tout d’abord diminuer progressivement aux alentours de 1 heure 30 du matin. Plusieurs sirènes ont résonné dans les communautés proches de la frontière de Gaza juste après 4 heures du matin, mais aucun impact n’a été signalé.

A Gaza, des informations ont laissé entendre qu’il y avait eu des frappes aériennes israéliennes continues pendant la nuit, après une journée marquée par des douzaines d’attaques dans toute la bande et notamment dans des zones peuplées. L’armée israélienne a fait savoir mardi qu’elle avait frappé 150 cibles dans toute l’enclave côtière depuis la veille, y-compris des sites appartenant au Hamas et au Jihad islamique.

Depuis lundi après-midi, environ 400 tirs de roquettes ont été dénombrés par l’armée israélienne qui a indiqué avoir frappé en représailles près de 150 positions du mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas et de son allié, le Jihad islamique.

La plupart des roquettes sont retombées dans des zones inhabitées, a indiqué l’armée, mais des bâtiments ont été directement touchés, dont l’un à Ashkélon.

L’engrenage militaire a été enclenché lundi en milieu d’après-midi quand un soldat israélien a été gravement blessé par un tir de missile anti-char contre un car stationné près du kibboutz de Kfar Aza, non loin de la bande de Gaza au nord. Selon les secours, le jeune homme de 19 ans est dans un état critique.

Cette escalade survient après des mois de tensions qui font redouter une quatrième guerre en dix ans entre Israël et le Hamas qui gouverne sans partage l’enclave palestinienne, située entre l’Etat hébreu, l’Egypte et la Méditerranée.

Rien ne permet de dire si ces tensions, bien que plus prolongées que les précédents épisodes, vont retomber à leur tour ou si l’escalade va se poursuivre et faire avorter les efforts déployés depuis des semaines pour parer une nouvelle confrontation.

L’armée israélienne et la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont échangé les mises en garde musclées.

Dans la soirée, l’aviation israélienne a détruit le siège d’Al-Aqsa TV, la chaîne du mouvement islamiste du Hamas, ainsi qu’un ancien hôtel abritant les bureaux de services de sécurité en plein centre de la ville de Gaza – un « atout central » selon l’armée. « Le Hamas sait pertinemment quelles sont nos cibles et quel est le prix d’un conflit avec l’armée israélienne », a écrit le général de brigade Ronen Manelis sur Twitter.

« Nous continuerons à agir avec force ».

Le porte-parole de l’aile armée du Hamas Abu Obeidah a déclaré dans un nouveau message, que le groupe terroriste élargira la portée de ses tirs de roquettes au-delà de la région frontalière avec Gaza si les combats devaient persister.

« Le message de la résistance… Ce qui est arrivé à Ashkelon… est un avertissement stipulant que ce qui va arriver deviendra plus important si l’agression continue. Des frappes que vous n’avez jamais connu auparavant », a-t-il écrit sur Twitter.

Le porte-parole de l’aile militaire du Hamas Abu Obeidah (Crédit : Facebook)

Les sirènes d’alerte ont retenti toute la soirée et une partie de la nuit dans les localités israéliennes riveraines de la bande de Gaza, précipitant ou maintenant les résidents dans les abris.

Les classes de mardi ont été annulées dans plusieurs villes isaéliennes et les habitants ont reçu pour instruction de ne pas s’éloigner des abris.

L’armée israélienne a mobilisé des renforts et des moyens significatifs et déployé des batteries antimissiles du Dôme de fer supplémentaires, a dit un porte-parole, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

Une photo prise le 12 novembre 2018 montre un convoi de chars israéliens sur une autoroute près de la ville de Sdérot dans le sud d’Israël (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

« Nous sommes prêts à augmenter notre effort contre les organisations terroristes », a dit Jonathan Conricus aux journalistes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit réunir mardi matin son cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles, ont indiqué les médias.

L’envoyé spécial de l’ONU Nickolay Mladenov a dit continuer à travailler avec l’Egypte voisine pour éloigner Gaza des « bords de l’abîme ». « L’escalade des dernières 24 heures est extrêmement dangereuse et inconsidérée », a-t-il tweeté.

Au moins quatre Palestiniens ont été tués par les frappes, a rapporté le ministère gazaoui de la Santé contrôlé par le Hamas, qui a fait état de neuf blessés. Diverses organisations terroristes palestiniennes ont revendiqué ces morts, dont les Brigades Abu Ali Mustafa (branche armée du FPLP) et le Jihad islamique.

La bande de Gaza et ses alentours sont en proie depuis fin mars aux tensions entre Israël, le Hamas et ses alliés, qui ont culminé à de nombreuses reprises dans des flambées de violences jusqu’alors retombées au bout de quelques heures.

Un tel accès s’est à nouveau produit dimanche, lors d’une incursion à hauts risques des forces spéciales israéliennes qui a apparemment mal tourné.

Israël a parlé sans plus de précision d’une opération de collecte de renseignement. Les brigades al-Qassam ont, elles, évoqué l’opération clandestine de soldats progressant incognito dans l’enclave à bord d’une voiture civile palestinienne quand leur couverture a été percée à jour par une patrouille.

L’unité aurait pris la fuite sous les tirs de protection de l’aviation israélienne et aurait été évacuée auprès de la frontière par un hélicoptère israélien.

A LIRE : « Une dette énorme envers ce soldat tombé au combat » – Netanyahu

Sept Palestiniens, dont un commandant local de la branche armée du Hamas et cinq autres membres des brigades al-Qassam, ainsi qu’un lieutenant-colonel israélien ont trouvé la mort.

Les signes d’une possible détente s’étaient pourtant succédés ces dernières semaines, comme le transfert autorisé par Jérusalem la semaine passée de 15 millions de dollars versés par le Qatar, soutien de longue date du Hamas, pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du Hamas.

L’opération allait de pair avec les efforts déployés depuis des mois par l’Egypte et l’ONU en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a appelé mardi le Conseil de sécurité à condamner le tir de centaines de roquettes sur Israël. Dans sa lettre adressée aux membres du Conseil, l’ambassadeur a déclaré qu' »après une journée de barrages de roquettes, aucune définition du Hamas n’est possible à l’exception de celle d’organisation terroriste. Au monde, elle présente ses civils comme des victimes, puis les utilise comme boucliers humains. »

L’ambassadeur a ajouté qu ‘ »Israël a coopéré avec tous les organismes internationaux, y compris l’ONU, mais l’escalade agressive à Gaza indique que certains éléments poussent à une nouvelle vague de violence qui entraînera des destructions et des pertes dans la bande de Gaza ».

Le Conseil de sécurité vote la résolution 2334, adoptée avec 14 voix pour, zéro contre et une abstention, celle des Etats-Unis, le 23 décembre 2016. (Crédit : Manuel Elias/Nations unies)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...