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GB: le Board of Deputies inquiet pour une survivante de la Shoah coincée en Ukraine

Le gouvernement britannique a vu s'accumuler les critiques contre sa gestion chaotique de la délivrance de visas aux réfugiés ukrainiens qui tentent de rejoindre leurs proches

Des réfugiés attendent un transport après avoir fui l'Ukraine, au poste-frontière polonais de Medyka, le 7 mars 2022. (Crédit :  AP Photo/Markus Schreiber)
Des réfugiés attendent un transport après avoir fui l'Ukraine, au poste-frontière polonais de Medyka, le 7 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

« Des vies en dépendent »: le gouvernement britannique a vu s’accumuler mercredi les critiques contre sa gestion chaotique de la délivrance de visas par Londres aux réfugiés ukrainiens qui tentent de rejoindre leurs proches au Royaume-Uni.

Se faisant l’écho des témoignages de députés britanniques relayant les récits de leurs administrés dont des proches sont refoulés de centres de demandes de visas en Pologne, ou trouvent porte close à Bruxelles, le médiateur britannique a étrillé le ministère de l’Intérieur.

Le médiateur Rob Behrens a jugé « essentiel » que celui-ci « agisse pour corriger les manquements dans les traitements des demandes de visas ».

« Dans cette situation épouvantable, une action rapide est nécessaire pour s’assurer que le processus d’obtention d’un visa soit simple, accessible et rapide. Des vies en dépendent », a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Ont également été mis en évidence un manque d’information claire sur la localisation des centres consulaires, ainsi que des pertes de données personnelles et des retards, souligne-t-il.

L’organisation juive The Board of Deputies of British Jews a fait part de son inquiétude au sujet d’une femme de 90 ans qui a survécu à la Shoah et la famine en Ukraine, qui se trouve dans l’attente d’un visa.

Selon le site Jewish News, Kateryna Razumenko se trouve empêtrée dans des difficultés administratives en Pologne alors qu’elle essaie de rejoindre sa famille à Londres avec sa fille handicapée de 62 ans.

Des réfugiés juifs ukrainiens sont assis dans un abri d’urgence parrainé par l’IFCJ (International Fellowship of Christians and Jews) et le JDC à Chisinau, en Moldavie, le 5 mars 2022. (Crédit: Nati Shohat/Flash90)
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« Transformer l’espoir en désespoir »

Dans une lettre communiqué par l’Eglise catholique ukrainienne, plusieurs dignitaires religieux ont fait valoir que « les temps de guerre nécessitent action rapide et flexibilité, l’assouplissement des procédures habituelles et la suppression d’obstacles bureaucratiques complexes qui peuvent facilement transformer l’espoir en désespoir et en résignation ».

« Comment peut-on attendre de mères avec de jeunes enfants, de personnes âgées et handicapées, qui ont fait de milliers de kilomètres, remplissent des formulaires en ligne dans une langue qui leur est étrangère ? », ont-ils questionné.

Assurant que Londres a pris des « mesures urgentes », un porte-parole du gouvernement a assuré que celui-ci a débloqué du « personnel supplémentaire » pour faire face à l’afflux.

Selon Downing Street, le Royaume-Uni a accordé 957 visas à des Ukrainiens qui fuient l’invasion russe.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à son retour au 10 Downing Street à Londres, le 13 décembre 2019, après avoir rencontré la reine Elizabeth II pour obtenir son approbation en vue de former un nouveau gouvernement (Crédit : AP Photo/Thanassis Stavrakis).

« Nous allons être aussi généreux que nous le pouvons, mais nous devons avoir des contrôles », a fait valoir mercredi le Premier ministre Boris Johnson, qui avait fait de la maîtrise des frontières l’une des promesses du Brexit.

La confusion a notamment entouré l’annonce de l’installation d’un centre temporaire de demandes de visas dans le nord de la France, à Lille, à une centaine de kilomètres au sud de la ville portuaire de Calais, où des centaines de réfugiés ukrainiens se sont rendus dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni.

« Border Farce »

Ce centre qui doit ouvrir jeudi selon un porte-parole du gouvernement, mais il est exclusivement réservé aux personnes qui y auront été envoyées par la police britannique aux frontières. Les demandes doivent se faire en premier lieu auprès des services habituels, notamment à Paris et Bruxelles.

Le choix de Lille a été justifié par le risque présenté par les passeurs qui sévissent à Calais.

Appelant le Royaume-Uni à des assouplissements, l’ambassadeur ukrainien à Londres Vadym Prystaiko a souligné devant une commission parlementaire qu’avant la crise actuelle, son épouse n’avait pu obtenir son visa à temps à cause de difficultés administratives.

Selon lui, on peut s’attendre à ce qu’au moins 100 000 Ukrainiens cherchent à rejoindre leurs proches au Royaume-Uni.

Titrant sur la « Border Farce », détournement du nom de la police aux frontières britanniques, la « Border Force », le magazine conservateur The Spectator a dans un dessin ainsi résumé la situation: plusieurs pays européens accueillant les réfugiés avec un panneau de bienvenue, à côté de la ministre britannique de l’Intérieur Priti Patel brandissant une liste de critères plus grande qu’elle.

L’Union européenne a décidé d’accorder une protection temporaire aux réfugiés qui fuient la guerre en Ukraine, dont le cap des deux millions a été franchi mardi selon l’ONU.

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