Gotliv a-t-elle enfreint la loi en révélant l’identité d’un policier placé sous enquête?
La députéw du Likud accuse des membres du système judiciaire de "dangereuse corruption", dans le cadre de l'enquête sur un suspect dont elle a révélé l'identité malgré les 48 heures d'embargo de communication
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Jeudi, la députée du Likud Tally Gotliv a déclenché une véritable tempête politique et juridique après avoir révélé l’identité d’un haut responsable de la police placé sous enquête criminelle – au mépris de la loi qui interdit de le faire dans les 48 heures suivant la mise en détention d’un suspect.
Le haut responsable des forces de l’ordre faisant l’objet d’une enquête, qui a rang de chef-adjoint de la police, a été arrêté et interrogé sous caution par le Service des enquêtes internes de la police ce mercredi, soupçonné d’abus de confiance et d’autorité et d’être intervenu dans une affaire classifiée prise en charge par le service des crimes graves de la police israélienne, l’unité Lahav 433, pour aider un homme d’affaires de son entourage.
L’embargo édicté par le du tribunal de Jérusalem couvrait la plupart des éléments de l’enquête mais pas le nom de l’officier en question, ce qui signifie que, contrairement à certaines rumeurs, Gotliv n’a pas enfreint cet embargo.
Elle a toutefois enfreint la loi israélienne qui interdit de révéler le nom d’un suspect dans les 48 heures suivant le début de son interrogatoire, jusqu’à sa comparution devant le tribunal.
Ainsi, si un suspect est présenté au tribunal dans les 48 heures suivant son interrogatoire, son identité peut être révélée à l’issue de l’audience. Mais en l’espèce, le policier suspect n’avait pas encore comparu devant le juge, puisqu’il a été remis en liberté suite à son interrogatoire, mercredi soir.
En révélant l’identité du fonctionnaire dans une vidéo publiée sur X, Gotliv – une députée d’arrière-ban qui s’est fait connaitre par ses colères – s’en est prise à la cheffe du Service des enquêtes internes de la police, Keren Bar-Menachem, et à la procureure générale Gali Baharav-Miara, qu’elle a toutes deux traitées de « criminelles » et accusées de mener une enquête infondée, pour des motifs purement politiques.
Plus loin dans la vidéo, elle insiste en parlant de « corruption effrayante et dangereuse » au sein du système et en affirmant que le « péché » de l’officier a été de refuser de « rester les bras croisés face aux tentatives de dissimulation » de l’ex-procureure militaire générale Yifat Tomer-Yerushalmi dans le cadre de la fuite de Sde Teiman.
Les propos de Gotliv lui ont valu de vives critiques de la part de la députée travailliste Naama Lazimi, qui ne se prive jamais de critiquer la députée de droite.
« Tally Gotliv enfreint à nouveau un embargo et révèle l’identité d’un policier suspect dans une vidéo publiée par ses soins », a écrit Lazimi sur X. « Elle ne devrait pas avoir accès à des documents classifiés. »
Gotliv a réagi à ces remarques dans un nouveau message dans lequel elle redonne le nom du policier et traite ses détracteurs de « crétins et [de] moutons ».
« À tous les crétins et moutons du troupeau, je suis ravie de joindre la décision du juge Erlich, suite à la demande explicite du Service des enquêtes internes de la police, de ne pas interdire la publication du nom du chef de police adjoint… » a-t-elle écrit en redonnant le nom du suspect.
Le mois dernier, Gotliv a été appelée à rejoindre la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, qui traite fréquemment de questions sensibles.
Si l’accusation de Lazimi concernant l’embargo de communication est inexacte, il n’en reste pas moins que les propos de Gotliv semblent bien avoir enfreint la règle de confidentialité des 48 heures.
Ni le Service des enquêtes internes de la police ni le ministère de la Justice n’ont indiqué dans quelle mesure des sanctions pourraient être prises à son encontre.
la Communauté du Times of Israël !







