Harris appelle Mamdani et rencontre des pro-palestiniens – média
L'ex-vice-présidente aurait évoqué l'avenir du Parti démocrate avec Mamdani, quelques jours après que les candidats qu'elle soutenait ont gagné les primaires de New York ; tous deux seraient en contact depuis des mois
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Selon certaines informations, l’ancienne vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, s’est entretenue par téléphone la semaine dernière avec le maire de New York, Zohran Mamdani, et a rencontré à plusieurs reprises d’autres personnalités progressistes de premier plan, notamment des militants pro-palestiniens, dans la perspective d’une nouvelle candidature à la présidence en 2028.
Harris a appelé le maire dans la journée de jeudi, deux jours après que les candidats qu’il soutenait ont raflé trois primaires au Congrès à New York. Selon une source proche de cet échange, qui s’est confiée mercredi au site d’information Axios, les deux interlocuteurs ont eu une longue conversation au cours de laquelle ils ont évoqué l’avenir du Parti démocrate.
Les deux personnalités s’échangent également des SMS depuis plusieurs mois, a précisé le média.
Dans les trois élections qui se sont déroulées la semaine dernière, la question israélienne a occupé une place centrale, et ce sont les candidats les plus virulents dans leurs critiques envers Israël qui l’ont emporté. Ces candidats ont tous gagné les primaires dans des circonscriptions à majorité démocrate de la Chambre des représentants ; ils sont donc pratiquement assurés d’entrer au Congrès à l’issue des élections générales de novembre.
Kamala Harris semble déterminée à améliorer ses relations avec les progressistes. Lors de la précédente campagne électorale, ceux-ci lui avaient reproché de ne pas en faire davantage pour défendre la cause palestinienne.
La campagne de Harris avait rejeté la demande du « mouvement des non engagés » (Uncommitted), lequel avait refusé de la soutenir, visant à faire intervenir un orateur palestinien lors de la Convention du Parti démocrate de 2024.
Selon Axios, qui cite des sources proches de leurs discussions, Harris a récemment rencontré, parmi d’autres, Abbas Alawieh, cofondateur du mouvement des non engagés (Uncommitted), et James Zogby, membre du Comité national démocrate et défenseur de longue date des droits des Palestiniens.
Alawieh a confié à Axios avoir, au cours de leurs entretiens, « rappelé sa position de longue date, à savoir que l’argent des contribuables américains ne devrait jamais servir à frapper des civils ou à détruire des communautés entières ».
Zogby, ainsi que les porte-parole de Kamala Harris et de Zohran Mamdani, n’ont pas donné suite à la demande de commentaires d’Axios.
Depuis qu’elle a quitté ses fonctions, Harris a critiqué la position de l’administration précédente vis-à-vis d’Israël, reprochant notamment à l’ancien président américain Joe Biden de ne pas avoir fait preuve de suffisamment d’empathie envers les Gazaouis, et regrettant de ne pas avoir exercé davantage de pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant l’impact du conflit à Gaza sur les civils.
Dans son livre, Harris rend Biden responsable de sa défaite électorale. Elle affirme notamment que le président a perdu en popularité en partie à cause du « chèque en blanc » qu’il aurait, dit-elle, accordé à Netanyahu dans sa réponse au pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Les opinions de Kamala Harris font écho à une perception de plus en plus négative d’Israël au sein du Parti démocrate à l’échelle nationale. Ainsi, un sondage réalisé en avril a révélé que quelque 80 % des démocrates déclaraient avoir une opinion défavorable d’Israël, contre 40 % chez les républicains. Près de la moitié des démocrates de moins de 50 ans ont même indiqué avoir une opinion « très défavorable » d’Israël.
Rania Batrice, palestino-américaine et stratège progressiste, a pour sa part accueilli avec scepticisme cette initiative de Kamala Harris.
« Pourquoi devrions-nous lui faire confiance aujourd’hui ? », a-t-elle lancé à Axios. « Si ce changement est réel, c’est l’occasion pour elle de le prouver. »
Patrick Gaspard, allié de Kamala Harris et stratège démocrate de longue date, a confié à Axios qu’en tant que vice-présidente, Kamala Harris « s’inquiétait du manque d’empathie envers les Palestiniens dans la manière dont la Maison Blanche de Biden présentait ses politiques ».
« À l’époque, elle s’efforçait déjà, comme elle continue de le faire aujourd’hui, d’écouter des opinions au-delà de Foggy Bottom et de Pennsylvania Avenue », a insisté Patrick Gaspard.
Luke Tress a contribué à cet article.
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