Israël allège des restrictions sur la bande de Gaza malgré les violentes émeutes
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Israël allège des restrictions sur la bande de Gaza malgré les violentes émeutes

Ces mesures ont été annoncées au lendemain d'une émeute qui a rassemblé des centaines de Palestiniens à la frontière entre Gaza et Israël, pour la quatrième nuit consécutive

Des pêcheurs chargent une charrette tirée par des chevaux avant de livrer leur butin au marché, après qu'un nombre limité de bateaux a été autorisé à retourner en mer suite à un cessez-le-feu conclu après une guerre de 11 jours entre le Hamas et Israël, dans la ville de Gaza, le 23 mai 2021. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)
Des pêcheurs chargent une charrette tirée par des chevaux avant de livrer leur butin au marché, après qu'un nombre limité de bateaux a été autorisé à retourner en mer suite à un cessez-le-feu conclu après une guerre de 11 jours entre le Hamas et Israël, dans la ville de Gaza, le 23 mai 2021. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)

Pour la première fois depuis la guerre entre Israël et Gaza, l’Etat hébreu a rouvert mercredi le point de passage de Kerem Shalom et étendu la zone de pêche dans l’enclave palestinienne sous contrôle du Hamas, ont indiqué les autorités.

Israël avait fermé Kerem Shalom, seul point de passage israélien pour les marchandises vers la bande de Gaza, lors de la guerre de 11 jours l’opposant en mai au Hamas, pour le rouvrir progressivement après les affrontements meurtriers. Idem pour la zone de pêche de ce territoire enclavé de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis 2007.

Mais mercredi matin, le Cogat, l’organe israélien chargé des opérations civiles dans les Territoires palestiniens, a annoncé « qu’après une évaluation sécuritaire et validation de l’échelon politique, il avait été décidé d’étendre à 15 miles nautiques la zone de pêche de Gaza », son étendue maximum sous le blocus, et de rouvrir « complètement » le point de passage de Kerem Shalom.

L’Etat hébreu va aussi acheminer davantage d’eau à Gaza et faire passer de 2 000 à 7 000 le nombre de permis pour les commerçants de la bande de Gaza les autorisant à traverser le point de passage d’Erez, le seul permettant aux Palestiniens de cette enclave d’entrer ou de transiter par Israël, a ajouté le Cogat.

Ces mesures sont « conditionnelles » au maintien de la sécurité dans l’enclave, a-t-il précisé.

Ces mesures ont été annoncées au lendemain d’une violente émeute qui a rassemblé des centaines de Palestiniens à la frontière entre Gaza et Israël, pour une quatrième nuit consécutive d’émeutes.

Des habitants de Gaza appartenant aux « unités de confusion nocturne » ont incendié des pneus et les ont fait rouler vers les soldats stationnés le long de la frontière, et ont lancé des explosifs artisanaux, renouvelant ainsi les violences observées au cours des trois nuits précédentes.

Alors que les troupes israéliennes répliquaient, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré qu’un Palestinien avait été modérément blessé par les tirs à balles réelles de la part de soldats israéliens.

L’armée n’a pas fait de commentaire immédiat et aucun blessé n’a été signalé du côté israélien.

Des Palestiniens font brûler des pneus lors d’émeutes à la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Gaza City, le 30 août 2021. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Les « unités de confusion nocturne » à l’origine des émeutes frontalières ne sont pas officiellement liées au Hamas, bien que leurs activités ne puissent avoir lieu sans l’approbation du groupe terroriste qui dirige la bande de Gaza.

Les groupes, qui sont affiliés à diverses factions terroristes, ont déclaré que les émeutes nocturnes à la frontière se poursuivraient au moins jusqu’à jeudi, à partir de 20 heures chaque soir.

Les dernières violences à la frontière ont eu lieu alors qu’Israël a autorisé des dizaines de camions de matériaux de construction à entrer dans la bande de Gaza mardi.

Bassam Ghabin, directeur du côté palestinien du passage de Kerem Shalom, a déclaré que 30 camions de ciment, 120 camions de gravier et 15 camions d’acier sont entrés dans la bande de Gaza. Il a ajouté que les matériaux ont commencé à arriver lundi et que le point de passage fonctionnait presque au même niveau qu’avant les onze jours d’hostilités du mois de mai.

Un agent du Hamas contrôle un camion entrant dans la bande de Gaza à la porte du passage de marchandises de Kerem Shalom avec Israël, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 juin 2021. (Adel Hana/AP)

Un responsable de la sécurité israélienne, s’exprimant sous couvert d’anonymat en vertu des directives politiques, a confirmé que des matériaux de construction étaient entrés à Gaza. Il n’avait pas de détails précis, mais a déclaré qu’ils relevaient de décisions gouvernementales annoncées précédemment.

S’adressant aux responsables de la défense lundi soir, le chef d’état-major Aviv Kohavi a averti qu’Israël ne tolérerait pas les émeutes à la frontière.

« Le calme et la sécurité permettront une amélioration des conditions civiles, mais les émeutes et la terreur entraîneront une réponse ou une opération forte », a-t-il déclaré.

« Nous avons amélioré notre capacité d’attaque dans la bande de Gaza et nos plans opérationnels et si le calme n’est pas préservé dans le sud, nous n’hésiterons pas à nous lancer dans une autre campagne », a-t-il ajouté. « La réalité de la vie [des Gazaouis] peut être complètement différente et considérablement améliorée – mais ce ne sera pas le cas tant que les actes terroristes, quels qu’ils soient, se poursuivront. »

L’annonce intervient également deux jours après le décès d’un tireur d’élite israélien, blessé dans des affrontements entre manifestants palestiniens et forces israéliennes le long de l’enclave, et une rencontre à Ramallah, en Cisjordanie, entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le ministre israélien de la Défense Benny Gantz, la première à ce niveau depuis des années, pour discuter de sécurité et d’économie.

Leur rencontre a eu lieu peu après celle à Washington entre le Premier ministre israélien Naftali Bennett et le président américain Joe Biden, ainsi qu’un accord entre Israël et le Qatar sur un nouveau système de distribution de l’aide qatarie, qui se chiffre en dizaines de millions de dollars par mois, à la bande de Gaza.

Cette aide mensuelle était bloquée depuis mai par l’Etat hébreu qui reprochait au Hamas de la détourner à des fins militaires, ce que le groupe terroriste islamiste armé nie. Selon les termes du nouvel accord, la distribution de l’aide qatarie à Gaza se fera désormais via l’intermédiaire de l’ONU.

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