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Israël va réduire de 40 % les droits de douane sur le lait importé pendant 6 mois

Bezalel Smotrich affirme que cette mesure "garantira un approvisionnement suffisant en lait à un prix équitable" pendant les fêtes juives, période durant laquelle la production locale diminue

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Illustration : Du lait et d'autres produits laitiers exposés dans un supermarché Rami Levy, à Jérusalem, le 17 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90/Dossier)
Illustration : Du lait et d'autres produits laitiers exposés dans un supermarché Rami Levy, à Jérusalem, le 17 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90/Dossier)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, devrait signer la semaine prochaine un décret visant à réduire les droits de douane sur le lait importé pendant six mois afin d’éviter une pénurie de produits laitiers dans les magasins de détail et les chaînes de supermarchés pendant les prochaines fêtes du Nouvel an juif. Cette mesure vise également à faire baisser les prix.

Ce décret supprimera les droits de douane pouvant atteindre 40 % actuellement prélevés sur le lait de vache naturel, jusqu’au 28 février 2026, afin de répondre à la demande accrue pendant la période des fêtes et de garantir un approvisionnement continu.

Les fêtes du Nouvel an juif – Rosh HaShana, Yom Kippour, Souccot et Shemini Atzeret-Simhat Torah – qui commencent le mois prochain tomberont ou débuteront en milieu de semaine, entraînant l’arrêt de la production pendant neuf jours ouvrables au total, selon le ministère de l’Agriculture. En conséquence, environ six millions de litres de lait cru ne seront pas transformés, selon les estimations du ministère. Cette baisse de production, conjuguée à l’augmentation de la demande, devrait aggraver la pénurie de lait pour les consommateurs.

Au cours des deux dernières années, le ministère des Finances a relevé à plusieurs reprises les droits de douane sur le lait importé afin d’augmenter l’offre, d’encourager la concurrence et de contribuer à faire baisser les prix pour les Israéliens, qui sont confrontés à un coût de la vie élevé en cette période difficile de guerre. Israël réglemente le prix d’un certain nombre de produits laitiers essentiels fabriqués localement, comme le lait, le fromage blanc à pâte molle ou encore le pain ordinaire, qui sont plus chers qu’en Europe.

Dans le cadre de la dernière vague de hausses de prix, le gouvernement a décidé en mai d’augmenter de 1,41 % en moyenne les prix des produits laitiers réglementés par l’État, y compris le lait.

« C’est une nouvelle étape importante dans notre lutte permanente contre le coût de la vie », a promis Smotrich.

Une ferme laitière dans la communauté frontalière de Gaza, au kibboutz Alumim. (Crédit : Autorisation)

« Nous supprimons les barrières et les droits de douane pour accroître la concurrence. Nous garantirons ainsi un approvisionnement suffisant en lait à un prix équitable. »

« Lorsque vous augmentez la concurrence, l’offre augmente et les prix baissent », a-t-il ajouté.

Cependant, le ministère des Finances n’a pas indiqué si les ordonnances temporaires répétées levant les droits de douane sur le lait au cours des deux dernières années avaient permis d’attirer davantage d’acteurs sur le marché des produits laitiers. L’importation de lait pour une durée limitée, en particulier en période de guerre, se heurte à des obstacles économiques et logistiques, auxquels s’ajoutent les coûts supplémentaires liés au transport et à la certification casher.

Dagan Yarel, le directeur de l’Association israélienne des éleveurs de bétail (ICBA), a dénoncé la décision de Smotrich.

« Cela n’a rien à voir avec la sécurité alimentaire des Israéliens ou avec les défis à relever en période de guerre », a déclaré Yarel.

« Nous avons proposé des alternatives pour la période des fêtes afin d’éviter une pénurie locale de lait due aux restrictions casher, comme autoriser les non-Juifs à travailler dans les laiteries pendant les fêtes, mais ces propositions n’ont même pas été acceptées. »

« Au lieu de cela, le gouvernement préfère nuire aux producteurs laitiers de Gaza et de la frontière nord, et récompenser les producteurs laitiers de Pologne, un pays où les Juifs sont attaqués par des antisémites dans le camp de concentration d’Auschwitz », s’est-il indigné.

Auparavant, le lait ordinaire était vraisemblablement importé de Pologne par Rami Levy, l’une des plus grandes chaînes de supermarchés du pays.

Des Israéliens manifestant contre la flambée des prix de l’immobilier à Tel Aviv et le coût de la vie, le 2 juillet 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La décision de lever les droits de douane fait suite à la demande formulée la semaine dernière par le ministre de l’Agriculture, Avi Dichter, qui a exhorté Smotrich à signer un décret temporaire annulant les droits de douane sur le lait importé à compter du 28 septembre et pour une durée de sept semaines, afin de répondre à la demande de pointe et d’éviter toute pénurie pendant la période des fêtes du Nouvel an juif.

« L’ouverture temporaire et contrôlée du marché aux importations vise à remédier à la pénurie locale attendue, à garantir la continuité de l’approvisionnement en lait de la population et à éviter tout préjudice pour les consommateurs, sans porter atteinte à l’industrie locale à long terme », avait déclaré le ministère.

Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture avait également souligné qu’il n’y avait pas de pénurie de lait cru produit dans les exploitations laitières.

« Au contraire, les exploitations laitières respectent les quotas et la demande, et produisent même plus que la demande (environ 106 %) », avait-il ajouté.

« Cependant, pendant la période des fêtes du Nouvel an juif chaque année, la capacité de production des fermes laitières diminue fortement en raison de la réduction du nombre de jours ouvrables et de la fermeture des laiteries le samedi et les jours fériés [conformément aux exigences de la casheroute]. »

Les prix des produits laitiers en Israël sont un sujet sensible qui suscite souvent des réactions qui dégénèrent en manifestations de masse contre le coût élevé de la vie.

En 2011, la « révolte du cottage » avait donné lieu à plusieurs semaines de troubles sociaux, poussant les supermarchés à baisser le prix des produits laitiers et à mettre en place des réformes visant à réduire les coûts pour les consommateurs.

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