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Jerry Lee Lewis, grande légende du rock ‘n’ roll, est mort à 87 ans

Il fait partie des premiers musiciens intronisés au "Rock and Roll Hall of Fame" à sa création en 1986

Jerry Lee Lewis lors de la cinquième édition annuelle du Rock 'n' Roll Revival au Madison Square Garden de New York, le 14 mars 1975. (Crédit : AP Photo/Rene Perez, File)
Jerry Lee Lewis lors de la cinquième édition annuelle du Rock 'n' Roll Revival au Madison Square Garden de New York, le 14 mars 1975. (Crédit : AP Photo/Rene Perez, File)

L’un des derniers grands pionniers du rock ‘n’ roll, le musicien américain Jerry Lee Lewis, est mort à l’âge de 87 ans, a annoncé le 28 octobre son agent à l’AFP.

Associé pour l’éternité à la chanson « Great Balls of Fire », réputé pour sa forte présence sur scène et son style dynamique au piano, légende du rock originaire de Louisiane (sud), Jerry Lee Lewis est décédé de causes naturelles, a précisé la même source.

« Il est prêt à partir », aurait dit son épouse Judith peu avant sa mort, selon un communiqué.

À la fois ami et rival du King Elvis Presley lui-même, Jerry Lee Lewis avait influencé toute une génération de musiciens, comme Bruce Springsteen qui disait à son propos en 1995 : « Il ne joue pas du rock ‘n’ roll, il est le rock ‘n’ roll. »

Il était aussi fameux pour ses tubes que pour les drames et scandales qui ont jalonné son existence.

« Il y avait le rockabilly, il y avait Elvis. Mais le vrai rock ‘n’ roll n’existait pas avant que Jerry Lee Lewis n’entre en scène », déclarait l’homme aux boucles blondes qui parlait ainsi de lui-même, à son biographe, avec son fort accent du sud.

« Quand on pensera à moi, j’aimerais que ce ne soit ni pour mes femmes, même si j’en ai eu quelques unes, ni pour les villas et l’argent que j’ai eu ou dépensé. J’aimerais que l’on se souvienne de moi simplement pour ma musique », disait-il. Pur interprète, il n’écrivait pas ses chansons.

Ferme hypothéquée

Né le 29 septembre 1935 dans une famille pauvre à Ferriday, en Louisiane, il découvre le piano à 9 ans et ses parents hypothèquent la ferme familiale pour payer son instrument.

Élevé dans une famille pentecôtiste, il est envoyé dans un établissement chrétien au Texas pour devenir pasteur mais se fait renvoyer, selon lui « pour avoir joué ‘My God Is Real’ à la sauce boogie-woogie », qu’il maîtrise déjà avec brio.

En 1956, il part pour Memphis (Tennessee), la Mecque de la nouvelle musique américaine, et est l’un des premiers à signer avec le célèbre label Sun Records. Sa rencontre, cette même année, avec Elvis Presley, Johnny Cash et Carl Perkins accouche d’une séance d’enregistrement mythique connue sous le nom de « Million Dollar Quartet » (« Le quatuor à un million de dollars »).

En 1957, son premier titre, « Whole lotta shakin’ goin’ on », porte déjà la marque de son style échevelé.

Chuck Berry, à gauche, et Jerry Lee Lewis lors d’une réception au Waldorf-Astoria, à New York, le 23 janvier 1986. (Crédit : AP Photo/G. Paul Burnett, File)

Alors que le rock est encore balbutiant, la foule se presse pour le voir marteler férocement le clavier de ses doigts, coudes ou pieds, ses cheveux se balançant furieusement sur le rythme effréné tandis qu’il envoie valser son tabouret dans un pas de danse sauvage.

« Si je vais en enfer, j’irai en jouant du piano », aimait dire cet éternel rebelle, provocateur jusqu’à mettre le feu à son piano à la fin d’un concert, renforçant sa réputation de « bad boy » du rock.

Quelques mois plus tard, « Great Balls of Fire », qui sera aussi le titre d’un docu-drama sur sa vie en 1989, le propulse dans le top des ventes et fait de lui l’une des vedettes les plus adulées du moment.

Scandale et boycott

Il est prêt à conquérir l’Europe quand la presse découvre que sa troisième épouse, Myra Gale Brown, est sa cousine germaine âgée de 13 ans.

La nouvelle provoque un scandale en Grande-Bretagne et les radios américaines décident de boycotter le chanteur, qui connaît une disgrâce pendant une demi-douzaine d’années avant de refaire surface en abandonnant le rock pour la musique country.

Les deux décennies qui suivent sont marquées par son divorce avec Myra, les morts brutales de ses fils de 3 ans (noyade) et 19 ans (accident de voiture) et de ses quatrième (retrouvée morte dans sa piscine en forme de piano) et cinquième (overdose, selon la police) épouses.

Jerry Lee Lewis sur scène à New York le 26 septembre 2006. (Crédit : AP Photo/Dima Gavrysh, File)

Fantasque et parfois violent, l’alcool et les drogues lui ont valu de sérieux ennuis de santé et autant de démêlés avec la police. En 1976, il est arrêté en pleine nuit, ivre et armé, après avoir enfoncé le portail de Graceland, la propriété d’Elvis Presley à Memphis.

Mais la légende ne faiblit pas, au contraire, et il fait partie des premiers musiciens intronisés au « Rock and Roll Hall of Fame » (musée et panthéon du rock, à Cleveland, Ohio), à sa création en 1986.

En 2006, il enregistrait un nouvel album applaudi par la critique, « Last Man Standing », sur lequel figurent les Stones, Keith Richards et Mick Jagger, puis « Mean Old Man » en 2010, avec Eric Clapton et Springsteen.

Il a passé une partie de ses dernières années dans son ranch de Nesbit (Mississippi), avec sa septième épouse, et montait encore sur scène début 2019. Mais, à la suite d’un AVC mineur en mai de cette année, il avait annulé des concerts.

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