La grille du garage de Levin cadenassée après sa tentative d’éviction de la procureure générale
Le ministre de la Justice en veut aux "anarchistes" qui ont cadenassé l'entrée du parking de son immeuble ; Yesh Atid a déposé un recours pour que Levin laisse travailler la procureure générale
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Des manifestants ont cadenassé la grille d’accès au parking de l’immeuble du ministre de la Justice, Yariv Levin, à Modiin, dans le centre d’Israël, en signe de protestation après que le chauffeur de Levin a, sans en avertir la procureure, changé les serrures du bureau que partagent son employeur et Gali Baharav-Miara.
Les habitants de l’immeuble ont rapidement brisé les chaînes.
« Ces anarchistes estiment légitime de cadenasser l’entrée du parking de l’immeuble dans lequel vit le ministre Levin. Or ce parking n’est pas uniquement le sien mais aussi celui des autres habitants de l’immeuble », a déclaré son cabinet par voie de communiqué.
Sur une photo, on voit le cadenas assorti d’un petit mot qui dit : « C’est le chauffeur de Levin qui a la clef ».
Levin envisage de porter plainte, a rapporté la chaîne N12, en ajoutant que la sécurité du ministre de la Justice avait été renforcée.
L’incident s’est produit au lendemain de la privation d’accès à son bureau de Baharav-Miara, dernière tentative en date de Levin pour se débarrasser de la procureure générale. La semaine dernière, le Conseil des ministres avait voté son limogeage après avoir formé un comité ad hoc. Mais la Cour Suprême israélienne a immédiatement pris un référé contre cette décision et ordonné au gouvernement de ne pas empêcher Baharav-Miara d’exercer ses fonctions.
Le parti Yesh Atid du chef de l’opposition, Yair Lapid, a déposé mercredi un recours auprès de la Cour Suprême pour demander une ordonnance empêchant Levin d’interférer avec les fonctions de Baharav-Miara.
Dans sa demande, Yesh Atid a écrit que « le ministre de la Justice a agi en toute conscience et de manière délibérée, sans aucun respect pour l’autorité de la Cour ».
Selon le site d’information Ynet, des sources proches du ministère de la Justice auraient dit que Baharav-Miara ne laisserait pas Levin la court-circuiter en ne travaillant qu’avec ses adjoints.
« C’est Baharav-Miara la procureure générale », ont déclaré les sources.
La Cour a par ailleurs commandé à Levin de répondre avant dimanche aux recours lui reprochant d’avoir enfreint sa propre décision autorisant Baharav-Miara à continuer de travailler malgré le vote du Conseil des ministres en faveru de son limogeage.
Opposant peu fréquent à Baharav-Miara, Levin fait néanmoins en sorte de l’empêcher de travailler. Selon Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel, suite au vote en faveur de son limogeage, le chauffeur de Levin a appelé les collaborateurs de Baharav-Miara pour leur dire de ne plus utiliser le bureau qu’elle et Levin partagent à Tel Aviv.
Face au refus d’obtempérer de la procureure générale, le chauffeur a, à la demande de Levin, changé les serrures du bureau et ainsi empêché l’équipe de Baharav-Miara d’entrer.
Cela a valu à Levin une pluie de condamnations mais aussi de moqueries de la part de ses opposants politiques et du président du barreau d’Israël, qui a traité Levin de « criminel qui met en danger l’existence d’Israël ».
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