Sans prévenir, le ministre de la Justice change les serrures du bureau de la procureure générale
Le président du Barreau d'Israël a demandé l'arrestation de Yariv Levin pour violation de l'ordonnance de la Cour Suprême lui interdisant d'entraver le travail de Gali Baharav-Miara

Mardi, le chauffeur du ministre de la Justice Yariv Levin a changé les serrures du bureau que Levin partage avec la procureure générale, Gali Baharav-Miara, sans l’en avertir, ce qui semble contraire à l’ordonnance de la Cour interdisant à Levin d’empêcher Baharav-Miara de faire son travail.
Il s’agit, en l’espèce, de la dernière tentative en date de Levin pour se débarrasser de Baharav-Miara. La semaine dernière, le cabinet a voté son limogeage dans le cadre d’un comité ad hoc. La Cour Suprême a immédiatement bloqué cette décision en ordonnant au gouvernement de ne pas empêcher Baharav-Miara d’exercer ses responsabilités.
Levin s’est rarement affronté à Baharav-Miara, ce qui ne l’a pas empêché de faire en sorte de lui compliquer la tâche.
Selon Zman Yisrael, l’édition en hébreu du Times of Israel, suite au vote en faveur de son limogeage, le chauffeur de Levin aurait appelé les collaborateurs de Baharav-Miara pour leur dire de ne pas utiliser le bureau que Baharav-Miara et Levin partagent à Tel Aviv.
Face au refus de la procureure générale, le chauffeur a changé les serrures du bureau à la demande de Levin, privant les collaborateurs de Baharav-Miara de l’accès à leur bureau.
Levin a confirmé par voie de communiqué que les serrures avaient été changées en s’abstenant bien de donner le titre officiel de Baharav-Miara.
« Les serrures du bureau du ministre ont effectivement été changées », peut-on lire dans le communiqué. « Ce bureau est celui du ministre, pas celui de l’avocate Baharav-Miara. Sa volonté d’utiliser le bureau du ministre sans autorisation est un nouvel exemple de la conduite pour le moins surprenante d’une personne par ailleurs destituée de ses fonctions. »
Le changement de serrure a valu à Levin moult condamnations et moqueries de la part de ses opposants politiques et d’Amit Becher, à la tête du Barreau d’Israël, qui a traité Levin de « criminel qui met en danger l’existence d’Israël ».
« Il ne claque pas seulement la porte au nez de la procureure générale mais à celui de l’État de droit dans son ensemble », a-t-il écrit dans un message sur les réseaux sociaux. « C’est la dernière manœuvre d’une campagne totalement folle destinée à écraser le système judiciaire et manquer de respect aux décisions de la Cour suprême. »
Il a ajouté que Levin représentait une « menace existentielle » pour Israël et qu’il méritair d’être arrêté.
« Sa place est derrière les barreaux, pas à la table du gouvernement », a a écrit Becher. « Il doit être expulsé immédiatement. »
Le président du parti Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a quant à lui plaisanté : « Qui a dit que les jardins d’enfants n’étaient pas ouverts en août ? »
Le chef de l’opposition Yair Lapid a adopté un ton plus sérieux en écrivant : « Au moment où les otages meurent à Gaza et où l’armée israélienne se bat pour nous, le ministre de la Justice agit comme le dernier des criminels et viole les décisions de justice on ne peut plus claires. »
« Aux moments les plus difficiles d’Israël, nous avons un gouvernement de repris de justice, de corrompus et de contrevenants », a écrit le leader de Yesh Atid.
Le président du parti démocrate, Yair Golan, a condamné l’incident et qualifié le gouvernement d’« organisation criminelle qui s’accroche au pouvoir par la force ».







