La LICRA demande à Saint-Denis de ne plus utiliser un logo ressemblant au sien
"Saint-Denis ne se laissera pas intimider", a répondu le nouveau maire LFI controversé, Bally Bagayoko
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Vendredi, la LICRA a indiqué au nouveau maire controversé LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qu’elle n’avait abordé qu’une « question basique de droits des marques » en demandant récemment à la ville d’abandonner le logo ressemblant au sien, adopté dès 2024 par la précédente municipalité.
Jeudi, le nouvel édile, qui a affirmé que siffler la Marseillaise était un « droit », avait annoncé sur le réseau social X que sa ville avait été « mise en demeure » par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) d’arrêter d’utiliser son logo tricolore aux trois visages : « Quand la précédente équipe municipale pouvait utiliser ce logo en toute tranquillité, la nôtre devrait aujourd’hui en assumer, dans l’urgence, le remplacement et son coût », avait-il protesté.
« Curieusement, c’est donc sous notre mandature que ce risque de confusion, resté invisible pendant des années, devient soudainement insupportable », avait écrit le maire, élu en mars, soulignant que cela allait impliquer « de revoir l’ensemble de la signalétique des bâtiments municipaux, ce qui représente un coût important pour les finances de la ville ».
« Saint-Denis ne se laissera pas intimider », avait-il conclu.
« La mairie a utilisé un logo qui appartient à la Licra depuis vingt ans, peu importe qui est à la tête de la mairie », a argumenté vendredi le président de la LICRA, l’avocat Mario Stasi, joint par l’AFP.
Il n’a pas souhaité communiquer le courrier d’avocat envoyé à la mairie, ni expliquer pourquoi cette demande juridique n’était présentée que maintenant.
La Licra affirme qu’il s’agit d’un courrier « très sobre et très technique », resté sans réponse pendant « deux mois ». Et tout en renvoyant au maire la responsabilité d’une polémique dans laquelle elle dit ne pas vouloir entrer, la LICRA a reproché à M. Bagayoko d’avoir publié un « post racoleur et inexact ».
Le logo contesté avait été présenté publiquement et dans des articles de presse dès le mois d’octobre 2024, à l’image de celui désormais commun aux villes de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine, alors en passe de fusionner au 1er janvier 2025.
Le maire socialiste Mathieu Hanotin avait été cité dans Le Parisien comme vantant « la première commune de France qui choisit d’être représentée par ses habitants », à travers un « logo à visage humain ». L’agence Royalties avait déclaré avoir basé ce nouveau graphisme sur près de 150 profils d’habitants.
Dans son communiqué, la LICRA conteste à présent « un logo susceptible de créer une confusion » avec le sien et qui n’a « pas été déposé à l’INPI » (Institut national de la propriété industrielle).
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