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La Palestinienne qui a tué Matan Zinman mise en examen pour homicide par négligence

La mère du jeune israélien tué dans une collision frontale en Cisjordanie le mois dernier affirme que l'incident était délibéré ; la suspecte a été libérée sous caution

Matan Zinman. (Crédit : Avec l’aimable autorisation)
Matan Zinman. (Crédit : Avec l’aimable autorisation)

Une Palestinienne de 27 ans qui a été impliquée dans un accident de voiture mortel en Cisjordanie le mois dernier est soupçonnée d’homicide par négligence, a rapporté mardi le radiodiffuseur public Kan.

La jeune femme a été interrogée la semaine dernière pour sa responsabilité dans l’accident qui a eu lieu sur la route 60, à proximité de l’implantation d’Ariel, en Cisjordanie, qui a tué le jeune Matan Zinman, âgé de 6 ans, et blessé quatre autres membres de sa famille.

Elle conduisait la voiture impliquée dans la collision frontale avec le véhicule israélien. Elle est soupçonnée d’avoir franchi une ligne continue simple, d’avoir dévié de sa voie, d’avoir conduit de manière imprudente et d’avoir ensuite causé la mort par négligence.

Elle a été libérée sous caution, selon les informations communiquées.

Rivka, la mère de Zinman, qui conduisait lorsque la collision s’est produite, a été modérément blessée. Trois autres de ses enfants, qui se trouvaient dans la voiture à ce moment-là, ont également été blessés dans l’accident.

Elle a insisté sur le fait que le véhicule palestinien s’était délibérément déporté sur la voie opposée et que l’accident constitue une attaque terroriste.

Le lieu de l’accident où Matan Zinman, six ans, a été tué dans un accident de voiture près de l’implantation d’Ariel, en Cisjordanie, le 27 juillet 2022. (Crédit : Magen David Adom)

« J’ai ralenti mais la voiture en face a accéléré. J’ai réalisé qu’il y allait y avoir une collision et je n’ai pas réussi à m’arrêter. La collision s’est produite à une vitesse folle », a-t-elle déclaré à l’époque.

« Mon petit fils a été assassiné. C’était une collision délibérée, une attaque, ils voulaient me faire du mal. J’ai vu tout ce qui s’est passé, j’étais pleinement consciente. Je demande qu’une enquête soit ouverte. C’était une attaque terroriste », a-t-elle déclaré.

La police n’a pas indiqué qu’elle considérait la collision comme ayant été une attaque terroriste.

Après l’incident, le chef du parti Sionisme religieux, le député Bezalel Smotrich, qui a été ministre des Transports par le passé, a imputé l’accident au mauvais état des routes en Cisjordanie et à ce qu’il a appelé « la culture de la conduite arabe ».

Rivka Zinman à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, le 28 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un rapport publié en juin par le Centre de recherche et d’information de la Knesset et cité par le site d’information Ynet a montré que les accidents de voiture mortels étaient plus susceptibles d’avoir lieu en Cisjordanie et d’impliquer des conducteurs palestiniens. Parmi les accidents de voiture impliquant uniquement des conducteurs israéliens, 5 % ont été mortels, contre 14 % lorsque les conducteurs étaient palestiniens. La moyenne nationale est de 3 %.

Un rapport du contrôleur de l’Etat, publié en mai indique qu’une des raisons possibles de cette tendance est le manque de contrôle officiel des véhicules palestiniens. En Cisjordanie, les contrôles techniques des voitures sont effectués de manière privée, sans qu’aucun organisme officiel ne supervise le processus.

Cela signifie que la seule supervision des systèmes de sécurité des véhicules palestiniens se fait aux check-points.

Selon le groupe de pression pour la sécurité routière Or Yarok, 180 personnes ont été tuées sur les routes israéliennes depuis le début de l’année. Ce chiffre est à comparer aux 178 personnes tuées au cours de la même période en 2021.

L’année dernière, 361 personnes sont mortes sur les routes israéliennes, selon l’Autorité nationale de la sécurité routière.

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