La police examine une plainte contre le rabbin Dov Lior
Rabbis for Human Rights accuse le chef religieux d’incitation au racisme et à la violence et d’encouragement au vol, après ses propos autorisant les Juifs à récolter des olives sur des terres palestiniennes
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

La police a déclaré lundi qu’elle examinait une plainte déposée à la suite des propos tenus par le rabbin Dov Lior, chef religieux ultranationaliste, qui a déclaré que les Juifs pourraient récolter des olives appartenant à des Palestiniens.
« Une plainte a été reçue par la police israélienne et transmise pour examen et traitement aux autorités compétentes », a indiqué la police.
Lior, le rabbin le plus influent de la communauté sioniste religieuse radicale, a écrit vendredi dans une décision religieuse que les terres palestiniennes avaient en réalité été volées aux Juifs, puisque le peuple juif n’avait jamais renoncé de son plein gré à ses biens en Terre d’Israël.
Lior, 92 ans, a écrit qu’il était permis aux Juifs de récolter les olives sur des propriétés palestiniennes auxquelles les propriétaires n’avaient pas accès en raison d’interdictions imposées par les services de sécurité, et même sur n’importe quelle terre, « afin de montrer à tous que cette terre nous appartient, et ce faisant, on accomplit le commandement [religieux] de conquérir le pays ».
Dimanche, l’organisation « Rabbis for Human Rights » a déposé plainte pour incitation au racisme et incitation au vol de biens.
« Je regrette de devoir déposer une plainte auprès de la police contre un rabbin en Israël, mais la réalité nous oblige à nous ranger du côté de la Torah », a déclaré Anton Goodman, directeur par intérim de Rabbis for Human Rights.
« Pénétrer sur les terres d’autrui et s’emparer de leurs récoltes en violation de la loi – ce n’est pas ce que Dieu attend de nous sur cette Terre. »
Le code pénal israélien définit le racisme comme « la persécution, l’humiliation, l’avilissement, la manifestation d’inimitié, d’hostilité ou de violence, ou l’incitation à la discorde à l’encontre d’un groupe ou de segments de la population, le tout sur la base de la couleur de peau, de l’appartenance à une race ou de l’origine nationale ou ethnique », un acte passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.
Toutefois, les procureurs se sont montrés réticents à inculper des rabbins pour des décisions religieuses.
En 2012, le procureur général de l’époque, Yehuda Weinstein, avait classé sans suite une enquête visant les auteurs du tristement célèbre ouvrage Torat Hamelech, qui affirmait qu’il était permis, dans certaines situations, de tuer des non-Juifs selon la loi juive orthodoxe – ou halakha. Weinstein avait déclaré que l’affaire avait été classée car il n’y avait pas suffisamment de preuves que le livre eut été publié dans l’intention d’inciter au racisme.
Un mandat d’arrêt avait été délivré à l’encontre de Lior dans cette affaire en 2011, car il avait rédigé une préface élogieuse pour Torat Hamelech, mais il avait refusé de se présenter à la police. Il avait ensuite été arrêté, interrogé, puis remis en liberté.
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